Seguier. Voyez p. 38, note
il s'étoit servi utilement de Famitié et de la confiance particulière qu'elle a voit pour une de ses sœurs, religieuse à Pontoise ^, et pour Montaigu, dont j*ai déjà parlé'.
Cependant Mme de Chevreuse considéroit tous ces retardements comme autant d'artifices du cardinal Mazarin, qui accoutumoit insensiblement la Reine à ne lai pas accorder d'abord ce qu'elle desiroit, et qui diminuoit par cette conduite l'opinion qu'elle vouloit donner dans le monde de son crédit. Elle témoignoit souvent sa mauvaise satisfaction à la Reine, et dans ses plaintes elle méloit toujours quelque chose de piquant et de mo* queur contre les défauts personnels du cardinal Mazarin. Elle ne pouvoit souffrir d'être obligée d'avoir recours à ce ministre pour obtenir ce qu'elle desiroit de la Reine, et elle aimoit mieux n'en recevoir point de grâces que de les devoir au Cardinal. Lui, au contraire, se servoit habilement de cette conduite de Mme de Chevreuse pour persuader de plus en plus à la Reine qu'elle la vouloit gouverner' : il lui disoit que Mme de Chevreuse étant soutenue du duc de Beaufort et de la cabale des Importants, dont l'ambition et le dérèglement étoient si connus^, toute l'autorité de la Régence passeroiten leurs mains, et que la Reine se verroit plus soumise et plus éloignée des affaires que du vivant du feu Roi. Il supposa en même temps des lettres et des avis des alliés,
I. La Mère Jeanne, supérieure du couvent des Carmélites. 3. Voyez ci-dessus, p. 7I1 note 2.
3. Comparez avec un passage des â/émoires de Mme de MotU^ ville (tome I, p. 137-199) auquel, deux fois déjà, nous avons eu occasion de renvoyer.
4. « Quatre ou cinq mélancoliques, qui avoient la mine de pen* ser creux, > dit le cardinal de Retz en parlant de cette même cabale (tome I, p. aa3).
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qui demandoient à qui il se falloit adresser^ désormais pour savoir les intentions de la Reine, et qui menaçoient de se détacher des intérêts de TËtat si le duc de Beaufort et les Importants en étoient les maîtres.
Monsieur entroit dans les sentiments du Cardinal pour fiûre sa cour à la Reine ; il étoit foible, timide, léger, et tout ensemble familier et glorieux'. Le Cardinal fournis- Boit abondamment aux pertes excessives que ce prince faisoit dans le jeu; il le tenoit encore par l'intérêt de Fabbé de la Rivière ', son favori, en lui faisant espérer qu'il auroit la nomination de France pour le chapeau de cardinal. Le prince de Condé, grand politique, bon courtisan, mais plus appliqué à ses affaires domestiques qu'à celles de F État, bomoit toutes ses prétentions à s'enrichir^. Le ducd'Enghien, son fils, jeune, bien fait,