‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 62 sur 569 · S^ëtoient rendus maîtres de ce prince. (1617, a · texte numérisé non relu

S^ëtoient rendus maîtres de ce prince. (1617, a

4. Claude de Bourdeille, comte de Montrésor, petit-neveu du célèbre Brantôme, avait gagné la faveur du duc d'Orléans, auprès duquel il remplissait les fonctions de grand veneur. U fut très-mêlé aux intrigues des adversaires de Richelieu, puis de Mazarin. En i653, il fit sa paix avec la cour; il mourut en i663. Retz (tome I, p. a a a) dit qu*il « avoit la mine de Caton, J mais qu'il « n'en avoit pat le jeu. 1 Voyez aussi Mme de MottevilU^ tome I, p. 36o. On a de lui (les Mémoires^ que nous avons déjà cités plus haut.

MÉMOIRES. [i636-i637] «7

que je ne susse rien de leurs desseins , je m'étonnai * que le Cardinal, prévoyant et timide comme il étoit, se ftlt exposé à la merci de ses ennemis , et qu'eux aussi, qui avoient tant d'intérêt à sa perte, eussent laissé échapper une occasion si sûre et si difficile à retrouver*.

Les progrès des Espagnols forent bientôt arrêtés : le Roi reprit 0>rbie ', et la campagne finit plus heureusement qu'elle n'avoit commencé. Il ne me fut pas permis dépasser l'hiver à la cour, et je fus obligé d'aller trouver mon père, qui demeuroit^ dans ses maisons, et dont la disgrâce particulière n'étoit pas finie.

Mme de Chevreuse étoit alors reléguée à Tours, comme j'ai dit. La Reine lui avoit donné bonne opinion de moi : elle souhaita de me voir, et nous firmes bientôt dans une très-grande liaison d'amitié. Cette liaison ne fut pas plus heureuse pour moi qu'elle l'avoit été pour tous ceux qui en avoient eu avec elle' : je me trouvai * entre la Reine et Mme de Chevreuse ; on me permettoit'' d'aller à l'armée, sans me permettre de demeurera la cour, et en allant ou en revenant, j'étois souvent chargé, par l'une et par l'autre, de commissions périlleuses.

La disgrâce de mon père cessa enfin, et je revins avec lui auprès du Roi, dans le temps qu'on accusoit la Reine d'avoir une intelligence avec le marquis de Mi-

I. Et partit arec pr^ipitation. Je mVtonnai. (1817, a6, 38.) a. Voyez lerëcit de Retz, tome I, p. 140-142, et Bortout celui de Montrësor, p. 396-298.

3. La place fut remise au comte de Soissons, le 14 norembre l636, après quiuze jours de siëge. Voyez les Mémoires de la Force, tome III, p. i8i-i85. Le Roi avait quitté Tarmëe à la fin d'octobre.

Page 1