LE "DÉLUGE
't pu plai loin, Q Aol tnTihU non nfagel
Ëpilcgue de l'Annie Taribli.
1 u l'is dii : C'ea est fait ; ni fuite ni lefuge Devant l'assaut prochain et furibond des flots. Ils avantent toujours. C'est sur ce mot, Dilnge, Poète de malheur, que ton livre s'est clos.
Mais comment osa-t-il échapper Jt ti bouche ') Ahl pour le prononcer, mime au dernier momei
11 filUit ton audace et ton ardeur farouche.
Tant il CM plein d'horrear et d'fpouvantemcnt. Vous iKS avertis ; c'est une Iîd de rnonde Qjie ces flux, ces rumeurs, ces agitations.
Mous n'en sommes encor qu'aai menaces de l'on A demain les fureurs et les destructions.
Déji depuis longtemps, saisis de terreurs -ragues, Nous regardions la mer (]ui soulevait son sein. Et nous nous demandions : i Q^e veulent donc ci On dirait qu'elles ont quelque horrible dessein. • Tu viens de le trabir ce secret lamentable ; Grâce i. loi, nous savons à quoi nous en tenir. Oui, le Déluge est là, terrible, inévitable; Ce n'est pas l'appelet que de le voir venir.
Pourtant, nous l'avouerons, si toutes les colères De ce vaste océan qui s'agite et qui bout, N'allaient qu'il renverser quelques tours séculaires Que nous nous étonnions de voir encor debout. Monuments que le temps désagrège ou corrode, El qui nous inspiraient une secrète horreur : Obstacles au progrès, missel usé, vieux code, Où se réfugiaient l'injustice et l'erreur, - Des autels délabrés, des ttdnes en décombre Qjii nous rétrécissaient i dessein l'iioriion, El dont les débris seuls projetaient assez d'ombre
Pour reurdsr longtemps l'humaine floraison,
Nous aurions i la mer diji crié : • Couragel
Courage I L'<euvte est boa que ton onde accomplit. >
Mais quoi] ne renverser qu'un môle ou qu'un barrage?
Ce n'est pas pour si peu qu'elle sort de son lit.
Ses flots, en s'élanfant pir-dessus toute cime.
N'obéissent, WlasI qu'i d'aveugles instincts.
D'ailleurs, sachei-le bien, ces en&nls de l'abîme,
Pour venir de plus bas, n'en sont que plus hauuins.
Rien ae satisfera leur convoitise immense..
Dire; ■ Abattez ceci, maïs respectei cela,i
N'amènerait en eux qu'un surcroit de démence;
On ne bit point sa part à cet Océan-li.
Ce qu'il lui faut, c'est tout. Le même coup de houle
Balaiera sous les yeuï de l'homme épouvanté
Le phire qui s'éUve et le temple qui croule.
Ce qui voilait le gour ou donnait la datte.
L'obscure sacristie et le laboratoire.
Le droit nouveau, le droit divin et ses décrets.
Le souterrain prafond et le haut piomonloire
D'où Dous avions dé)! salué le Progrés.
Tout cehi ne fera qu'une ruine unique.
Avenir et passé s'y vont amonceler.
Oui, nous le ptoclamons, ton Déluge est inique :
Il ne renversera qu'afln de niveler.
Si nous devons bientût, des bas-fonds en délire.
Le voir s'avancer, lier de tant d'écroulements,
Du moins nous n'aurons pas applaudi de la lyre
Au triomphe futur d'ignobles éléments.
NoDS ne trouvons en Dous que des lucents funibres. Depuis que nous savons l'affreux sectel des flots. Nous vaulioDs la lumière, ils leiont les ténèbres ; Nous rivions l'harmonie, et voici le chaos.
