LE 'H,V^GE
Levez les yeui! C'est moi qui passe sur vos tèt«! Diaphane et liger, libre daas le ciel pur; L'aile ouverte, altendint le souffle des tempêtes. Je plonge et nage eu plein azur.
Comme uti miiage enint, )« flotte et je voyage. Coloti par l'auroie «l le soit tour i tour, Miroir léiien, je teflile au passage
Les sourires changeants du jour.
Lî soleil me r.-con,« ,„ bou, d= ^ ■oriion doni j'enflamn es transfarenis le toi " ""ynt ws flèches 4
a.."Ji.i..c,*„„.,„.„„fj^j.^.,^
Ou ,e l<s soulève i demi.
On croirait voir lu loin un. tt™.
i assied comuw on pilote ailé.
p... les élan,,, de Kthe, |e li„e des bataille, - La ruine et h mon ne sont i«>ur moi qu'un |en' ~ fl'^' 5"". « p.™ en -es e.ttdLn' La foudre et ses hydres de téu.
Sur le K,l ^tèté Je m'ipanehe en ondées.
^ terre rit; je tiens si vie entre mes mains Ces, moi qui gonfle, .u s^in des terres ficondé«
ii„Goo;ilc
Où i'ai passé, soudain coût vcidit, tout pullule; Le lillon que j'enivre enËinte avec udeur.
Je suis onde et je cours, je suis sève et circule, Caché dans la source ou la fleur-
Un fleuve me recueille, il m'emporte, et je coule Comme une veine au cœur des continents profonds. Sui les longs pays plats ma nappe se déroule,
Rien ne m'arrête plus ; dans mon élan rapide J'obéis in courant, par le désir poussé, £t je vole 1 mon but comme un grand irait liquide Qu'un bras invisible a lancé.'
Devant leur accueil éperdu.
Ha ton lit mugissant ton imour nous rassemble. Autour des noirs écueils ou sur le sable fin Nous allons, confondus, n No) fuieuis et
Mais 1: soleil, baissant vers toi son œil splendide, M'a dècouvcn bientAl dans l«s gouffres amers. Son layon tout puissant baise mon froDl limpide;
Ainsi, jamais d'arrit. L'immortelle matiiri Un seul instant enooi n'a pu se reposer.
Li Nature ne Eut, patiente ouvrître, Que dissoudre et recomposer.
out le mouvement incessant et divers, s le ceide étemel des formes fugitives.
Tiw iiiî ixifit
5ià ni XijH îfiitrniTa {Iporàï.
Fabylt, Promithit.
C'est elle qui te brave, et ta rage insensée N'a doué sur ces monts qu'un simulacre vain.
Tes coups n'auront porté que sur un peu d'argile ; Libre dans les liens de cette cliair fragile, L'ime de Prométhée échappe i ta fureur.
Sous l'ongle du viuiour qui sans lin me dévore. Un invisible amour &it jalpiter encore Les lambeaux de mon cœur.
Si ces pies désolés que la tempête assiège
Ont vu couler parfois sur leur manteau de ueige
Des larmes que mes yeux ne pouvaient retenir.
Vous le savei, rochers, immuables murailles
Que d'horreur cependant je sentais tressaillir,
La source de mes pleurs était dans mes entrailles;
C'est U compassion qui les a lait jaillir.
Ce n'était point assez de mon propre martyre;
Ces flancs ouverts, ce sein qu'un bras divin déchire
Est rempli de pïtié pour d'autres malheureux.
Je les vois engager une lutte étemelle;
L'image horrible est U; j'ai devant la prunelle
La vision des maux qui vont fondre sur eux.
Ce spectacle navrant m'obsède et m'exaspère.
Supplice intolérable et toujours renaissant,
Mon vrai, mon seul vautour, c'est la pensée amirc
Que rien n'arrachera ces germes de misère
Que u haine a semés dans leur chair et leur saiiv.
Pourtant, à Jupiter, l'homme est ta crèiture;
Cet être déplorable, infirme, désarmé.
Pour qui tout est danger, épouvante, torture. Qui, dans le cercle étroit de ses jours enfermé. Étouffe el se débat, se blesse et se lamente. Ahl quand tu le jetas sur la terre indémeate, Tu savais quels fléaux l'y devaient assaillir, Qii'oa lui disputerait sa place et sa piture, Qji'un souffle l'abattrait, que l'avengle Kature Dans son indifférence allait l'ensevelir.
Je l'ai trouvé blotti sous quelque roche humide. Ou rampant dans les bois, spectre hive et timide Qjii n'entendait partout que gronder et rugir. Seul aifamé, seul triste au grand banquet ties êtres. Du fond des eaux, du sein des profondeurs champêtres Tremblant toujours de voir un ennemi surgir.
Mais quoi! sur cet oblel de ta. haine immonelle, Imprudent que j'étais, je me suis attendri ; J'allumai la pensée et jetai l'étincelle Dans cet obscur limon dont tu l'avais pétri.
Il n'était qu'ébauché, j'achevai ton ouvrage. Plein d'espoir et d'audace, eu mes vastes desseins J'aurais sans hésiter mis les cîeux au pillage, Pour le doter après du firuit de mes larcins. Je t'ai ravi le léu; de conquête en conquête J'anachais de les mains ton sceptre révéré.
Li void donc ma Ëiutc, ciicrable cl sublime.
Compatir, quel Ibtjiuti Se dévouer, quel crime! Qjioil j'aunis, impuni, dtfiant tes rigueur;, Ouven aux opprimés mes bcas libérateurs?
Insen^i m'étre ému quand la pitié s'expie!
Pourtant c'est Prométhée, oui, c'est ce même impie Qjii naguère t'aidait à vaincre les Titans.
J'éuis i tes cAtés dans l'aidenie mêlée; Tandis que mes conseils guidaient les combattants. Mes coups faisaient trembler la demeure éloilfc. Il s'agissait pour moi du sort de l'univers : Je voulais en lïnii avec les dieui pervers.
Ton règne allait m'ouvrir cette ère pacifique Qpe mon cceur transporté saluait de ses vœux. En son cours éthéré le soleil magnifique M'aurait plus éclairé que des êtres beureui.
La Terreur s'enfiiyail en écartant les ombres Qjii voilaient ton sourire ineffable et clément. Et le réseau d'airain des Nécessités sombres Se brisait de lui-même aux pieds d'un maître aim Tout était joie, amour, essor, efflorescence; Lui-même Dieu n'était que le rayonnement De la toute-bonté dans la toute-puissance.
O mes désirs troinpés! O songe évanoui !
Des splendeurs d'un tel rêve, encoc l'osil ébloui,
Me retrouver devant l'iniquiié céleste.
Devant un Dieu jaloux qui tiippe et qui détesit
Et dans mon désespoir me dire avec liorreur :
• Celui qui pouvait tout a voulu U douleurl •
Mais jK t'abuse poinll Sur ce roc solilaïte
Tu ne me vertas pas succomber en entier.
Un espiil de révolte a iransformé la terre,
Et j'ai dès aujourd'hui choisi mon héritier.
Il poursuivra mon lEUvre en marchant sur ma trace.
Né qu'il est comme moi pour tenter et souffrir.
Aui humains affranchis je lègue mon audace,
Hcrit^ sacré qui ne peut plus périr.
Iji raison s'aflermit, le doute est piél à naître.
