‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 479 sur 569 · PREMIÈRE RÉDACTION DU COMMENCEMENT DE LA SECTION II · texte numérisé non relu

PREMIÈRE RÉDACTION DU COMMENCEMENT DE LA SECTION II

DBS MÉMOIRES^.

La persécution que j'avois soufferte durant Tautoritë du cardinal de Richelieu étant finie avec sa vie, je crus deroir retourner a la cour, où la mauvaise santé du Roi et le peu de disposition où il était de confier ses enfants et son État à la Reine me faisoient espérer de trouver bientôt des occasions considérables de la servir , et de lui donner, dans Tëtat présent des choses, les mêmes marques de fidélité qu'elle avoit reçues de moi dans toutes les rencontres où ses intérêts et ceux de

I . Voyez, au sojet de cette première rMaction, la Ifolice des Mémoires^ en tête de oe Toliune, et la note z de la page 49. — M. le due de la Rodiefoa* canld-Liancoart nous a permis de collationner notre texte sur le mannacrit A, mentionné ci-deisna, p. 436. Une note, d'une éciitme ancienne, écrite à la première page de ce mannacrit, parie ainsi de ce morceau : « Le second ou- ▼rage {il jr en avait primitivement trois dan* le volume), contenant ai pages et écrit de la même main (celle du secrétaire de Fauteur) ^ est le petit mor^ eeau intitulé dans les Mémoires imprimés : Mémoires de la régence d'Anne d'Autriche, etc. La seule obserration qu'il 7 ait à faire sur ce morceau, c'est que depuis l'auteur l'a totalement refondu, comme on peut le Toir dans les Mémoires non imprimés, Tolume D. » Le volume D (de la Roche-Guyon) est, on le sait, celui dont notre édition des Mémoires donne le texte. — Cette première rersion, qui est le début des Mémoires dans les éditions de i6dai8o4f a été placée par Petitot (i8a6) et Bfichand (i838) à la suite de nos parties i et n, et ils y ont rattaché, sans solndon de continuité, le morceau de Yineuil qui forme notre 3* appendice. — Nous mettrons en note les principales Tariantes des éditions ant^eures à la nôtre. Nous arons fût imprimer en italique ce que notre auteur, dans sa rédaction définitive, a textudlement gardé de ce premier jet, et nous renvoyons anx pages de notre texte où se trouvent ces fragments qu'il a conservée*

Mme de Cherreuse aYoient été contraires à ceux da cardinal de Richelieu. J^anÎTai à la cour, que je trouYai aussi soumise à ses Tolontës après sa mort qu*elle Taroit été durant sa vie. Ses partaU 9t ses créatures y avaient les mêmes avantages qu'il leur avoii procsÊtés^ ety par un efTet de sa fortune, dont on trouvera peu d'exemples, le Eût , qui le haîssoit même et qui souhaitoit sa perte, fut contraint non-seulement de dissimuler ses sentiments, mais même d'autoriser la disposition que le cardinal de Richelieu faisoit par son testa^ ment des principales charges et des plus importantes places de son royaume. Il choisit* le cardinal Mazarin pour lui succéder au goo- Yernement des affaires, et ainsi fut assure de rëgner bien plus absolument après sa mort que le Roi son maître n*aYoit pu faire depuis trente-trois ans qu^il ëtoit parvenu à la couronne. Néanmoins, comme la santë du Roi ëtoit dëplorëe*, il j avoit apparence que les choses changeroient bientôt de face, et que la Reine ou Monsieur, venant à la Régence, se vengeroient, sur les restes du cardinal de Richelieu, des outrages qu^ils avoient reçus de lui*.

Le cardinal Mazarin, M. de Chavigny et M. des Noyers^, qui avoient alors le plus de part aux affaires, voulurent prévenir ce mal-là, et se servir du pouvoir qu'ils avoient sur Tesprit du Roi pour l'obUger à déclarer la Reine régente, pour se réconcilier avec elle par ce service-là, qui paroissoit d'autant plus considérable à la Reine qu'elle crojoit le Roi très-éloigné de cette pensée, par le peu d'inclination qu'il avoit toujours eu pour elle et par la liaison qn^il crojroit qu'elle avoit encore avec les Espagnols par le moyen de Mme de Chevreuse, qui s'étoit réfugiée en Espagne, et qui étoit alors à Bruxelles. M. des Nojers fut le premier qui donna espé* rance à la Reine de pouvoir porter le Roi, par son confesseur', k l'établir régente, croyant par là faire une liaison étroite avec elle, à l'exclusion de M. de Chavigny, qu'elle avoit considéré davantage du vivant du cardinal de Richelieu. Mais M. des Noyers se trouva, peu de temps après, bien éloigné de ses desseins, car le confesseur eut ordre de se retirer, et lui-même fut chassé ensuite. Il me parut que ce changementAk n^ avoit rien diminué des espérances ^ de la keiite^

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