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APPENDICE AUX MÉMOIRES. 55t
pour receToir le Roi arec le Girdinal, et tëmoigna la même chaleur pour ses intërêts * : peut-être qu'il se piquoit d'achever un ouvrage aussi glorieux que celui de le rétablir, ou qu'il se flattoit vainement qu'un si grand service seroit toujours présent aux yeux de la Reine. Il * attendit que la cour fût de retour à Compiègne, où il reçut plus de démonstrations d'amitié et de confiance que lorsqu'il en partit, soit pour le faire relâcher sur le mariage qui étoil le point fatal de leur division, ou plutôt afin qu'il se portât avec son ardeur aoooutomée pour le retour du Roi à Paris, qui étoit regardé de toiitet les provinces comme le siège de l'empire, fin effet, lorsque Sa Majesté j fit son entrée, avec la Reine et toute la maison royale en un même carrosse, le Gu>dinal étoit à une portière avec Monsieur le Prince qui le rassuroit, par sa présence, de la crainte qu'il pouvoit justement concevoir d'être parmi une foule incroyable de peuple qui avoit tant d'horreur pour sa personne. Mais la joie seule de revoir le Roi occupoit tous les esprits, qui en bannissoit tous les malheurs et les inimitié passées'. Leurs Majestés, arrivées au Palais-Royal, reçurent les soumissions du duc de Beaufort et du Coadjuteur, et Monsieur le Prince acheva une si belle journée en disant à la Reine qu'il s'estimoit très-heureux d'avoir accompli^ la parole qu'il lui avoit donnée de ramener Monsieur le Cardinal a Paris, à quoi Sa Majesté répondit : ff Monsieur*, le service que vous avez rendu à l'État est si grand, que le Roi et moi serions des ingrats s'il nous arrivoit de l'oublier jamais. » Un serviteur de Monsieur le Prince, qui avoit oui ce discoturt, dit qu'il trembloit pour lui de la grandeur de ce service, et qu'il craignoit que ce compliment ne passât un jour pour un reproche. Monsieur le Prince repartit : c Je n'en doute point ; mais j'ai fait ce que j'avois promis. »