‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 468 sur 569 · ji Chëure^ à cette heure-U, alors · texte numérisé non relu

ji Chëure^ à cette heure-U, alors

DE MARCILLAG. 44?

cîssement, elle toumoît en finesse on en raiUerie tout ce qu'on m'avoit dit, et, après qu'elle m'avoit forcé d'en rire avec elle, elle en tiroit de nouveaux sujets de se plaindre et de prendre pour témoins et pour juges contre moi-même les mêmes personnes par qui elle me faisoit donner ces avis. Il est aisé de croire qu'on n'en étoit pas venu là pour y demeurer, et qu'on ne travailloit pas tant à me rendre coupable pour me rendre heureux. Aussi ne s'amusa-t-on plus à borner à la charge de mestre de camp des Gardes toutes les prétentions qu'on m'avoit données sur celle de grand écuyer, sur celle de général des galères, et sur le gouvernement du Havre-de-Gràce * : on me réduisit tout d'un coup aux simples espérances des choses communes qui pourroient vaquer, encore à condition que je fusse agréable quand elles vaqueroient; et, comme l'itijustice n'est que trop féconde, celle-ci en eut bientôt produit si grand nombre d'autres , que je pensai n'en être pas quitte pour l'exclusion de tout ce qu'il m'avoit été permis d'espérer, et qu'il s'en fallut peu qu'on ne me ftt ôter jusques à la liberté par la même reine pour qui je l'avois autrefois perdue '. Il ne se passoit jour où je n'eusse besoin d'une apologie : j'avois reparti pour quelqu'un qui n' étoit pas en grâce, ou m'étois trop peu échauffé pour l'accusateur ; j'avois ri de quelque conte qui n'étoit pas assez du cercle ni du cabinet; j'avois fait raison de quelque faute odieuse; j'avois passé dans quelque rue où il y avoit des logis suspects. Enfin il m'arriva d'aller à Beaumont *, où

Page 1