I. Le a6 août
s. Renë Poder de Blancmesnil, prérident en la première chambre det Enquêtes, mort en 1680. Il habitait une maison donnant me dn Renard et rue Neuve-Saint-Merry. Ce fut du Bois, exempt des gardes de la Reine, qui Tarréta.
3. Pierre Broussel (dans notre manuscrit, le plus souTent BrouS' telle ^ d*autres fois BrouttelUt)^ conseiller à la grand'chambre , ayait alors plus de soixante-dix ans. H derint, Tannëe suiyante, gourerneur nominal de la Bastille pour le peuple insurge, et fut prévôt des marchands, lors de la seconde Fronde, en 1 65 a. Le bonhomme Brous^ le/, comme Retz Tappelle (tome II, p. i3 et i4)« c qui aroit toujours levé rëtendard contre le Roi..., s*ëtoit érigé en tribun du peuple, dit Mme de Motterille (tome II, p. i5i), en montrant.... Tesprit d'un homme né dans une république, en affectant de paroitre avoir les sentiments d'un véritable Romain. » H fut arrêté chez lui, rue du Port-Saint-Landry, par Comminges, lieutenant des gardes de la Reine. VH'utoire du tempsy écrite dans le feu même du combat, insiste (p. 186), avec une emphase qui nous fait aujourd'hui sourire, sur l'effet soudain produit dans Paris par ce coup de force : « C'est ici, cher lecteur, et qui que tu sois, que tu dois suspendre et arrêter ton esprit ; c'est ici que tu dois admirer les ouvrages du souverain des Dieux, et reconnoitre qu'il n'abandonne jamais la vertu, quoique persécutée. C'est enfin sur ce héros que tu dois jeter les jeux, qui est beaucoup plus illustre que ceux de Tantiquité, quand même tu prendrois pour des vérités les fables qu'on a inventées pour les rendre plus célèbres. • Jamais popularité n'égala celle de Broussel : c II n'y a coin de me où Ton ne voie son portrait, 9 dit VjÉi^U sincère aux bourgeois de Paris sur ce qui s'est passé en leur fille depuis tan 1648. (Bibliographie des Mazarinades^ tome I, p. 167.)
4. Ce mot quelques autres ne répond à aucun fait précis. En réalité, Blancmesnil e Broussel furent seuls arrêtés; le président Chartoo, qui devait avoir le même sort, eut le temps de se sauver par-destos les murs de son jardin. Trois lettres de cachet furent remises aax conseillers Lalné, Benoit et Loiael, pour les exiler en divers lienx.
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s'étoient opposés avec plus de chaleur aux nouveaux édits et à la misère publique. Cette entreprise du Cardinal n'eut pas le succès qu'il en attendoit : le peufde prit les armes ; le Qiancelier , pour éviter sa fureur , se sauva dans Thôtel de Luynes ^ ; on le chercha dans la maison pour le mettre en pièces, et le maréchal de la Meilleraye y alla en diligence, avec quelques compagnies du régiment des Gardes , pour le sauver. Il fut en péril lui-même; on tendit les chaînes des rues; on fit partout des barricades; et le Roi et la Reine se virent investis dans le Palais-Royal, et forcés de rendre* les prisonniers, que le Parlement leur envoya demander'. Dans ce trouble, le coadjuteur de Paris ^, qui jusqa*a»
I. L*h6tel du duc de Lujnes, qui avait ëpousë une cousine da Chancelier, se trouTait sur le quai des Augustins, au coin de la me Gît-*le-Cœur. — Voyez ci-après, p. lai, note x ; et, au sujet de cet liôtely le tome II des Mémoires de Retz^ p. 43, note 3.
a. De renvoyer. (1817, a6, 38.)
3. On ne voit pas bien, dans le rëcit très-sommaire et nn pea confus de la Rochefoucauld y la succession chronologique des événements. Le mercredi, 16 août 1648, premier jour de la mutinerie, Paris se couvrit de barricades ; on jeta des pierres au maréchal de la Meilleraye, qui essayait d*apaiser le désordre, et les bourgeon gardèrent les avenues du Parlement. Ce fut ce jour-là que le Coadjuteur fit par les rues sa fameuse promenade en rocket et eamait^ et tenta auprès de la Reine, au Palais-Royal, cette démarche de cobh ciliation qui lui a fourni, selon son mot habituel, une des plus belles scènes de ses Mémoires (voyex tome II, p. i5 et suivantes). La nuit toutefois fut assez calme ; mais le lendemain 27, le chanoeiier Seguier ayant voulu, suivant les ordres de la cour, se rendre an Palais pour y lire un arrêt sévère du Conseil, fut assailli par le peuple, et ce fut ce même jour qu*eut lieu cette députation impérieuse du Parlement, suivi de plus de vingt mille hommes, qui obligea Anne d* Au triche à capituler et à rendre les prisonniers. Voyes le récit de Retz, tome II, p. 39 et suivantes; à VAppendiee du même tome II, Ia Journée des barricadés^ p. 607-630; et C Histoire du temps^ p. 189 et suivantes.
4* François-Paul de Gondi, plus tard cardinal de Retz, avait été élevé en i643 k la coadjutorerie de l'archevêché de Paris, dont
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lors n'avoit point encore paru ^ dans les affaires et qui vouloit s'y donner part, prit cette occasion pour offiîr •on service à la Reine, et pour s'entremettre d'apaiser la sédition; mais son zèle fut mal reçu, et on fit même des railleries de son empressement *.
Je n étois pas alors à Paris, et j'étois allé par ordre de la Reine dans mon gouvernement'; ma présence même y fîit nécessaire, pour contenir le Poitou dans son devoir : cette province avoit commencé de se soulever, et on y avoit pillé quelques bureaux du Roi ^. Devant que de partir, il me paroissoit que le Cardinal vouloit quelquefois me ménager, et qu'il feignoit de désirer mon amitié; il sa voit que la Reine s'étoit engagée à moi, dans tous les temps , de donner à ma maison les mêmes avantages qu'on accordoit à celles de Rohan et de
Jean-François de Gondi, son oncle, était alors titulaire. Vojez ses Mémoires^ tome I, p. 310-21 a.