Voyez plus liaut, p. 37 et a
5. Au commencement de i638, la ducbesse s'était rendue d*£lspagne en Angleterre; en mai 1640, elle était passée dans les Pays-Bas et sVtait établie à Bruxelles. Voyez, sur les intrigues qu'elle ne cessa d'entretenir de loin, V. Cousin, Madame de Cke* vreuse^ chapitre iv.
5!i MÉMOIRES. [1643]
autre côté, le pardon qu'il venoit d'accorder à Monsieur pour le traité d'Espagne * et Faversion naturelle qu'il avoit toujours eue pour ce prince le tenoient dans une irrésolution qu'il n'auroit peut-être pas surmontée, si les conditions de la déclaration* que le cardinal de Mazarin et M. de Qiavigny lui proposèrent ne lui eussent fourni l'expédient qu'il desiroit pour restreindre la puissance de la Reine et la rendre dépendante d'un conseil nécessaire.
Ce conseil devoit être composé de Monsieur, de Monsieur le Prince *, du cardinal Mazarin, du Chancelier, de M. des Noyers et de M. de Chavigny, et la déclaration portoit que la Reine ne pourroit rien résoudre sans leur avis^. Cependant le cardinal Mazarin et M. de Chavigny cachoient soigneusement ce projet à la Reine; mais l'ayant communiqué à M. des Noyers, il s'y opposa, et leur fit trop connoitre qu'il ne pouvoit jamais y consentir. Cette sincérité causa sa perte bientôt après : ils ne doutèrent point qu'il ne voulût s'établir, à leurs dépens, auprès de la Reine, et qu'il ne lui rendît compte de ce qu'ils lui a voient ' proposé ; ils résolurent de l'éloigner des affaires, de peur qu'il ne se mit en état de les en éloigner eux-mêmes, quand la Reine seroit régente. M. des Noyers apprit à la Reine, comme ils l'avoient