Yoyes ci-dessus, p. 401, note
10. Personnes de créance, se mêloient auprès des uns et des autres de Taccord. (i66a-i838.)
• L'édition de 1688 met ici en note : « Ce moyen d'élnder la promesse faite à b RiTière fat troaré par le maréchal de Gramont. 9
APPENDICE AUX MÉMOIRES. 5a3
le Prince en tirera un notable arantage, parce qu'il sera porte, par rhonneur de sa maison et par sa propre grandeur, à prendre hautement la protection du drdinal ' , et la Reine à recourir à lui comme à son seul asile; qu'il réduira les choses, par Timpëtuosité de sa nature, aux dernières extrémités, et que déjà Ton parle quUl rient forcer ayec le régiment des Gardes le palais d*Oriéans, pour mettre à la raison cette troupe de mutins qui environnent sa personne. Ils remontroient à la Riyière, s*il prétend pour son intérêt jeter la division dans la maison royale, et causer une guerre civile ; s'il est raisonnable qu'il se scandalise qu'on donne la préférence à un prince du sang; qu'il deviendra l'objet de sa haine* et de la vengeance de Monsieur le Prince et de toute sa maison ; que le fardeau qu'il impose à son maitre est trop pesant, qu'il s'en lassera bientôt, ou que s'il tombe dans la rupture, que d'autres empiéteront sa faveur ; quant au cardinalat, que le prince de Conti s'en déporteroit, ou que la cour demanderoit deux chapeaux pour la première promotion.
Ces deux émissaires' de la cour trouvèrent dans l'esprit de M. le duc d'Orléans et de la Rivière une grande disposition pour bien concevoir leurs raisons; car le temps avoit fort travaillé pour l'accommodement, et ce ministre étoit déjà persuadé par sa propre crainte que les choses dévoient retourner au même point de concorde qu'elles étoient auparavant, ainsi qu'il arriva ensuite de cet accord. Il sembloit qu'une déclaration concertée entre le conseil du Roi et les députés des cours souveraines assuroit le repos de l'État, et devoit éteindre les moindres étincelles du feu qui l'a voit menacé; mais l'ambition de ceux qui haissoient le gouvernement présent, et qui desiroient des nouveautés, avoit jeté de trop profondes racines dans les esprits pour en demeurer dans les termes de la douceur : ainsi l'on n'omettoit aucun soin ni aucune pratique pour inciter le Parlement et les peuples à sa perte ; on leur représentoit que cette grande journée des Barricades, cette victoire des sujets sur leur souverain, cette diminution de l'autorité royale, les invectives publiques contre le Cardinal ne s'effaceroicnt jamais de sa mémoire ; que sa foiblesse lui en faisoit à présent dissimuler avec prudence les ressentiments, mais qu'ils éclateroient avec d'autant plus de violence ; qu'il est inou! qu'on ait attaqué un ministre si puissant sans le ruiner de fond en comble ; qu'il attendoit des
I. La protectioii de la conr. (i66a-x838.) — L'one des éditioiis de i66a porte : la protection ^ sans oomplàiieiit ; et l'éditioii de 17 17 : ta protection, a. De la haine. (i66a-i838.) 3. Les deux commistaires. (1662-1754.)
5a4 APPENDICE AUX MÉMOIRES.
occasions favorables, une division dans le Parlement, une matadon dans les peuples, la majorité du Roi, bref le bénéfice * du temps, qui ne peut manquer à celui qui dispose absolument de la puissance royale; partant il falloit se prévaloir des conjonctures pr^entes pour se défaire d'un adversaire aussi dangereux ; que M. le duc d^Orléans étoit modéré et trop éclairé des affaires* du monde pour s'opposer à un concours universel; que Monsieur le Prince fera réflexion que le véritable asile des princes du sang, de sa réputation contre la jalousie des favoris, doit être dans la bienveillance ' publique : si bien que tout au plus, pour complaire à la Reine, ils paroitront le défendre, mais avec foiblesse et retenue ; qu'enfin il faut considérer que la déclaration, qui n'a été extorquée que par rimpuissance de la cour, et qui n'aura lieu qu'autant qu'elle durera *j n'est pas une amnistie " sincère dans le cœur de la Reine et du Cardinal, mais une nécessité attendant le moment de se venger*. Ceux qui répandoient ces discours dans le Parlement, et les plus déclarés contre la cour, étoient, après Broussel et Longueil, le président de Novion et Blasmenil, ennemis du Cardinal, à cause de la disgrâce de l'évêque de Beauvais', leur oncle, et pour le refus qu'on avoit fait de la coadjutorerie de cet évécbé à leur cousin; et Viole, offensé du manquement à la parole qu'il avoit eue d'être chancelier de la Reine'; mais le personnage, en ce temps-là, qui, par l'entremise * de ses amis dans le Parlement et de ses émissaires dans le peuple, travailloit avec plus de fruit pour former un parti de leur union, étoit le coadjuteur de Paris. Cet homme, ajrant joint à plusieurs belles qualités naturelles et acquises des déÂiuts que la corruption des esprits fait passer pour vertus*®, étoit entaché*'