‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 490 sur 569 · Le départ · texte numérisé non relu

Le départ

Noirmoutier furent intéressés par leur liaison arec les Frondeurs à lui^ faire tenir sa parole, ils le contraignirent enfin à suivre le prince de Conti à Paris Ml est vrai qu'ils n'y arrirèrent pas dans le temps qu^ils aToient promis, et ce retardement avoit oblige le Parlement à receroir les offres du duc d^Elbeuf et de loi donner* la charge de général, lequel fit' d^abord sa cabale si puissante dans le Parlement et parmi le peuple, qu'il fut en son pouroir de faire arrêter le prince de Conti et tous ceux qui l'aToient accompagné, les accusant d'être d'intelligence ayec la cour et d^étre Tenus de concert aTec Monsieur le Prince, qui les aroit abandonnés**. Cela passa si avant que l'on mit des corps de garde devant l'hôtel de LongueyiUe, et qu'enfin le prince de Conti et la duchesse de Longueville furent contraints d'aller loger à l'Hôtel de Ville. Mais ce qui avoit attiré sur eux le soupçon, c'est que l'engagement qu'ils avoient fait* dans le parti du Parlement n'avoit été confif^qu'à trèspeu de particuliers de cette compagnie, qui n'osèrent même s'en déclarer que quand la présence de M. le prince de Conti et de ceux qui l'avoient accompagné leur laissa la liberté de publier ce secret*.

Les virres qu'on laissa entrer à Paris ne furent point l'efTet d'aucunes intelligences de Monsieur le Prince avec ses proches qui y étoient enfermés, car ils n'ont jamais été si brouillés ensemble <]n'en ce temps-là ; mais ce fut par l'extrême désir que la cour aroit de pacifier promptement les choses avant l'arrivée de l'Archiduc et de son armée, et le soulèvement entier de toutes les provinces ; et l'entrée des vivres étoit une condition sans laquelle on ne vouloit point commencer la conférence'.

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