Condition de lU)erté
L'état de liberté n'étant qu'une idée négative (exemption d'obligation), il s'ensuit que la perte de cet état est une idée toute positive. Perdre l'état d'homme libre, c'est être réduit à l'état d'esclavage. Mais l'idée d'esclavage n'emporte rien de déterminé, rien d'applicable universellementà toutes les nations. II est des contrées où il n'y a point de classe d'hommes connus sous le nom d'esclaves, vage est admis , il comporte peut y avoir des esclave» de peine de servitude différera sse à laquelle l'individu sera
en deux classes : les esclaves uvernement, ceux qui dé-
sclaves publics, si elle est
lements qui déterminent la
les peines coercitives, n'est
de ceux qui sont soumis aux
e n'est point modifiée par de
peu prèsfsur le même
n esclave public ainsi
cteur , qui n'est tenu
public, dans un cer-
î pouvoir, tout arbi-
toutefois jusqu'à lui
mort. Cet éldt diffère
fn nègre, par exemple,
1 gouvernement, n'est
, dans une condition
ppartenait à un maître
ir lui-même , emploie-
rait trop rigoureux pour des criminels; c'est à des inpocents qu*il est réservé. 11 est vrai, comme dit Montdqiùeu, que ce sont des hommes noirs depuis les pieds jusqu'à la léte.
Le moyen le plus simple de concevoir tous les degrés possibles d'esclavage , c'est de le considérer d'abord comme absolu et illimité. L'esclave dans ce cas est exposé à toutes les espèces possibles de maux. La peine comprise sous le nom de dé^ chëance de condition libre n'est alors rien moins que la chance plus ou moins grande, selon le caractère du maître, de souffrir toutes sortes de maux , c'est-à-dire tous les maux qui appartiennent à tous les différenU modes de punir. Pour se rafre une idée exacte de la nature et de l'étendue d'une telle peine, il ne faut que parcourir le tableau qui exhibe tous les genres possibles de punition. C'est, en un mot, la perte absolue de protection légale pour l'esclave relativement à l'individu constitué motlIErie'.
Telle est la nature de l'esclavage dans sa forme la plus simple ; telle est la nature de la perte totale de la liberté. Les différentes restrictions qu'on peut donner à l'exercice de ce pouvoir constituent différents degrés d'adoucissement dans la servitude.
Les maux de cette condition sont donc : 1<* la chance pour l'esclave de subir toutes les espèces de souffrances qu'il n'est pas expressément défendu au maître d'infliger ; 2« l'appréhension continuelle de ces souffrances.