Enhardis à ce point d'interroger leur maître,
Des mortels devant eux oseront te citer :
Pourquoi leurs maux? Pourquoi ton caprice et ta haine?
Oui, ton juge t'attend, — la conscience humaine;
Elle ne peut t'absoudre et va te rejeter.
Le voilà, ce vengeur promis i ma détressel Ah! quel souffle ipxixi d'amour et d'allégresse En traversant le monde enivrera mon ciEur Le jour où, moins hardie encor que magnanime. Au lieu de l'accuser, ton auguste victime Niera son oppresseur!
Délivré de U Foi comme d'un mauvais rêve.
L'homme répudiera les tyrans immortels.
Et n'ira plus, en proie à des terreurs sans trêve, Se courber lâchement au pied de les autels.
Las de le ttouver sourd, il croira le ciel vide. Jetant sur toi son voile étemel et splendide, La Nature dé)i te cache a son regard; 11 ne découvrira dans l'univets sans borne, Pour tout Dieu désormais, qu'un couple aveugleet mo' La Force et le Hasard.
Montre-toi, Jupiter, éclate alors, fulmine, Contre ce fugitif i ton joug échappé I Refusant dans ses maui de voir ta main divine. Pat un pouvoir 6tal il se dira frappé.
Un seul cri qui t'atteste, une injure, un blasphème, n restera muet: ce silence suprême Sera ton châtiment.
Tu n'auras plus que moi dans ton immense empire Pour croire encore en toi, funeste Déité.
Plutôt nier le jour ou l'air que je respire Que ta puissance inique et que ta cruauté.
Perdu dans cet azur, sur ces bautears sublimes, Ahl j'ai vu de trop près tes fureurs et tes crimes;
J'ai SOI
13 le
s coups déji 1
:rop souffert,
trop saigné;
Ledou
le «
it impossible .
i mon eceur
indigné.
Oui 1 tandii
i que du Mal,
, oîuvre de t
a colère,
RenoiK
;ant
désormais à s
onder le my
stire,
L'espri
t hui
main ailleurs
portera son
flambeau.
Seul],;
■ai le mot de
cette énigmt comble de t
on^!"'
Ui
a Dieu dans i
mon bounea
T^HOLES •D'U'H. ^tM^-KT
Au courant de l'amout lorsque je m'abandonne, Dins le torrent divin quand je plonge enivra, El presse iperdument sur mon sein qui frissonne Un itre idoUtcé,
Je sais que je n'élreins qu'une forme fragile. Qu'elle peut ï l'iusunt se glacer sous ma main, Qjie ce cœur tout à moi, Elit de flamme et d'argile. Sera cendre demain ;
Qji'it n'en sortira rica, rien, pas une étincelle Q)ii s'éliace et remonte i son foyer lointain: Un peu de terre en hâte, une pierre qu'on scelle.
El l'on viendrait serein, i cette heure dernière, Quand des restes humains le souffle a déserté. Devant ces froids débris, devant cette poussière
L'éteraitél Qjielle est cette étrange menacer A l'amant qui gémît, sous son deuil écrasé, Pourquoi jeter ce mot qui (errifie et glace Un cœur déjà brisé ?
Quoi! le ciel, en dépit de la fosse profonde, S'ouvrirait i l'objet de mon amour jaloui ?
C'est assez d'un tombeau, je ne veui pas d'un i
On me répond en vain pour calmer mes alarmes : ■ L'être dont sans pitié la mort te sépara.
Ce ciel que tu maudis, dans le trouble et les larmes, Le ciel te le rendra. •
Me le rendre, grind Dkul maisceint d'une luréoU, Rempli d'autres pensera, brûlant d'une autre ardeur, N'ayjnl plus rien en soi de cette chère idole
Ahl j'aime mieuK cent fois que tou
Ne pas 11 retrouver, ne jamais la r
La douleur qui me navre est certes
Qiie voire atîreux espoir.
Tint que je sens cncor, sous ma moindre caresse. Un sein vivant frémir et battre i coups pressa, Qji'iu-dessus du néint un mîme flot d'ivresse
Sans regret inutile et sans plaintes Par la réalité je me laisse ravir.
Non, mon cœur ne s'est pas jeté si
Qu'ai-je affaire vraiment de votre là-haut morne, Moi qui ne suis qu'élan, que tendresse et transports) Mon ciel est ici-bas, grand ouvert et sans borne; Je m'y lince, ime et corps.
Durer n'tst rien. Nuuic, 6 créatrice, 6 mire] Quand sous ion <cU divin un couple s'est uni, Qu'importe i leur amour qu'il se sache éphémère S'il se s<nt infini?
C'est un De jeter El l'on
>e volupté, mais terrible et sublime, dans le vide un regard éperdu,
s'étreint plus fort lorsque sur un abîme On se voit suspendu.
QjiMd 1
a Mort sera
it li, quand 1
■atuche inviable
Soudain E. quan
se délierail d je sentirai M'échippei
qui nous ret s dans une ai r mon trésor.
igoisse horrible
fS^è^&lr^^^^Sï®
L^ '^^TU'XM ^ L'HOOfOCE
1— 'ANS toul l'enivreinsnt d'un orgueil sa Êbioui des lueurs de ton esprit borné,
Q^oi ! lorsqu'elle a l'espace et le temps devant el Q^and la matière est là sous son doigt créateur, Elle s'arrêterait, l'ouvritre immortelle.
Dans l'ivresse de sou labeur?
□ï qui serais mes limites dernières?
Iiumiin pourrait entraver mon essor' :l abrégé de louies les misères j'aurait tendu mon long effort?
Non, tu n'es pas mon but, non, tu n'es pas a A ce franchir déjii je songe en te créant; Je ne viens pas du fond de l'éternité morne Pour n'aboutir qu'i ton néant.
Ne me vois-tu donc pas, sans fatigue el Remplir l'immensité des œuvres de me:
Vers un terme inconnu, mon espoir el M'élincer par mille chemins,
Appelant, tour à tour patiente ou près
Et jusqu'en mes écarts poursuivant nu
A 11 forme, i la vie et même à U pen
La mitière épirse en mon seini
J'aspire 1 C'est mon cri, âtal, irrésistible. Four créer l'univers je n'eus qa'l le jeter; L'atome s'en émut dans sa apbire invisible.
que l'élan des choses
Je le demande aux cieui, à l'onde, i l'air fluide. Au> éléments confus, aux soleils éclatants ; S'il m'échappe ou résiste à mon étreinte avide. Je le prendrai des mains du Temps.
Quand j'entasse i la fois naissance:
Quand je crée ou détruis avec ach,
Qlie fais-je donc, sinon préparer n
Pour ce suprême enfanieme
point de trêve à ma xicht I M toujours repanît.
je n'engendre pm sans iin et sans reliche Pour le plaisir d'inéintir.
J'ai déjà trop longtemps Ëiit œuvre de mirltre,
J'ai trop enseveli, j'ai trop exterminé.
Moi gui ne suis au fond que la mère idolâtre
Quind donc pourrai-je enfin, émue et palpjtinl Après tint tte imvaux et tant d'essais ingrats, A ce lîls de mes vœux et de mi longue attenii Ouvrir éperdumeni les brasî
[oute éternité, certitude sublime!
it confu ; mes flancs l'ont senti s'agiter, iiour qui couve en moi, l'amour que je comprimi N'attend que Lui pour (dater.
