Cependant que. (M$» H, rid, i et
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Prince iroit à Bourdeaux, où il étoit appelé par le Parlement et par le peuple , et où les Espagnols lui foumîroient des troupes, de Targent et des vaisseaux, suivant le traité du marquis de Sillery avec le comte de Fuensaldagne , pour faciliter la levée des troupes qu'il devoit aussi faire en Guyenne; que le comte du Dognon * entroit dans son parti, avec les places de Brouage, de Ré , d'OIeron et de la Rochelle ; que le duc de Richelieu feroit la même chose , et feroit ses levées en Xaintonge et au pays d'Âunis; que le maréchal de la Force feroit les siennes en Guyenne, le duc de la Rochefoucauld en Poitou et en Ângoumois, le marquis de Montespan' en Gascc^e, M. d'Ârpajou* en Rouergue, et que M. de Marchin, qui commandoit Tarmée de Catalogne, ne manqueroit pas de reconnoissance ^.
I. Louis Foucault de Saint-Germain Beaupré, comte do Dognon, ou du Daugnion. U sVtait installé de son propre chef dans le gouTemement de Brouage, après la mort du duc de Maillé Brezé, dont il j était le lieutenant. Il fut promu an maréchalat en i653y et mourut en iBSg. Voyez sur lui les Souvenirs du règne de Louis XI V^ par le comte de Cosnac, tome I, p. 317-319.
a. Henri- Louis de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan, qui épousa en i663 Françoise- Athénaîs de Rochechouart, dont on connaît la liaison (i 668-1 683) arec Louis XIV.
3. Louis, marquis de ScTerac, duc d'Arpajon (i65i), était lieutenant général; il mourut en 1679.
4. Lors de Temprisonnement de Condé en i65o, le comte de Marsin, dont l'attachement à Monsieur le Prince était connu, a^ait été arrêté. Rendu à la liberté en même temps que ce dernier, après une détention de treize mois, il aTait recouvré, grâce k loi, son commandement en Catalogne. Retz raconte (tome III, p. 960, éd. Ch.) que, lorsque Condé prit le chemin de Guyenne, la Reine pensa tout de suite à gagner Marsin, et qu'elle lui envoya les patentes de rice-roi de Catalogne, qu'il détirait fort, en y ajoutant toutes sortes de promesses pour Tavenir; mais ces faveurs arrivèrent trop tard. Marsin, averti à temps de la marche de Monsieur le Prince, s*était déjà jeté dans le Languedoc avec ce qu'il avait pu débaucher de •es troupes.
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Tant de belles apparences fortifièrent le duc de Bouillon dans le dessein de s* engager ' avec Monsieur le Prince, et il en donna encore sa parole au duc de la Rochefoucauld, aux conditions que j'ai dites '. Cependant Monsieur le Prince ne put engager si avant le duc de Longueville, ni en tirer ' aucune parole positive, quelques instances^ qu'il lui en pût faire, soit par irrésolution, soit parce qu'il ne vouloit pas appuyer un parti que Madame sa femme avoit formé, ou soit qu'il crût qu'étant engagé avec Monsieur le Prince, il seroit entraîné plus loin qu'il n' avoit accoutumé d'aller*.
Monsieur le Prince ne pouvant rien obtenir de lui, se rendit à Chantilly, où il apprit que de tous côtés on prenoit des mesures contre lui, et que, malgré les instances de M. le duc d'Orléans, la Reine n' avoit pas voulu retarder de vingt-quatre heures la nomination des trois ministres. Voyant donc les choses en ces termes, il crut ne devoir pas balancer à se retirer dans ses gouvernements. Il en donna avis dès l'heure même * à M. le duc d'Orléans, et manda à M. le prince de Conti et aux ducs de Nemours et de la Rochefoucauld, de se rendre le lendemain à Essaune ^, pour prendre ensemble le chemin de Mourond. Ce départ, que tout le monde
I. *Dan$ le dessein qa*il a^oit de s^engager. (Ms, H^ réd, x.) 9. Aux conditions que j'ai dëjà dit. (Jtf#. U^ réd. i.) 3. Et il n'en put tirer. {Jât, U^ réd, i.) 4* Quelque instance. (Ms, H, réd. t et 9.)
5. Nous avons déjà cite (p. iio, note x) le mot de Retz sur le duc de Longueyille : c C'ëtoit Thomme du monde qui aimoit le mieux les commencements de toutes affaires. » — De faisoit naitre sans cesse des obstacles, a dit plus haut (p. 1 14) la Rochefoucauld, et se repentoit de s'être engage. •
6. Et dès l'heure même il en donna ayis. {JUs. J7, réd. i et 9.)
7. Ou plutôt, comme portent le ms. H et les ancieniiet ëditîoiit, Essonne, sur la rivière du même nom, bourg de l'Ue-de-France (Seine-et-Oise), k huit lieues de Paris.
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prévoyoit depuis si longtemps, que Monsieur le Prince jugeoit nécessaire à sa sûreté, et que la Reine avoit même toujours souhaité, comme un acheminement an retour du Cardinal, ne laissa pas d'étonner les uns et les autres. Chacun se repentit d'avoir porté les choses ^ au point où elles étoient, et la guerre civile leur parut alors avec tout ce que ses événements ont d'incertain et d'horrible*. Il fut même au pouvoir de M. le duc d'Orléans de se servir utilement de cette conjoncture, et Monsieur le Prince demeura un jour entier à Augerville *, chez le président Perraut, pour y attendre ce que Son Altesse Royale^ lui en voyeroit proposer; mais, comme les moindres circonstances ont d'ordinaire trop de part aux plus importantes affaires, il arriva en celle-ci que M. le duc d'Orléans ayant disposé la Reine à donner satisfaction * à Monsieur le Prince sur l'établissement des trois