‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 442 sur 569 · Se crut gënéralement perdu. (Mj, i/, réd. i · texte numérisé non relu

Se crut gënéralement perdu. (Mj, i/, réd. i

6. Voyez sur cette journée les Mémoires de Conrart, p. ii3 et suivantes, le rëcit de Mademoiselle^ tome II, p. 117 et suivantes, celui de Guy Joli^ tome II, p. 17-33, le Journal de Dubuisson- Aubenay, à la date du 4 juillet i653, et surtout les Registres de r Hôtel de Ville pendant la Fronde ^ tome III, p. 5i et suivantes. Le feu fut mis en deux endroits, du côte de Tëglise Saint-Jean. Cet violences durèrent six heures ; le sieur Miron du Tremblay, maître des comptes, qui essayait de calmer Témeute et d'empêcher le pillage, le Gras, maitre des requêtes, Ferrand, conseiller au Parlement, Yon, ancien échevin, et le Boulanger, auditeur des comptes, Pressant, marchand, etc., furent tués surplace, c en sorte que la plupart de notre assemblée, dit le procès-verbal {Registres de fHdtel de Ville^ p. 63)» se mit en état de bien mourir en se confessant à Mes* sieurs les curés et autres ecclésiastiques et religieux qui étoient mandés, et qui se dispersèrent en divers endroits de THôtel de Ville pour vaquer à ce bon ouvre. » Enfin la violence fut telle que la multitude se rendit maîtresse de l'Hôtel, fit ouvrir les prisons et sortir les prisonniers. Chose remarquable! aucune des personnes

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ment^ que Monsieur le Prince avoit sacrifié ses amis, afin de n'être pas soupçonné d'avoir fait périr ses ennemis. On n'attribua rien de cette action ^ à M . le duc d'Orléans ; toute la haine en fut rejetée sur Monsieur le Prince, qui ne la méritoit pas. Pour moi , je pense que l'un et l'autre ' s'étoient servis de M. de Beaufort pour faire peur à ceux de l'assemblée qui n'étoient pas dans leurs intérêts, mais qu'en effet pas un d'eux n'eut dessein de faire mal a personne. Ils apaisèrent prompte-

qui composoient une si grande assemblée n^eut assez de crédit dans Paris c pour émouvoir les gens de bien à leur donner secours et assistance, le partage des esprits excitant le père contre le fils, la femme contre le mari, le voisin contre son Toisin, et les serviteurs contre leurs maîtres > {ibidem, p. 68). Les compagnies bourgeoises elles-mêmes , mandées pour garder les avenues de la place de Grève, lâchèrent pied ou tirèrent sur THôtel. Les ëmeutiers en voulaient à l'argent des rentes; heureusement on rétablit Tordre, avant qu'ils eussent pu trouver le chemin de la caisse. L'édifice était en danger de périr par le feu ; les pierres de la voûte éclataient déjà ; jusqu'à neuf heures du matin, il fallut travailler à éteindre rincendic. Toutes les portes étaient consumées , les tonneaux de vin défoncés ou enlevés; la tapisserie avait été volée; la figure de Henri le Grand, qui était à cheval au-dessus de la grande porte, détériorée par le feu et par les coups de mousquet, et tous les tableaux étaient troués à coups d'arquebuse : c ce qui, ajoute le procès- verbal (p. 71), devroit tirer des larmes de sang à tous les bons bourgeois et habitants de Paris. » — Tons les contemporains ont jeté un biume sévère sur la conduite des chefs de la Fronde dans cette fatale journée, qu'Omer Talon (tome III, p. 416) appelle a la plus farouche, la plus brutale et la plus sauvage qui ait été faite depuis la monarchie. » — Voyez encore, dans le tome II du Choix de Mazarinades (p. Syg-SSa), le Récit d'un témoin oculaire et (p. 383-386) la Liste générale des gens tués ou blessés en cette circonstance ; et surtout ime lettre de Marigny citée par V. Cousin dans Madame de Longueçille pendeint la Fronde^ j4ppendice^ p. 44^~448. I. Très-injttstement manque dans le ms. H(réd. i) et dans les anciennes éditions.

a. On ne donna nulle part en cette action. {Ms, H, réd. i.) 3. ** Et on rejeta toute la haine sur Monsieur le Prince, bien que je croie {je crois^ anc. éd.) que l'un et l'autre. {Ms, U^ réd, i.)

