Avec ce qui ëtoit. {Ms, H, réd, 1 et a
5. cLe carrosse, dit Mme de Motteville (tome III, p. i38-i4o), Tersa dans un mauvais pas. Aussitôt qu*il fut à terre. Monsieur le Prince, dont la belle taille, Tagilité et Tadresse étoîent incomparables, se trouva hors du carrosse et au milieu de la campagne. Plus vite qu*un oiseau qui seroit échappe de sa cage, et déjà pre> nant un faux-fujant, il s^éloignoit de ses gardes. Miossens, qui le vit, mit pied à terre et se mit à courir après lui. Il Tarréta sur le bord d*un fossé où il se vouloit jeter. Le prince de Condé lui dit, à ce que le même Miossens m^a conté : c Ne craignez point, « Miossens, je ne prétends pas me sauver; mais, véritablement, si « vous vouliez, voyez ce que vous pouvez faire. » Miossens, ajoute Mme de Motteville, allégua son devoir.... c Quand ils furent remontés..., Comminges commanda au cocher d'aller le plus vite qu'il lui seroit possible. Monsieur le Prince l'entendant parier, lui dit, en s'éclatant de rire : c Ne craignez rien, Comminges; per- « sonne ne doit venir à mon secours ; car je vous assure que je « n'ai pris nulle précaution contre ce voyage. 3
171 MÉMOIRES. [i65o]
On vouloit en même temps arrêter le prince de Mar.^ cillac et la Moussaye; mais on ne les rencontra pas^ On envoya M. de la Vrillière*, secrétaire d'État, porter un ordre à Mme de Longueville d'aller trouver la Reine au Palais-Royal, où on avoit dessein de la retenir; ai lieu d'obéir, elle résolut, par Je conseil du prince de Marcillac, de partir', à Fheure même, pour aller, en très-grande diligence, en Normandie, afin d'engager cette province et le parlement de Rouen à prendre le parti des Princes, et s'assurer de ses amis, des places du doc de Longueville, et du Havre-de-6ràce ; mais, comme il falloit pour pouvoir sortir de Paris qu'elle ne fot point connue , que d'ailleurs elle vouloit emmener avec elle Mlle de Longueville *, et que, n'ayant ni son carrosse ni ses gens, elle étoit obligée de les attendre en un lieu où on ne put la découvrir, elle se retira dans une maison particulière, d'où elle vit les feux de joie et les autres marques de la réjouissance publique pour la détention de Messieurs ses frères et de son mari. Enfin, ayant* les choses nécessaires pour sortir, le prince de Marcillac l'accompagna en ce voyage*. Mais après
I . Le duc de Bouillon et le vicomte deTurenne furent les premien a prendre la fuite. On les manqua seulement de quelques instants.
1. Louis Phéljpeaux, seigneur de la VriUière, secrétaire d'État depuis la mort de son p^e.
3. Mais, au lieu d'obéir, le prince de Marcillac la fit résoudre de partir, (iiff. H y réd, i.)
4- Marie d'Orléans, fille du duc de Longueyille et de sa première femme, Louise de Bourbon-Soissons. EUle épousa, le la mai ifiSy, Henri de Savoie, dernier duc de Nemours, mort en 1669, et frère cadet de Charles-Amédée, tué en i65a par Beaufort (vojez p. 98, note 4)* C'est à Mlle de Longueville que Loret a dédié sa Mmze historique, La duchesse de Nemours a laissé des Mémoires que nous avons eu déjà occasion de citer.