Et pour en venir plus aisément à bout. {Ms. H^ féd, i
MÉMOIRES. [i649j i^S
tre coupables du crime dont je viens de parler. Il fit* écrire par Servien * à Monsieur le Prince, le soir même, pendant que le conseil particulier se tenoit au Palais- Royal, et il lui donnoit avis ' que la sédition du matin avoit été suscitée par les Frondeurs pour attenter à sa personne ; qu'il y avoit encore une assemblée dans Tile du Palais, vis-à-vis du cheval de bronze ^ pour le même dessein, et que s'il ne donnoit ordre à sa sûreté, il se trouveroit exposé à un très-grand péril. Monsieur le Prince fit voir cet avis à la Reine, à M. le duc d'Orléans et à Monsieur le Cardinal, qui en parut encore plus surpris que les autres, et après qu'on eut balancé sur le doute que l'avis fût faux ou véritable, et sur ce qu'on devoit faire pour s'en éclaircir*^, il fut résolu que, sans exposer la personne de Monsieur le Prince', on renvoyeroit ses gens et son carrosse de la même sorte que s'il eût été dedans; et, comme leur chemin*' étoit de passer devant cette troupe assemblée, on verroit quelle
I. Que je viens de dire. D fit écrire. (Jf/. H^ réd. i.) a. Abel Servien, marauis de Sabl^ et de Boi»>Dauphin , avait ëtë d'abord secrëtaire d'Etat de la guerre en i63o, puis ambassadeur en Italie. En i643, il fut envoyé par Mazarin a Munster, et ne contribua pas peu par son habileté à résoudre ces négociations si longues et si embrouillées qui aboutirent enfin au glorieux traité d'octobre 1648. Ministre d'État en 1649^ puis surintendant des finances avec Foucquet (i653), il mourut en iGSg, âgé de soixante-six ans. Voyez sur lui Tallemant des Âéaux, tome IV, p. 4oa-4i3-
3. Il fit écrire à Monsieur le Prince (// iui fit écrire^ réd. i), le soir même que le* conseil particulier se tenoit au Palais-Royal, un billet par M. Servien, par lequel il lui donnoit avis. (Af/. B^ réd. i et a.)
4. Cest-à-dire de la statue équestre de Henri IV, érigée en 16 14 sur le Pont-Neuf, à la hauteur de la place Dauphine.