Cbi'll apparaisse au jour, ci, nourrice en délire, Je laisse dans mon sein ses regards pénétrer. — Mais un voile te cache. — Eh bien I je le déchirt Me découvrir c'est me livrer.
Surprise dans ses jeux, la Force
Il met les Lois au joug. A sa vc
]]écouvertes enfin, les sources dt
Vont épancher leur flot si
n élan superbe II t'échappe, 6 Matitre !
Où serez-vaus alors, vous qui venn de naître,
On qui Diîcrez eacore, 6 multitude, essajtn,
Qui, saisis tout 1 coup du vertige de l'être.
Sortiez en feule de mon sein?
Diuis la mort, dans l'oubli. Sous leui: vagues obscures Les jges vous auront confondus el roalis, AyanI fait un berceau pour les races futures
me, qui n'es an fend que l'ébauche imparfait Du chef-d'œuvre que j'ai rêvé.
D tour, i ton heure, il faut que ta périsses. Ion orgueil a beau s'indigner et souffrir, Le seras jamais dans mes mains créatrices Qjie de l'aigile i repétrir.
L'HOMME ^ L^ Ti.^TU'R^
Eh bien I leprends-U donc ce peu de fange obscure Qjii pour quelques instants s'uiima sous ti main; Dans Ion dédain superbe, implacable Nature, Brise à jamais le moale humain.
De ces tristes débris quiod tu ven
D'autres créations éclore i graods
Ton Idée éclater en des formes de
Plus dociles à les desseins.
Esl-ce à dire que Lui, ton espoir, la chimère.
Parce qu'il fui rtvi, puisse un jour eiisier?
Tu crois avoir conçu, tu voudrais jtte mère^
A l'œuvre ! il s'agit d'enfanter.
Change en réalité too attente sublime.
Mais quoi I pour les franchir, maigri tous ta ilu», La distance est trop grande et trop profond l'abîme Entre ta pensée et tes flancs.
La mort est le seul fiujt qu'en tes crises futures Il te sera donné d'atteindre et de cueillir; Toujours nouveau» débris, toujours des créatures Que tu devras ensevelir.
Car sur ta rOuie en vain l'âge à Tige succède; Les tombes, les berceaux ont beau s'accumuler, L'Idéal qui te fuit, l'Idéal qui t'obsède, A l'inlîni pour reculer.
L'objet de ta poursuite éternelle et sans trêve
Demeuie un but trompeur i ton vol impuissant
Et, sons le nimbe ardent du désir et du rêve,
N'est qu'un fantâme éblouissant.
rivïui, de luttes, de irépas, iicrifie i ce fils impossible ; 1rs, et Lui n« naitra pas.
Pourtant je suis ton fils lussi ; réel, viïace
Je sortis de tes bras dés les sitdes lointain!
Je perte dans mon cœur, je porte sur ma f
Le signe empreint des hauts destins
Progrès sur ses pai n
ie pressait d'avancer;
1 n'aurais m*me entor
qu'à lever la bairitie :
Je suis là, prit i
m'élancer.
Je serais ton sillon ou ton foyer intense ; Tu peux selon ton gré m'ouvrir ou m'allume Une unique étincelle, & mtrel une semence 1 Tout s'enSamme ou tout va germer.
Ne suis-jï point encor seul i le trouver belle? J'ai compti (es trésors, j'aneste ton pouvoir, El mon intelligence, 6 Nature éternelle 1 Ta tendu ion premier miroir.
Hn telour je n'obtiens que dédain et qu'oflënse. Oui, toujours au péril et dans tes vains combats I Ëperdu sur ton sein, sans recours ni défense. le m'exaspère et me débats.
C'en Jeté
s. fdi, je su.
éponds : . J
uiiibe, et quand lu dis : • J'aspin louflre I . infirme, ensanglanté
Etpa
tout ee qui Ce cri terrib
naît, par tout ce qui respire, e est répété.
Oui, je souffre! et Tintùt frappant me
flancs, tantôt blessant n
mines.
non CŒ
Mon
Plonge sans
r. par loutes ses racines, fond dans la douleur.
J'offre
sous le solei
un lugubre spectacle.
Mais, jusque sous le coup du désistre suprême, Moi. l'homme, je t'accuse à la face des cieux. Créaiiice, en plein froni reçois donc l'anathème De CCI atome audadeux.
Oui, maudite ji ta source et dans tes éléments, Pour tous tes abandons, les oublis, tes démences,
due la Force en ton sein s'épuise perte à perte! Que la Matière, i bout de nerf et de ressort, Reste sans mouvement, et se refuse, inerte.
Qji 'envahissant les cieux, l'Immobilité morne
Sous un voile fuutbte éteigne tout flambeau.
Puisque d'un univers magnifique et sans borne
Tu n'as su bire qu'un tombeau!
L^ GUEUHE
L'ufcr.dufeu.dusangl C'est elle I c'est 1jGu< Debout, le bras levé, superbe en sa colère, Animant le Combit d'un geste souverain.
Auï iclais de sa vois s'ibranlent les armées; Autour d'elle liaçinl des lignes enflammées.
Les canons ont ouvert leurs entrailles d'airain.
rtout chars, ovalien, chevaux, masse mouvanl
son appel udent l'épouvante s'abat.
js sa main qui frémît, en ses desseins féroces, ur aider et ibumii aux massacres atroces Die matière est arme, et tout homme soldat.
Puis, quand elle a repu ses yeux et ses oreilles De spectacles navrants, de rumeurs sans pareilles, Quand ua peuple agonise en son tombeau couché. Pâle sous ses lauriers, l'dme d'orgueil remplie, Devant l'œuvre achevée et la tâche accomplie. Triomphante elle crie à la Mon ; ■ Bien Ëiuché! ■
Oui, bien fauché! Vraiment la récolte est superbe; Pas un sillon qui n'ait des cadavres pour gerbe! Les plus beauj,les plus forts sontles premiers frappés. Sur son sein dévasté qui saigne et qui frissonne L'Humanité, semblable au champ que l'on moissonne. Contemple avec douleur tous ces épis coupés.
Hélas I au gré du veni et sous sa douce haleine Ils ondulaient au loin, des coteaux à la plaine,
Le soleil leur versait ses rayons magnifiques; Riches de leur trésor, sous les cieux pcilîques.
Si vivre c'est lutter, à l'hum
aine énergie
Pourquoi n'ouvrir jamais qu'
'une arène rougie?
Pour ua prîi moins sanglant
quelïsmorisque voil
L'homme ne pourrait-il conc
ourir et combattre?
Manque-l-il d'ennemis qu'il ;
sérail beau d'abattre?
Le inatheureus 1 il cherche, <
:t U Misère est làl
Cbi'il lui crïe : • A nous de
ux I . et que s. tn.in
S'acharne sans merci contre
ce flanc stérile
Cb'il s'agit avant tout d'atte
indre el de percer.
A leur tour, le front haut, 1'
Ignorance el le Vice,
L'un sur l'aotre appuyé, l'.tl
tendent dins la lice :
Qu'il y descende donc, et pour les terrasser.
Délivrince partoml effaçant les frontières.
Unissez vos élans el Tcndei-vous k main.
Dans les rangs ennemis el vers un but unique, l'our taire avec succès sa irouèe héroïque.
