‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 196 sur 569 · Huit jours devant la fin du temps. (Ms, B, réd, i · texte numérisé non relu

Huit jours devant la fin du temps. (Ms, B, réd, i

MÉMOIRES. [i65o] i83

ses pas. Il défit dans sa marche quelques compagnies de cavalerie des troupes du Roi, et étant arrivé chez lui, il congédia la noblesse qui Tavoit suivi, et en repartit bientôt après, parce que le maréchal de la Meilleraye marchant à lui avec toutes ses troupes, il se trouvoit obligé de se retirer àTurenne chez le duc de Bouillon, après avoir jeté dans Mourond cinq cents hommes de pied et cent chevaux, qu'il avoit levés et armés avec une diligence extrême'. En arrivant à Turenne, le duc de Bouillon et lui eurent nouvelles que Madame la Princesse et M. le duc d'Enghien, ayant suivi leur conseil, étoient partis secrètement de Mourond, et s'en venoient à Turenne, pour se mettre entre leurs mains; mais ils apprirent en même temps' que le duc de Saint-Simon ayant reçu des lettres de la cour et su* la prise de Bellegarde, n'étoit plus dans les mêmes sentiments, et que son changement soudain^ avoit refroidi tous ses amis de Bourdeaux, qui jusque-là paroissoient' les plus zélés pour les intérêts de Monsieur le Prince. Néanmoins Langlade*,

I . Ne négligeant rien « pour faire juger à la duchesse {de Longue^ pWe), comme dit Lenet (tome I, p. 9$), ce dont il ëtoit capable pour elle. » — « Le duc de la Rochefoucauld, dit de son côté Bfme de Motterille dans ses Mémoires (tome III, p. 188), ayant assemble grand nombre de noblesse, se déclara ourertement contre le Roi. Il voulut, pour son premier exploit,... se saisir de Saumur. Mais, ajant manqué son entreprise et sachant que le maréchal de la Meilleraye, gouTemeur de Bretagne, marchoit déjà contre lui ayec quelques troupes, il résolut d'envoyer quatre cents gentilshommes à Montrond, et de s'en aller trouver le duc de Bouillon, qui avoit de grandes intelligences dans Bordeaux. >»

Page 1