‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 149 sur 569 · Et croyant de lui donner · texte numérisé non relu

Et croyant de lui donner

vèrent, et, me voyant bien vêtu, ils disputèrent ma dépouille et qui me tueroit^ Dans ce moment, le comte de Rozan chargea les ennemis avec sa seconde ligne. Le bruit de la décharge surprit ces six soldats, et, sans que j'en sache d'autres raisons, ils s'enfuirent. Quoique ma blessure fût fort grande', je me trouvai néanmoins assez de force pour me relever, et, voyant un cavalier auprès de moi qui vouloit remonter à cheval, je le lui ôtai et son épée aussi. Je voulois rejoindre le comte de Rozan; mais, en y allant, je vis ses troupes qui suivoient l'exemple des miennes, sans qu'on les pût rallier. Il fiit pris et blessé, et mourut bientôt après. Le marquis de Sillery ' fut pris aussi. Je joignis le comte de Matha ^, maréchal de camp, et nous arrivâmes ensemble à Paris*. Je le priai de ne rien dire de ce qu'il a voit vu faire à Noirmoustier, et je ne fis aucune plainte contre lui; j'empêchai même qu'on ne punit la lâcheté des troupes qui m'avoient abandonné et qu'on ne les fît tirer au billet*.

Page 1