Certes ce n'est pas trop de tout l'effort humain.
L'heure semblait propice, et le penseur candide Croyait, dans le lointain d'une aurore splendide. Voir de la Paix ii\!i poindre le front iremblaal. On respirait. Soudain, la trompette i la bouche. Guerre, tu reprals, plus ipie, plus àrouche, Ëciasani le progrès sous ton talon sanglant.
C'est i qui le premier, aveuglé de furie,
Se précipitera vers l'immense tuerie,
A mon! point de quartier I L'emporter ou périr 1
Cet inconnu qui vient des champs ou de la tbrge
Est un frère ; il fallait l'embrasser, — on l'égorgé.
Qjioi I lever pour frapper des bras laits pour s'ouvrir !
Les hameaux, les cités s'écroulent dans les flammes. Les pierres ont souffert; mais que dire des âmes? Près des pères les fils gisent inanimés.
Le Deuil sombre est assis devant les foyers vides,
Etaient des cœurs aimants «t des êtres aimés.
Al^iblîs et ployant sous la ticb« inlîiiic, Recommence, Travail I rallume-toi, Génie I Le fruit de vos labeurs est broyé, dispersé Miisquoi! tous ces trésors ne formaient qu'u CéUit le bien commun de la làmitle hum
Guêtre, au seul souvenir des many
que tu déch^
Fermente au fond des cœurs le vie.
.X levain des
Dans le limon laissé par tes flots i
■avageurs
Des germes sont semés de rancuni
: el de rage,
Et le vaincu n'a plus, dévorant so.
n outrage,
Ainsi le genre humain, à force de revanches, Arbre décoatonné, verra mourir ses branches.
Adieu, printemps futurs! Adieu, soleils nouveaux! En ce tronc mulilé la sève est impossible.
Plus d'ombre, plus de ileuisl et ta hache inflexible, Pour mieux frapper les fruits, a tranché les rameaux.
Mon, M n'est point i nous, penseur el chanlrc austire. De nier les grandeurs de U mort volontiire; D'un élan généreux il est beau d'y courir.
Philosophes, siTaots, explorateurs, ipAtres, Soldats de l'Idéal, ces héros sont les nâtres: Guerre! ils sauront sans toi trouver pour qui mourit.
Mais 1 ce fier brutal qui frappe et qui motile, Aux exploits destructeurs, la trépas inutile. Ferme dans mon horreur, toujours je dirai: tNoD I > O vous que l'Art enivre ou quelque noble envie, Qui, débordant d'amout, fleurissez pour la vie, Ou ose vous jeter en pjture au canon I
Liberté, Droit, Justice, ifFiirc de mitraiUel Pour un limbïiu d'État, pour un pan de muraille, Sans pitié, sans remords, un peuple est massacré. — Mais il est innocent I — Qu'importe? On Pourtinl 11 vie humiioe est de source divine: N'y touchez pas, arrïtrel Un homme, c'est sacré!
Sousdesvapeuisdepoudreetdesang, quand les astr< Palissent indignés parmi tant de désastres, Moi-même à la futeur me laissant emporter, Je ne distingue plus les bourreini des victimes; Mon Ime se soulève, et devant de tels crimes Je voudrais être foudre et pouvoir éclater.
A travers tes buriers, dans les bras de l'Histoire Q^ii, séduite, pourrait t'absoudre et le sacrer, O Guerre, Guerre impie, assassin qu'on encense.
tgSgy
\J Nature! biemôl, sous U nom d'industrie,
Tu vas toul envahir, tu vas tout absorber.
Le poile navré s'indigne et se récrie:
• Quoi I sous ce joug brutal il faudra nous courber?
Non, lant que b beauté dominera l'argile.
Dans le conflit sacré, c'est nous qui l'emportons.
Comme le bras, U voix a sa ticbe virile ;
A chacun son essor: travaillez! nous chantons. >
iN DUS voili donc encore une fois en présence. Lui le tyran divin, moi le vieux révolté.
Or je suis 1i Justice, il n'est que U Puissance ; A qui va, de nous deui, rester l'Humanité?
Ahl tu comptais Sans moi. Divinité funeste.
Lorsque tu façonnais le premier couple bnmiîn, El que dans ton Ëden, sous tan regard céleste, Tu l'enfermas jadis au soitîr de ta miin .
Je n'eni qu'i le voir 11, languîsant et stupide.
Comme un jimple animal errer et végéter.
Pour concevoir soudain dans mon inw intrépide
L'audacieux dessein de te le disputer.
Qjioi] je l'iarais laissée, an sein de la nature.
Sans espoir i, jamais s'engourdir en ce lieu?
Je l'aimais trop déjà, la faible créature,
Et je ne pouvais pas l'abandonner à Dieu.
Contre ta volonté, c'est moi qui l'ai Ëiit naitre,
Le désir de savoir en cet élre ébauché ;
Puisque pour s'achever, pour penser, pour coniuitrc,
Il fallait qu'il pécbil, eh bien! il i péché.
Il le prii de ma main, ce hruil de délivrance,
Qji'il n'edt osé tout seul ni cueillir ni godler :
Sorti T du fond obscur d'une étroite ignorance,
Ce n'était point déchoir, non, non! c'était monter.
Le premier pas est fait, l'ascEnsion commence-.
Ton Paradis, lu peui le fermer i ton gré:
Qjiand tu l'eusses rouvert en un jour de clémence.
Le noble fugitif n'y fût jamais rentré.
Ahl plutit le désen, plutât la roche humide,
Que ce jardin de fleurs ei d'aïur couronné t
C'en est tiii pour toujours du pauvre Adam timide; |
Voici qu'un nouvel être a surgi : l'Homme est né I
L'Homme, mon onivre, imoi,cari'y misioutmoi-mémt;
Il ne saurait tromper mes tceui ni mon dessein.
Déliant ton courroux, pai un etlbit suprême
J'éveiilai la raison qui donnait en son sein, .
Cet éclair Ëdble encor, cette lueur première '
Qui deviendra le jour
I aie n
coup
levé bien d'autres voiles chaos Où se jouaic ta main.
1 ciel pour semer ces tloiles ; leil, moi, j'ai l'oprit humainl
•DE L^ LVMlÈfiM!
<.Uki ! U,kt Liehi !
traiini pirolu it CiRbiO
t^AND le ïieuïGœthe uu jour cria ; i De U Contre l'obscuriti luttant ivec effort, Ab I lui du moîni déjl sentait sur s* paupiiie Peier le voile de la mort.
Nous, pour le proHrer ce mime cri terrible.
Nous avons devaact les affres du trépas ; Notre oeil peifoit encore, oui 1 mais, supplice horrible ! C'est aotre esprit qui ne voit pas.
>OfSIEJ FHIL010FHiq.UIS
Il UcOQnC lu hasard depuis des iouis sans nombre, A chaque pas qu'il &it forci de s'arrfter ; £tf bien loin de percer cet épais réseau d*i>inbFC, Il peut 1 peine l'écarter.
Parfois son désespoir confine i la dén
Il l'agite, il s'égare au sein de l'incor
Tout prit il se jeter, dans xtn angoî»
Sur le premier flambeau venu.
La Foi lui tend le sien en lui disant : ' J'éclaire !
Mais lui, la repoussant du geste avec colère, A déjà répondu : • Tu mensl
I Ton prétendu flambeau n'a {amai
Apporté qu'un surcrtnt d'ombre et
Mais réponds-nous d'abord : est-ce
Que lu feras de la clarté?'
