Du désir
5o6 APPENDICE AUX MÉMOIRES.
intëressët par leur fortane on par leur haine particulière contre le principal ministre. Le second ' parti ëtoit des Mazarins, <|ui ëtoîent persuades que Ton devoit une obéissance aveugle à la cour, les uns par la conscience *, pour entretenir le repos de l'État, les autres par des liaisons qu'ils avoient avec les ministres ou par intérêt avec les gens d'affaires; et le dernier ëtoit de ceux qui hUtmoient l'emportement des premiers, n*approuToient pas aussi la retenue des second», et qui se tenoient dans un parti mitojen, pour agir, dans les occasions, ou selon leurs intMta, ou selon leur deroîr. C'étoit là la disposition du Parlement, dont la plupart, qoi, an commencement, n'avoient point d'amour pour les nouTeaot^y parce que Texpërience des affaires du monde leur manquoit, maintenant ' ëtoient bien aises d'être commis pour rëgler des abus qui s'ëtoient glisses dans l'administration de l'État, et de se voir médiateurs entre la cour et les peuples*. On leur insinuoit que cet emploi donneroit de la considération et de l'éclat à leurs personnes ; que la charité les obligeoit de secourir les malheureux dans leurs pressantes nécessités, et que le deroir de leurs charges, qui sont instituées* pour modérer l'extrême puissance des rois et s'opposer à son dérèglement*, les y conrioit; qu'ils doirent' savoir que, depuis quelques années, les ministres de France sont persuadés que c'est régner précairement quand leur empire ne s'étend que dessus les choses* permises; que les lois sont étouffées par la crainte, et la justice par la force ; que, pour notre infortune, nos derniers rois leur ont si fort abandonné la conduite de l'État, qu'ils l'ont rendu* la proie de leurs passions; que le temps est venu'* qu'il faut remettre les anciens ordres , et cette relation harmonique qui doit être** entre un commandement légitime et une obéissance raisonnable ; que, pour cet effet , les peuples réclamoient leur justice, oomme le seul asile pour prévenir leur dernière oppression ; qu'une si sainte mission, étant approuvée du Ciel, et suivie des acclama-