Vieux monde, abtme-toi, disparais, noble irène Où jusqu'au bout ridje envoya ses lutteurs, Où le penseur lui-mtme, 1 sa voix souveiaine. Pour cmnbaltre au besoin, descendait des hauteuj Tu ne miritais pas, cerle, un tel cataclysme. Toi si fertile encore, 6 vieux sol enchanté ! D'où pour faire jaillir des sources d'héroïsme. Il suffisait d'un mot. Patrie ou Liberté I Un océan fangeux va couvrir de ses lames Tes sillons où germaient de sublimes amours.
Terrain cher et sacré, &it d'alluvions d'imes. Et qui ne demandais qu'i l'exhausser loujouis. Que penseront les cieux el que diront les astres. Quand leurs rayons en vain chercheront tes somme Et qu'ils assisletonl d'eu haut i. les désastres, Eui qui croyaient pouvoir te sourire i jamais? De quel œil verront-ils, du fond des mers sans borr A la place où jadis s'étalaient tes splendeurs. Emerger brusquement dans leur nudité morne.
Des continents nouveaux sans verdure et sans Seur Ah I si l'attraction à la céleste voùie Par de fermes liens ne les attachait pas, Ils tomberaient du del ou changeraient de route,
Plutôt que d'Mitrcr un pareil îcî-bu.
Mous que rien ne retient, nous, artistes qu'cuivre L'Idéal qu'ardemment poursuit notre désir, Du moins nous n'aurons point la douleur de survivre Au monde où nous avions espéré le saisir.
Nous serons les premiers que les vents et que l'onde Emporteront brisés en balayant nos bords.
Dans les gouffres ouverts d'une mer furibonde, . N'ayant pu les sauver, nous suivrons nos trésors. Après tout, quand viendra l'heure horrible et fatale. En plein déchaînement d'aveugles appétits, Sous ces flots gros de haine et de rage brutale, Les moins i plaindre encot seront les engloutis.
Lorsque U passager, sur an vaisseau qui sombre, Hniend suioui de lui les vagues retcnlir, Qu'i perte de regard la mer immense et sombre Se soulève pour l'engloutir,
Sans espoir de salul et quiud le pon
Parmi les mdts brisés, lerrilîé, meurt
Il redresse son front hors du flot qu
Et pousse au large un dernIcT
u delà du nuage 4 frissonné d'horreur, : In vents déchaînés hésitent tlans l'espace A l'élouffei sous leur clnmeur.
Comme ce voyageur, en des i
Le goufFrc est i mes pieds, su S'amoncellent, la foudi^
Les ondes et les cieui autour de leur victime
Luttent d'acharné nieni, de bruit, d'obscurité;
En proie ji ces conflits, mon vaisseau sur l'abin'
Coun sans boussole et démilé.
Mai (iii Lar
ce sont d'autres flots, c'est un bien autr livre des combats dans les airs ténébreux ner est plus profonde ei surtout le uiufr Plus complet et plus désastreux.
or»gB
Jouet de l'ouragan qui
Encombré de trésors e
Ce navire perdu, mais
Et nous somme
l'emporte et le miae,
c'est la ne( humaine, les naufragés.
L'équipage affolé manœuvre en vain dans l'ombre; L'Ëpouvante est à bord, le Désespoir, le Deuil; Assise au gouvernail, la Fatalité sonibre Le dirige vers un écueit.
Moi, qne sans mon aveu lUveugle Destinée Embarqua sur l'étrange et trcle bitiment.
Je ne veux pas non plus, muette et résignée.
Subir mon englou
Puisque, dans la stupeur des détresses suprêmes,
Nfes pUes compagnons restent silencieux,
A ma voix d'enlever ces monceaux d'inathimes
rmblé tous les désespoirs.
s vibrent donc si fort, mes accents intrépides, ces mêmes cieux sourds en tressaillent surpris; lîrs n'ont pas besoin, ni les vagues glupides. Pour frissonner d'avoir compris.
Ahl t'at un cri sacré que tout cri d'agonie:
n pFOiene, il accuse tu moment d'eipim.
Eh bien I ce cri d'angoisse et d'horreur infini' Je l'ai jclé ; ie puis sombrer !