La Science it son tour s'avance et nous appelle. Ce ne sont entre nous que veilles et labeurs. Eh bien I tous nos eSbtts i sa torche immortelle N'ont arraché que des lueurs.
Sans doute elle a rendu nos ombres moins funibies; Un peu de jour s'est ^jt où ses nyoas poTtateni ; Mais son pouvoir ne va qu'i chasser des tinibres Les fantAmes qui les hantaient.
Et l'homme est li, devant une obscurité vii Sans guide désormais, et tout au désespoir
le le guérira du mal qui le possède; iOn ime et son sang il est enraciné, éve divin de la lumière obsède
a ne lui parie pas de qu
;n souffre, il en vit ; de
DUS n'obtiendrez pas de <
Qu'elle renonce i son
Et, quand il s'éteindra, le vieux Soleil lui-mime Frissonnent d'horreur data son obscuritt.
En l'enleDdiDt sortir, comme nn adieu snprème, Des \inta de l'HumiDîté.
LiORSCtUE Pucal, rempli de puissance et d'iud Jusque deviDt le Sphinx jni sa fougue eniratné S'écrCiit, lui jetant sa réponse à la face ;
11 le voyait déjà, son horrible adversaire, Couché dans la pouuiire, >u moment d'expirer.
En eflét, du rocher dont il faisa
Le monstre vint tomber lui pii
Mais c'était pour le dévo
Au tour du Sphins alors de manquer sa victime.
Dans ce pile chrétien qu'il croyait sous sa deni
Il trouvait un athlète héroïque, sublime,
Et qui le menaçait tout en se défendant.
Au lieu de reculer, regarde! 1 il assaille.
En vain son sang jaillit . en vain sa chair tressaille,
Dans leur extrême elFoit ses membres sont loidis.
Pat su lèméiité sa fureur se décile;
Le danger l'eiiispère, et c'est quand il chancelle
Qu'il porte i l'ennemi ses coups les plus hardis.
Quels assauts I quels élans I Jamais lutte pareille
Ne s'était engagée i la clarté des cieus.
Nous les avons toujours dans l'ime et dans l'oreille
Ces cris et ces défis du jeune audacieux.
N'était-il pas vainqueur? A l'instant, ici même
N'a-t-il point prononcé la parole suprême.
Et résolu d'un mot l'énigme d'ici-bas?
Un tel aveuglement nous trouble et bous étonne.
Non, non, pauvre Pascal, lu n'as vaincu personne ;
Ta réponse est absurde, et le Sphini n'en veut pas.
Impassible et muet, que tu frappes ou railles.
Il le garde enfoui dans ses mornes entrailles.
Ce terrible secret que lu crus pénétrer,
Ht pour le lui ravir il faudrait l'éveutrer.
L'èvenlret I Cet espoir saîsil ton âme ardente.
Qije le mOQSire éternel est comme nn roc ipais? C'est plutât du granit que de la chair vivante. Ce corps invulnérable, ii ta grande épouvante, Te renvoyait tes coups lorsque tu le frappais. Il iàut K voir alors redoubler de courage ; Inutiles et vains, tes efforts sont navrants ; Même i certains moments l'impuissance et la rigi Parrachenc malgré toi des accents déchirants. Des spasmes convulsifs tordent tes lèvres pâles ; La voiï va te manquer ; d bout de cris, tu râles. Un autre eût succombé; toi, tu résisteras.
Mais si tu sors vivant d'une étreinte brutale, C'est que tu sus à temps, dans U lutte inégale, Appeler tout ton cœur au secours de ton bras. Ton cœur lui seul, Pascal, en ce péril estréme. Prête à ce même bras la force et le ressort.
Et lorsque l'instant vint, décisif et suprême, Il changea tout i coup ton angoisse en essor. Bien plus, il t'apportait un renfort invincible: L'Amour qui peut tout croire, et veut tout affirme Appuyé désormais sur ton dogme inflexible.
Tu verrais sans trembler l'univers s'abîmer.
Qji'impo.le qu'en toi l'homme ait ses moments de t Le chrétien jusqu'au bout demeure înébranlé.
Parfois le Sphini, ouué d'une telle assurance, Tentait de l'arracher un rêve, une espérance. Tu ne l^has point prise, et l'aDimal ailé
De ses ongles en vain libouiail la f Tu regardïis couler ton slng avec tr Dins les bris déchirés pressant la Fc
Au mour du combat, loul couvert de morsuies, El songeant au dinger qu'il ïeniil de courir, Quiuid le lutteur compuil ou sondait ses bleisurci Et qu'il je demandiit s'il n'allait pas mourir, 11 lui semblait alors, vers la hauteur céleste
Qji'iussitftt tant de trouble et de langueur funeste
Se changeait en espoir, en ivresse, en clarté.
Qjmnie un point lumineui qu'en vain le brouillard voile,
Pascal, dans le lointain, sous UD ciel sans étoile,
Tu t'imaginais voir un phare ensanglanté,
La Croix 1 Elle élevait de loin ses bras funèbres
Où, livide, pendait ton Dieu mjmc immoU.
Pour l'avoir aperfue i travers les lénibies, Tu te dis iclairi ; tu n'itaia qu'aveuglé.
En proie aui visions d'une peur insensée, Tu t'élances vers Elle, implorant too salut ;
Te lonsumant d' Et croyant sur ion sein trouver ta guérison.
Mais tu n'étreins, hélas I qu'une forme insensible. Et, bien loin d'obtenir un miracle impossible. Dans cet embrassement tu laissas ta raison.
La Croii a triomphé ; U débite est complète ; Ouil te voilà vaincu, subjugué, prosterné.
Au lieu comme aulretbîs d'un héroïque athlite. Nous n'avons sous les yeui qu'un pauvre halluciné. Comment ? tant de ^iblesse après tant de vaillance 1 Puisqu'enCre ces trépas tu pouvais taiie un choiit N'eât'il pas mieux valu périr uns déËiitlance Dévoré par le Sphinx qu'écrasé sous la Croix?
Le Aecaier acte c« clos, l'éternel rideau tombe. C'est un héros réel qui sous uos yeux succombe. Rien n'est fictif ici, le Ihéitre est -ïiïant ; L'ardente passion l'anime et le décore.
Spectateurs éloignés, nous ne pouvons encore Détacber nos regards de ce drame émouvant.
Eh bieni qui le croirait? cette même existence Qui iusqu'l 1) démence exalta le tourment.
Loin d'elle rejetant cîlice et pénitence, A pris sur ses douleurs un court enchantraitent. Elle eut sa fleur aussi ; c'était un lys candide Qui tendait aux rayons naissants du jour splendide.
Comme une blanche coupe, un pur odîce ouveit ;
L'Aurore lui prétait son cbaime et son prestige,
Et, lui, ne demandait qu'l balancer sa tige
£t verser ses parfums sur le vallon désert.
Oui, l'amour a Qeuri dans cette vie austère.
L'amour humain, Pascal; ton ccBUt a touché terre.
Toi qu'appelait d'en haut la voix du Diea jaloux,
Comment! te voilà pris au piège d'un sourire,
Et devant la Beauté qui t'engage et t'attire,
Comme un simple mortel lu tombes i genoux I
Quelle était cette lémme asseï noble, assez belle.
