Le défaut.... pour vertu. (i66a-i
II. Étoit Uché. (1688-1754.) — Dans l'édition de 1689, cachet ce qui est sans doute une faute d*impression.
APPENDICE AUX MÉMOIRES. 5a5
d*une ambition exlrême, et d'un désir dër^glë d'accroître sa fortune et sa réputation par tonte sorte de voies ' : si bien que la fermeté de son courage et son puissant gënie trouvèrent un triste et malheureux objet, qui fut le trouble de TÉtat et la confusion de la ville capitale dont il ëtoit archevêque. Or, comme il jugeoit que ce parti sans un chef ne pourroit pas subsister, il jeta les jeux sur Monsieur le Prince, qu'il tenta par de si fortes raisons, que Ton a die qu'il en fut persuadé ou qu'il fit semblant de l'être; même qu'il avoit donne sa parole à Broussel et à Longueil de se mettre à leur tête, soit que cette parole ne fut pas véritable, et que le duc de Châtil- Ion , qui négocioit de sa part avec les Frondeurs, l'eût avancée sans ordre par sa propre inclination, ou plutôt que Monsieur le Prince la donna exprès pour les empêcher de s'adresser à M. le duc d'Orléans durant son mécontentement*: tant j a qu'il détrompa ceux qui le soupçonnoient de favoriser ces nouveautés.
Le Coadjuteur, se vojant hors d'espérance d'avoir un chef de cette considération, tourna ses pensées sur ' le prince de Conti, dont la seule naissance a de grandes suites dans le Royaume. Ce prince, qui étoit mal satisfait de n'avoir pas place au Conseil, l'étoit^ encore davantage du peu de cas que Monsieur le Prince faisoit de lui ; mais, comme il étoit possédé entièrement par la duchesse de Longueville, sa sœur, qui étoit piquée de l'indifférence que Monsieur le Prince avoit pour elle, il s'abandonnoit sans réserve à tous ses sentiments''. Cette princesse, qui aura grande part à la suite de ces affaires, avoit tous les avantages de l'esprit et de, la beauté en un si * haut point, et avec tant d'agrément, qu'il sembloit que la nature avoit pris plaisir de former en sa personne un ouvrage parfait et achevé ; mais ces belles qualités étoient moins brillantes à cause d'une tache qui ne s'est jamais vue en une princesse de ce mérite, qui est que, bien loin de donner la loi à ceux qui avoient une particulière adoration pour elle, elle se transformoit si fort dans leurs sentiments, qu'elle ne reconnoissoit plus les siens propres'.
I . Rapprochei du portrait de Rets par U Roch«foacaald, p. no et 1 1 1 .
a. Ce passage de Vineuil, depuis : « Il jeta les yeux sur Monsieur le Prince a, a été encore (voyez p. 5 19, note x) cité faussement par M. Feillett dans l'édition de Retz (tome II, fin de la note a de la page loo), comme étant de la Rochefoucauld.