Voyez p. 3o, note
5. Anne-Geneviève de Bourbon, née en 1619, an donjon de Vincennes, pendant la captivité de son père, morte en 1679 aux Carmâites du faubourg Saint-Jacques. Elle avait épousé, à Tl^ge de vingt-trois ans, le 2 juin 1642, Henri II d'Orléans, duc de Lioagueville, qui avait quarante-sept ans. — Voyez sur elle V. Cousin : la Jeunesse de Madame de LonguevilU; Madame de LonguevilU pen~ dont la Fronde; et la Société française au dix-^septième siècle^ tome I, chapitre i.
6. Sur tous ceux qui la voyoient, (1817, 26, 38.)— -Retz (tome H,
La RocBXfouGÂULD. n 6
8s MÉMOIRES. [1643]
Gonnottre encore Fambltion ; et elle étoit bien éloignée de prévoir quelle part elle auroit à tout ce qui a troublé la fin de la Régence et les premières années de la majorité du Roi.
Les choses étoient en ces termes, et le cardinal Mazarin, d'une part, et Mme de Chevreuse et le duc de Beaufort, de Tautre, songeoient avec beaucoup d'appli* cation à se détruire^. La bonne fortune du Cardinal et rimprudence du duc de Beaufort et de Mme de Montbazon', dont il étoit amoureux, fournirent bientôt une occasion, dont le Cardinal sut profiter pour venir à bout de son dessein. Un jour que Mme de Montbazon gar-
p. iiS) et Mme de Motterille (tome I, p. 335) disent rim et l'autre que la petite vërole, qu'elle avait eue en 1643, Tannëe même de •on mariage, avait altéré la fraîcheur de son teint, mais sans diminuer Péclat de ses charmes.
I. On voit dans les Carnets de Mazarin que le Cardinal considérait Mme de Chevreuse comme le véritable chef du parti qui lui faisait la guerre, c C'est Mme de Chevreuse, dit-il, qui les anime tous. » Et ailleurs : c L^art de Mme de Chevreuse et des Importants, c'est de faire en sorte que la Reine n'entende que des discours fiiTorables à leur parti et dirigés contre moi, et de lui rendre suspect quiconque ne leur appartient pas et me témoigne quelque affection. » {Journal des savants, i855, p. 44^ et 44i-) un découvre aussi, à cette date de juillet i643, dans ces mêmes Carnets^ la trace de perplexités qui donnent à penser que le Cardinal ne se sentait pas encore complètement maître du cœur d'Anne d'Autriche.
1. Marie d'Avaugour de Bretagne, fille ainée du comte de Vertus et de Catherine de laVarennc Fouquet, née vers 1612, morte en lôSy. Par son mariage avec Hercule de Rohan, duc de Montbazon (i6a8), elle était devenue la belle-mère de Mme de Chevreuse. Ses déportements sont célèbres. Retz dit d'elle (tome II, p. 187) : « Je n'ai jamais vu personne qui eût conservé dans le vice si peu de respect pour la vertu. » Mme de Motteville (tome I, p. 38 et 89) nous a laissé de la ducliesse de Montbazon un portrait fort détaillé, avec ce trait sarcastique : f Son esprit n'étoit pas si beau que son corps ; ses lumières étoient bornées par ses jeux, qui commandoient impérieusement qu'on l'aimât.... Elle prétendoit à l'admiration universelle, »
doit la chambre, et que beaucoup de personnes de qualité Fallèrent voir, dont Coligny étoit du nombre, quelqu'un, sans y penser, laissa tomber deux lettres bien écrites, passionnées, et d*un beau caractère de femme * . Mme de Montbazon , qui haïssoit Mme de Longueville', se servit de cette occasion pour lui fiiire une méchanceté'. Elle crut que le style et F écriture pourroient^ convenir à Mme de Longue ville, bien qu*ily eût peu de rapport et qu'elle n'y eût aucune part '. Elle prévint le duc de Beaufort, pour le faire entrer dans ses sentiments ; et tous deux, de concert, firent dessein de répandre dans le monde que Coligny avoit perdu des lettres de Mme de Longueville qui prouvoient leur intelligence. Mme de Montbazon me conta cette histoire devant que* le bruit en fût répandu: j'en vis d'abord toutes les conséquences, et quel usage le cardinal Mazarin en pourroit faire contre le duc de Beaufort e contre tous ses amis. J'avois peu d'habitude alors aveo Mme de Longueville ; mais j'étois particulièrement ser-