Four soumettre à son joug ce cteur lier et rebelle?
Les hommes ici -bas jamais ne le sauront.
L'image fugitive 1 peine se dessine ;
C'est un fantAme, une ombre, et la forme diviae,
En passant devant nous, garde son voile au front.
Autour d'elle ce n'est que silence et mystère;
Son amant le premier se résigne ik se tiire,
Et peut-éire fut-elle aimée ji son insu.
Quoi I séduite un Pascal et n'en avoir rien su '.
Si, si, tu le savais, L'Amour a sou langage.
Oh I comme od l'entend vite et sans l'avoir appris 1
Tout parle, le regard, les teintes du visage...
Hèlasl n'aurais-tu pas plutÛt trop bien compris?
Nous te soupçonnons d'élre une àme tendre et douce.
Craignant tout choc soudain et prompte i se troubler.
Ton amant, prodiguant l'éclair et la secousse.
N'a pu que t'ébtouîr sans doute et t'ébranler.
Il nous semble ici voir vers un mont qui surplombe.
Au-d«ssu9 de l'ibime cmpoitinl sa colombe, Un grand aigle ép«idu s'élever dans les cîeui. Le cher et faible oiseau tremble et ferme les yeux. Elle ne savait pas, cette serre puîssunte, Qji'en l'enlevant si haut elle allait le meurtrir. Triste et chaste inconnue, ô colombe innocente ! Combien ton aigle a dû te faire aussi souffrir I Il est des cœurs de feu, fojers d'ardeur intense: Pour s'embraser soi-même il suffit d'y toucher. Hésistsz i l'attrait, tenei-vous i distance, Car c'est vouloir périr que de s'en approcher. Si par un soir d'été la phalène imprudente Voit dans l'obscurité luire une lampe ardente, Affolée, elle court vêts l'éclatant flambeau ; Mais qu'elle effleure au vol la flamme de son aile. Son trépas est certain ; hélas I c'en est bit d'elle ; Elle meurt consumée en ce brillant tombeau.
Ton cœur eut donc son jour d'éclaircie et d Pascal, puis, effrayé, ton pauvre amour en s Se croyant un péché, lui qui n'était qu'un i Mais voici le réveil; au combat I i l'essor I Fi des bas-fonds humains I que le ciel seul le Li du moins tu pourras aimer sans t'avilir, Et, s'il est dans ton cteur une place d'attenti Trouver l'unique objet digne de le remplir.
D'un élan plus fougueux sur ta noble victiir
Plus d'espoir, l'amint ctde et le snvanl s'iMme -, Car c'est s'iaéantir qae de- se cendre 1 toi. Dans ton aridité, désastreuse, infinie.
Oui, tu Ini raris tont, et trésor à trésor :
Aprèl aon chiste amour, tu lui pris son génie.
Sacrifice complet I Jamais êlte mortel
N'avait encor livré tant de dons i ta flamme.
Ton rayon devint foudre en tombant sur cette 3me ;
11 a tout dévoré, l'holocauste el l'autel 1
Tu nous en fius l'aveu : si quelque chose au mond T'i jimiis irriti, Pascal, et confondu, C'est que l'on pût dormir en une paï» profonde, Lorsque sur un abîme □□ se sait suspeadu;
Quoi! ne point s'enquérir du suprême secret Qui doit remplir nos cccurs d'horreur ou d'«pirance Rester dans l'iusoucî du suprême intérêt; Aux choses d'ici-bas restreindre notre envie; Sur des spectacles vains tenant lîxés nos yeux, Passer sans demander autre chose i la vie Qjic son voile d'un jour pour nous cacher les cieux
Tu vouliîi que la peur, l'espoic, l'inqQÎélude, Kous enfoQçil dans l'àme un aiguillon puissanl Qjie natie éternité filt DOlrs unique élude
n désir
L'homme, s'il ignorait, cherchât en gémissant.
Et tu nous annonçais uue heureuse nouvelle ;
La destinée humaine éclairée au vrai jour,
Dins notre âme en ruine et pounant immortelle
Des débris retrouvés de grandeur et d'amour.
Nous donc, qui n'avons pas il craindre ta colère.
Puisque dans l'inconnu nous ne saurions dormir,
Qui sondons et fouillons notre propre misère.
Et qui, selon tes vœux, cherchons, non sans gémir.
Nous sommes accourus à ta voix éclatante.
Far tant de passion nous laissant entraîner.
Nous sommes pleins d'espoir, de terreur et d'attente ;
Nous te suivons, Pascall où vas-tu nous mener?
Aux pieds d'un Dieu jaloux, déloyal, implacable,
Qui hait sa créature et l'aveugle i dessein,
Qui d'un péché lointain la fait naître coupable.
Afin de lui fermer plus aisément son sein ;
D'un Dieu qui, s'acharnanl sur si moindre victime,
A des tourments sans fin pour un moment d'erreur.
Qui défend toute attache et qui nous fait un crime
De ces mêmes instincts qu'il nous a mis au cœur ;
Qui, de tous les e6tés, nous traque et nous opprime.
Sourd aux vœux, sourdaux cris, que l'on implore en vi
D'un Dieu dont la vengeance est la pensée unique,
Et qui va, eouronnant ainsi son œuvre inique.
Jusqu'il verser un sang innocent et divin.
A quel degré d'effroi, de désir, de démence, ToD noble cceur, Pascal, était-il donc monté. Pourauï pieds d'un tel Dieu l'avoir précipité? El tu nous y poussais avec ta véhémence, Nous défiant ailleurs de trouver la clarté.
L'absurde Foi, voili ion unique lumière; Tu t'es sur ce flumbeau jelé de désespoir.
Croire I aveu d'impuissance et ressource dernière D'un pauvre être ignorant qui renonce i savoir. Nous n'y renon;ons point. Puisqu'un don te invincible Sape en ses fondements jusqu'au dernier autel. Et que notre raison se heurte à l'impossible Lorsqu'elle croît saisit le fantâme immortel; Puisqu'elle ne veut point, résignée à se tuire. Pour résoudre un problème acceptant un mystère. Dans l'abécissemeal lier l'essor humain; Surtout puisque devant l'injustice infinie La conscience en nous, Pascal, s'indigne et nie. Nous chercherons sans loi sur un autre chemin.
Nous voulons avant tout, pour la nacelle hun Un pilote plus sAr que le mensonge saint.
Ht nous repousserons toute chimère vaine Qui, comme rive ou port, nous offrirait son si Cai nous avons élu pour objet de conquête.
Non une illusion, mais U réalité.
Entre un gouffre et le ciel après avoir ilolté.
ReDcanttant un mirage an s'abust, on s'airéts.
Nous, nous voulons aller jusqu'i la Vérité:
Prêts i tout affrontée, nous maKhons droit sur elle.
A notre appel ardent, s'empressint d'accourir,
La Science nous ouvre une route nouvelle,
El da toile jeté sur la face élerneUe
Sa main lève les plis. Qji'allons-nous découvrir?
Peut-être, au lieu d'un père aimant sa créature.
Une maritre aveugle et sourde, la Nature,
Et dans son vaste sein, perdu mais encbainé,
L'Homme qui souffre et meurt, esclave abandouDé.
Si tel est notre sort, eh bienl qu'il s'iKCOmpliste I
Sachons d'abord... ijuis ce n'est rien d'obéir.
