Que j'allais me battre en duel
tnmé d'en avoir*. Elle me renvoya de la frontière*, par un de mes gens, pour deux cent mille écus de pierreries, me priant de les recevoir en don si elle mouroit, ou de les lui rendre si elle me les envoyoit demander*. Le lendemain que Mme de Chevreuse fut partie, un courrier de Monsieur son mari^ arriva a Tours, pour lui confirmer ce que je lui avois mandé de raccommodement de la Reine ; il étoit même chargé pour elle de quelques compliments de la part du Cardinal. Cet homme, étonné de ne la point trouver, s'adressa à Tarchevéque de Tours, et lui dit qu'on se prendroit à lui de cette fuite. Ce bon homme, épouvanté de ces menaces, et affligé de l'absence de Mme de Chevreuse, dit tout ce qu'il sa voit au courrier, et l'informa du chemin qu'elle devoit tenir; il dépécha encore d'autres gens après elle, et lui écrivit tout ce qu'il crut capable de la faire revenir; mais ce voyage, qui avoit été entrepris par une fausse alarme, fut continué par la perte de cette route dont j'ai parlé ; son malheur et le mien lui firent quitter le chemin où on l'auroit sans doute retrouvée, et lui fit prendre celui de Yerteuil, pour me
I. Tallemant des R(^aux, tome I, p. 4o5, rapporte les détails les plus singuliers. Mme de Chevreuse avait alors trente-sept ans, ëtant D^ presque avec le siècle, en décembre 1600.
9. De la frontière d'Espagne. (1817, a6 , 38.) — Voyez dans V. Cousin, Madame de Chevreuse {Appendice ^ p. 43^-439)» V Extrait de Fin formation.,., de la sortie de Mme de Chevreuse hors de France.
3. Voyez, dans le tome I, la note 4 de la page agS, rt, plus loin, parmi les Lettres^ une de notre auteur, en date de septembre i638, adressée à M. de Liancourt.
4. Voyez ci-dessus, p. 4i note 3. — Leduc de Chevreuse envoya à Tours, avec autorisation du Cardinal, Boispille ou Boispillé, Tintendant de la maison de Chevreuse, porter à la duchesse une abolition pleine et entière du passé. D arriva, non pas le lendemain de son départ, mais neuf jours après. Voyez V. Cousin, à V Appendice de Madame de Chepreuse^ p. 4>8.
charger si à contre-temps de son passage en Espagne. Cette fuite ^, si surprenante dans un temps où les affaires de la Reine s^étoient terminées avec beaucoup de douceur, renouvela les soupçons du Roi et du Cardinal, et ils crurent, avec apparence, que Mme de Chevreuse n'auroit pas pris un parti si extraordinaire, si la Reine ne Favoit jugé nécessaire pour leur commune sûreté. Elle, de son côté, ne pouvoit deviner la cause de cette retraite, et plus on la pressoit d'en dire les raisons, et plus elle craignoit que le raccommodement ne fût pas sincère, et qu'on n'eût voulu s'assurer de Mme de Chevreuse pour découvrir par sa déposition ce qu'on n'avoit pu apprendre par la sienne. Cependant on dépécha le président Vignier' pour informer de la fuite de Mme de Chevreuse : il alla à Tours, et suivit la route qu'elle a voit tenue, et vint à Verteuil, où j'étois, interi'oger mes domestiques et moi sur ce qu'on prétendoit que j'avois enlevé Mme de Chevreuse, et que je l'avois fait conduire dans un royaume ennemi. Je répondis, conformément à la vérité, que je n'avois point vu Mme de Qievreuse, que je n'étois point responsable d'un dessein qu'elle avoit pris sans ma participation, et que je n'avois pas dû refuser à une personne de cette qualité et de mes amies * des gens et des chevaux qu'elle m'avoit envoyé demander; mais toutes mes raisons ne m'empêchèrent pas de recevoir * un ordre d'aller à Paris, pour rendre