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ment le désordre ; mais ils n'effacèrent pas l'impression qu'il avoit faite dans tous les esprits^. On proposa ensuite de créer un conseil, composé de Monsieur, de Monsieur le Prince, du chancelier de France, des princes, ducs et pairs, maréchaux de France et officiers généraux du parti qui se trouvoient à Paris ; deux présidents au mortier dévoient aussi y assister de la part du Parlement, et le prévôt des marchands de la part de la Ville, pour juger définitivement de tout ce qui concernoit la guerre et la police.

Ce conseil augmenta le désordre au lieu de le diminuer, à cause des prétentions du rang qu'on y devoit tenir, et il eut, comme avoit eu l'assemblée de l'Hôtel de Ville, des suites funestes ; car les ducs de Nemours et de Beaufort, aigris par leurs différends passés ' et par l'intérêt de quelques dames, se querellèrent pour la préséance au Conseil ; ils se battirent ensuite à coups de pistolets', et le duc de Nemours fut tué dans ce combat par le duc de Beaufort, son beau-frère *. Cette mort donna de la compassion et de la douleur à tous ceux

I. Mme de Motteville (tome IV, p. 37-29) parle ici comme la Rochefoucauld. Aetz dit (tome IV, p. 44 ^^ 4^» ^^* ^^0 ^I"^ tout ce tapage, occasionné à dessein par Condé, avait pour but de Tenlever, lui, le Coadjuteur.

a. Sur les antécédents de cette querelle de Nemours et de Beaufort, voj'cz ci-dessus, p. 344* ^^ ^^ note 5.

3. Pistolet, au singulier, dans le ms. H (réd. x et 3) et dans les anciennes éditibns.

4. Ce duel, où Nemours garda jusqu'au bout le rôle de provocateur, eut lieu le 3o juillet, place des Petits-Pères, près le marché aux chevaux, derrière Phûtel de Vendôme. Les témoins qui s'alignèrent, suivant la coutume du temps, étaient, du côté de Nemours, Villars, la Chaise, Campan et Luserche ; du côté de Beaufort, le comte de Bury, de Ris, Brillet et Héricourt. Presque tous les combattants furent blessés, de Ris et Héricourt si grièvement, qu'il» moururent danï les vingt-quatre heures. Nemours fut tué raide de trois balles qui étaient dans le pistolet de Beaufort. — Vojes

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qui connoissoient ce prÎDce. Le public même eut sujet de le regretter ; car, outre ses belles et agréables qualités \ il contribuoit à la paix de tout son pouvoir; et lui et le duc de la Rochefoucauld, pour apporter plus de facilité à la conclure, avoient renoncé aux avantages* que Monsieur le Prince leur devoit faire obtenir par son traité; mais la mort de Tun et la blessure de Fautre laissèrent aux Espagnols et aux amis de Mme de Longueville toute la liberté qu'ils desiroient pour entraîner Monsieur le Prince. Ils n'appréhendèrent plus que les propositions qu'ils lui faisoient d'aller' en Flandres fussent contestées. Ils lui promirent tout ce qu'il desiroit^^ et il sembla que Mme de Châtillon même lui parut moins aimable, depuis qu'il n'eut plus à combattre un rival' digne de lui*. Cependant il ne rejeta pas d'abord

Mme de MoUevîlle^ tome IV, p. 29 et 3o; Mademouelle ^ tome II, p. i33 et i34; et Orner Talon, tome III, p. 436 et suirantes.

I. Mademoiselle (tome H, p. i35) parle «également des belles et agréables qualités de Nemours, c mais, ajoute-t-elle, il y auroit eu à craindre que cette bumeur ne lui fût pas demeurée en vieillissant. » Elle dit encore qu^il était « chagrin quand les affaires n*alloient pas à sa fantaisie, et laissoit aisément ses amis sans savoir pourquoi. > — Mazarin, dans ses Lettres à la Reine, désigne d*ordinaire Nemours par le terme : ie Joli.

a. Avoient renoncé tous deux aux avantages. (Ms. if, réJ. i.) — L'incise : « pour apporter plus de facilité à la conclure », est renvoyée, dans cette première rédaction et dans les anciennes éditions, après le mot traité, et à sa conclusion y tient la place de à /c conclure.

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