Délivrés d'ignorer, cet horrible supplice.
Nous trouverons en nous la force de subir.
O Résignation I religion dernière.
Seul culte que doit l'homme à l'ordre universel. Toi qu'il embrassera quand, malgré sa prière. Ses dieux l'un après l'autre auront quitté le ciel, Déupprends-lui les vœux et la plainte inutile; Se taire et renoncer, c'est se sanctifier.
Hélasl tant que la Foi l'aveugle et le mutile, 11 ne peut que trembler, gémÎT et suppUer; L'être faible devient alors dq être Ucbe.
Redonne-lui du cosur, et qu'il lisse sa tjche Bravement, jusqu'au bout, sons les yeui du destin. A la place où trouait le caprice divin
Qjiand il ne veria plus que des lois souv Qu'il cesse d'adoier el de se prosterner, Et sache que devant ces inflexibles reines Pour tout geste en passant, il n'a qu'à s'i
Un demiec
mot, Pascal 1 A ton
tour de m'entcndre
Pousser lus
si ma plaiole et mo
n cri de fureur.
Je vais f«r<
d'horreur frémir 1
noble cendre,
Mais du m
ins j'aurai dit ce q«
e j'ai suc le cœur.
A plaijir sous nos yeux lorsqa
ta main déroule
U Ubieau
ésolant des humain
es douleurs,
Nous mont
ant qu'en ce monde
ù tout s'effondre e t croul
L'homme 1
ui-même n'est qu'un
e ruine eu pleura.
Ou lorsque
nous traînant de s
mmets en abimes,
Entre deux
infinis tu nous tien
s suspendus.
Que ta TOi
, peuétrant en leur
fibres intimes.
Frappe à cr
s redoublés sur nos
cœurs éperdus.
Tu crois que la n'as plus dins ton ardeur fébrile, Tant déjà tu nous cioîs ébranlés, abêtis.
Qu'à dévoiler II Foi, monstrueuse et stérile. Pour nous voir sur son s«in tomber anéantiii. A quoi bon le nier? dans tes sombres peintures, Oui, tout est vrai, Pascal, nous le reconnaissons: Voill nos désespoirs, nos doutes, nos tortures, Et devant l'Infini ce sont là nos frissons.
Mais parce qu'ici-bas par des niauï incurables. Jusqu'en nos profondeurs, nous nous sentons atteints, Et que nous succombons, faibles et misérables, Sous le poids accablant d'effroyables destins, 11 ne nous testerait, dans l'angoisse où nous sommes.
Ah I nous ne pouvons point nous défendre d'être homn:i
Mais nous nous refusons à devenir chrétiens.
Q^iand de son Golgotha, saignant sous l'auréole,
Ton Christ viendrait à nous, tendant ses bras sacrés,
El quand il laisserait sa divine parole
Tomber pour les guérir en nos cœurs ulcérés;
Quand il ferait jaillir devant notre irae avide
Des sources d'espérance et des flots de clarté.
Et qu'il nous montrerait dans son beau ciel sptendide
Nos trônes préparés de toute éternité.
Nous nous détournerions du Tentateur céleste
Pour repousser l'échange inégal et funeste Noire bouche jamais n'aurait assez de Non I Non à la Croix sinistre ei qui fit de son om
Une nuit où faillit pjrir l'esprit hamiin, Qtii, devint le Progiis se dressant haute et so Au vrai libéiateui a batré le cbemin ; Non i cet Inslrument d'un infâme supplice Où nous voyons, suprU du divin Innocent Et sous les mêmes coups, expirer la Justice; NOD i notre salut s'il a coûté du sang ; l'uisque l'Amoui ne peut nous dérober ce crii Tout en l'enveloppant d'un voile séducteur.
Malgré son détournent, NonI même i la Vin Et Non pardessus tout au Sacrificateurl Qu'importe qu'il soit Dieu si son oeuvre est ir Qlioi\ c'est son propre fils qu'il a crucifié? 11 pouvait pardonner, maïs il veut qu'on eipîe 11 immole, et cela s'appelle avoir pitié!
Pascal, i ce bourreau, toi, tu disais : • Mon Père. » Son odieux forfait ne t'a point révolté; Bien plus, tu l'adorai» sous le nom de mystère. Tant le problème humain t'avait épouvanté.
Lorsque tu te courbais sous la Croix qui t'accable. Tu ne voulais, hélasl qu'endormir ton tourment. Et ce que lu cherchais dans un dogme implacable. Plus que la vérité, c'était l'apaisement.
Car ta Foi n'était pas la certitude encore; Aurais-tu tant gérai si tu n'avais douté î Pour avoir reculé devant ce mot ; J'ignore, Dans quel goutfte d'erreurs tu t'es précipité !
Nous, nous restons ta bord. Aucun: perspective,
Soit Enfer, soit Néant, ne fait pjlîr nos fronts,
Et s'il itat accepter ta sombre alternative,
Croite ou disespérer, nous désespérerons.
Aussi bien, iamais heure i ce point triste el morne
Sous le soleil des eleui n'avait encor sonné ;
jamais l'homme, au milieu de l'univers sans borne.
Ne s'est senti plus seul et plus abandonné.
Uéji son désespoir se transforme en fiitie;
H se traîne au combat sur ses genoux sanglants,
Et se sachant voué d'avance i la tuerie,
four s'achever plus vite ouvre ses propres flancs.
Aui applaudissements de la ptibe romaine Qfiand le cirque jadis se remplissait de san Au-dessus des horreurs de la douleur hum:
Le regard découvrait un César lout-putssar 11 éuit là, trAnant dans sa grandeur sereint Tout entier au plaisir de regarder souflrir, Ht le gladiateur, en marchant vers l'arène.
Savait qui saluer quand il allait mourir.
Nous, qui saluerons-nous? i nos lottes bru Qui donc préside, armé d'un sinistre pouvc Ahl seules, si des Lois aveugles et fatales
D'un geste résigné nous saluerions nos rcii Enfermé dans un cirque imposable à franc) L'on pourrait néanmoins devant ces souven
Tout roseau que l'oii esl. s'incliner sans fléchir. Oui, mais si c'est un Dieu, mïilieel tyran supiénit, Qpi nous contemple ainsi nous entre-déchirei, Ce n'est plus un salut, nonl c'est un anathème Qne nous lui lancerons ivant qae d'eipiter.
Comment I ne disposer de li Forc« infinie Qpe pour U procurer des spectacles navrants.
Imposer le massacre, infliger l'agonie, Ne vouloir sons ses yeun que mons et que mourants! Devant ce spectateur de nos douleurs eitrémes Notre indignation vaincra toute terreur ; Nous entrecouperons nos râles de blasphimes.
Non sans désir secret d'eiciter sa fureur, Qjii siitï nous trouverons peut-être quelque injure Qjii l'inite jt ce point que, d'un btas fbrceoé. Il iriache des cieux notre planète obscure.
Et brise en mille éclats ce globe infortuné.
Vous qui dormez encore au fond de l'avenir.
Et nous triompherions d'avoir, en cessant d'être,
Avec l'Hunianili forcé Dieu d'en finir.
Aht quelle immense ioie après tant de souffrancel
A travers les débris, par-dessus les charniers.
Pouvoir enfin jeter ce cri de délivrance :
i Plus d'hommes sous le ciel, nous sommes les dernien!
3Cg)E
U Idéill surK
s irïces divines.
Corabi.
.n déji st son.
ég.rés et perdus!
Les me
;illeiirs d'entre m
nus sont ceux quetufiScir
Ils se 1
rendent i toi sa
ns s'être déièndus.
Ce n'e
SI point licheié,
, mais fougue involontairt
Besoin
d'essot. dégoût
de tout ce qui périt,
Pur di
sir d'échoppe, i
l'affreux terre-l-terre.
A ce y
Dug du réel qui
courbe el qui meurtrit.
Séduct
:'est ta main qui les aide
Aîeco
uer leur cluliic.
, à jeter leur fardeau,
Et quand ta Vérité les iroubU et les obsède,
A ta voii ils feront, passagers id-bas.
Du désir aSbIé leur boussole suprême.
Dans l'incommensarable ils ouvrent lear compas;
L'objet de leur poursaite est l'impossible jaème;
Il leur £aut avant tout ce qui n'existe pas.
Par un courant £»at poussés vers le mirage.
Ayant perdu leur lest, jeté leurs avirons,
D'avance ils sont, bêlas! dévolus au naufrage.
Si la réalité seule est le vrai rivage,
PlulAi que d'aborder, ils s'écrieraieni : ■ Sombronsi •
Sombrez donc, sombiei tous, les uns après les autres.
A tous deui l'Idiil ouvre un gouffre enchanté, Qji'il soit l'imour divin ou bitn la volupté. Mais avant de partir, chacun pour son abime.
Sous un commun éclair, ne filt-ce qu'nn momenl, U débauché splendide et l'ascète sublime Se seront rencontrés dans le même tourment.
Les voiUi déjà loin, suivant leur destinée. Au fréle amour humain arrachant son flambeau, Tu tombas tout à coup dans ta course effrénée, Toi (]u'on noas peint d'abord si candide et si beau. Victime du désir, plein d'une ardeur étrange. Tu t'acharnais en vain i fouiller dans lafauge. Et descendais toujours sans cesser d'aspirer. Oui, jusqu'au bout tu crus, sous ta livre plHe, Obtenir de l'iïtesse en t'abreuvant de lie; Tu ne parvins pis même à te désaltérer.
Chaque jour plus ardent, vers de nouvelles ondes Nous te voyons, don Juan, haleter et courir, Criant toujours : < J'ai soif 1 ■ à ces sources profondes Q^e d'une haleine en feu tu venais de tArir.
Irsfin. Veaiei s'ouvrit.
Dan
s « gouffn
■ des âmes
r«,'^prfcipi,*,plo.
igîur
passionné;
:tqu'»i-tu découvert?
-De
i dénions ei
t des flammes.
- Mais tu 1» connii
suis
avant d'etr
e damné! '
Ahi qui nous dannsra, sur l'autre roule ouverte, Le courage de suivre un plus noble igati ?
Il n'en périt pas moins; le divin fut sa perte; C'est vers en haut qu'il prit son vol désespéré. A l'ardeur de ses vœui que ce monde eûldéfue, Et quand les passions tentaient de l'agiter, C'est du côté du ciel qu'il cherchait une issue, Sachant que toute flamme est faite pour monter. Non, malgré la jeunesse, et sa fougue et ses fièvres. Il ne vous connut point, transports avilissants, Et le jeune homme ardent n'a pas sali ses lèvres. Tout altéré qu'il fût, au vase impur des sens. Qu'a ii commun son ime avec la chair fragile? Dilt sa force se perdre en des élans ingrats,
PlutAl que d'embrasser une idole d'irgile.
Au fintÙme dirin il i tendu les bras.
S'il enic parfois sentir, le grand visionnaire.
Battre le cœur d'un Dieu sur son cceorde chrétien.
C'est qae pour l'animer, ce cœur imaginaire.
Il lui prftail l'imout qui débordait du sien.
Toi, Min premier flambeau, Science, il te renie;
Le miracle est sa loi. Vers un monde inconnu
Des ailes le portaieni, d'envergure inlînie;
Dans l'illusion pure elles l'ont sauienu.
Des mains de l'Idéal, et préparé pour elle.
Cette dominatrice absolue et cruelle,
Li Foi t'a pris, Pascal, el ne t'a plua rendu.
Que ta raison résiste, aussitôt tu l'accables.
Kn un jour solennd coupant ses derniers dlbles.
Ta lanças vers le ciel ton esquif (perdu.
Seul bat de ion essor, vertîginenx, rapide.
L'abîme était en haut, mais profond, mais perfide,
Qjii t'attirait 1 lui comme un divin aimant.
Aussi, sans t'ariétei tu montais en plein vide;
Pour ton ime emportée et toujours plus avide
L'ascension s'achève en engloulissemenl.
Implacable Idéal I enfin, ton œuvre e>t bite. Au gré de tes désirs, sons ton souffle «oivrint. Le supplice fiit double et double Ii défaite. Tu peui ('enorgueillir, Ion triomphe esl navrant. On te donne deuicŒurs, deux grands cœurs que la vie A ses combats ainsi qu'à ses fites convie, Qji'elle allait couronner en vrais triomphateurs. Oui, deux êtres, la fleat de l'humiine nature. Qu'en fais-tu ? Des martyrs, des fous, des déserteurs. Leur aspiration ne fut qu'une torture; Car tu ne repais point; tu ne veui que leurrer. Toi qui les illàmais, lu leur devais piture.
Et lu ne leur donnas qu'une ombre i dévorer!
Jeté par le hisard sur un vieux globe iu
A l'abandon, perdu comme en un océan,
Je surnage un moment et flotte 4 fleur d'à
Épave du riéant.
Ht pourtant, c'est à moi, quai Un naufrage éternel semblait Qu'une vois a crié du fond d
L'InconsciïDce encor sur la nature entière Étendait tristement son voile épais et lourd. J'ipparus; aujjitàt i travers li mitiire L'Esprit se fiiiaît jour.
Secouint
m» torpeur e
tout
étonni d'ét
J-ai surmo
Dté mon tro
blee
mon prem
er émoi.
Plongé dans !e grand Tout,
•ai su m'y r
e m'affirme e
tdis
' Moi! •
Bien que la chaît impute encoi m'assnjetliss Des aveugles instincts j'ai rompn le réseau; J'ai créé la Pudeur, j'ai conçu la Justice :
rs des Uns et je lemonteaui.
ivers n'est qu'un spectacle v
■e des choses
Je défie i mon gré la Nature impitoyable, e
Même avec
Pour combler 1« njanl, ce gouffre vide el mome.
Fi de cet ici-basi Tout m'y cerne et m'y borne; Il me faut l'au-delà I
Je veux de l'étemel, moi qui suis l'iphimère, Qjund le réel me presse, imptrieux, brutal.
Pour refuge au besoin n'al-je pas la chimiie Q)ii s'ippelle Idéal?
Je puis avec orgueil, au sein des uuïis profondes. De l'éther étoile contempler la splendeur.
Gard« votre infini, cîeuï lointains, vastes mondes J'ai le mien dans mon cceuri
IN ON, ton iternité d'inconscience obscure,
D'aveugle impulsion, de mouvemenl forcé,
l'ont l'infini du temps ne vaut pas, à Nature
La minute où j'aurai pensé.
iS^^^S:^:m^S^i