Pleine d'agitations. (1817, s
5. « Etiam mortuus imperat^ puisqu'on suit encore ses ordres et ses conseils, » dit Guy Patin {Lettres^ tome I, p. 98). — « Après la
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avantages qu*il leur avoit procurés, et le Roi, qui le haïssoit, n'osoit cesser de suivre ses volontés. Il consentit que ce ministre disposât par son testament des principales charges et des plus importantes places du Royaume , et qu'il établit le cardinal Mazarin chef du conseil et premier ministre ^ .
Cependant la santé du Roi diminuoit tous les jours; on prévoyoit de grandes persécutions contre ïes parents et les créatures du cardinal de Richelieu, soit que la Reine eût seule la régence', ou que Monsieur la partageât avec elle. Le cardinal Mazarin, M. de Chavigny et M. des Noyers avoient alors toute la part aux affaires, et 86 trouvoient, par cette raison, exposés dans un changement. M. des Noyers avoit pensé le premier à se garan-
mort du Cardinal, dit la Châtre (p. 176), toute ]a France s'attendoit à voir un changement entier dans les afTaires; car, comme ce ministre ne subsistoit auprès du Roi que par la terreur, on crut que cette raison étant finie avec lui, la haine de Sa Majesté éclateroit sur tout ce qui resteroit de sa famille et de sa cabale. Mais ces espérances.... ne durèrent pas longtemps, et on vit.... avec étonnement.... ses dernières volontés suivies. »
I. On sait quels furent les commencements de Mazarin. Né le 14 juillet i6oa, à Piscina, dans les Abruzzes, il se fit recevoir docteur en droit, et fut d^abord, par occasion (i6a4), capitaine d'infanterie, puis secrétaire de légation du saint-siége. Attaché ensuite à Sacchetti, nonce à Milan, il entre définitivement, à 1 âge de vingt-six ans, dans la carrière diplomatique. En 1699, il est attaché à cette même légation pontificale dans la haute Italie ; il se voit alors à même de donner, dans les plus sérieuses négociations, des preuves de son habileté et de sa prudence. Le ag janvier ]63o a lieu sa première entrevue avec Richelieu, dont il gagne l'esprit et qui devine son mérite. En i63a, il est vice-légat à Avignon; en i634y nonce extraordinaire en France; en i636, il quitte le service du Pape pour se donner à Richelieu. Naturalisé Français (avril 1639), il est envoyé à Chambérj comme ambassadeur extraordinaire, et, deux ans après, il reçoit le chapeau de cardinal; il avait alors trenteneuf ans. Voyez ia Jeunesse de Mazarin de Y. Cousin.
3. Dans notre manuscrit D, par erreur sans doute : « eût la seule régence ».
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tir, et il avolt donné des espérances à la Reine de disposer le Roi, par le moyen de son confesseur*, à Tétablir régente. Le cardinal Mazarin et M. de Cbavigny, qui avoient pris d'autres mesures pour plaire au Roi, et dans la vue qu'il pourroit guérir, lui avoient proposé de donner une déclaration qui établit un conseil nécessaire à la Reine pour borner l'autorité de sa régence et exclure ' des affaires toutes les personnes suspectes. Bien que cette proposition parût contraire aux intérêts de la Reine , et qu'elle fût faite sans sa participation, néanmoins le Roi ne pouvoit y consentir : il ne pouvoit se résoudre à la déclarer régente, et moins encore à partager l'autorité entre elle et Monsieur. Il l'avoit toujours soupçonnée d'a,voir une liaison * avec les Espagnols ^, et il ne doutoit pas qu'elle ne fût encore fomentée par Mme de Chevreuse, qui étoit passée alors d'Angleterre à Bruxelles *. D*un
I. Jacques Sirmond, sarant jésuite, qui mourat en xf)5i, âgé de qnatre-Tingt-douze ans. Le P. Rapin dit dans ses Mémoires (tomel, p. a3o) que son » autorité étoit d*un poids considérable dans l'Église. • U a^ait été nommé confesseur du Roi en i63y. Colomièf, qui a écrit sa vie, imprimée dans la Bibliothèque choisie (lySi), rapporte (p. 3 1 3) que c le Roi étant tombé malade, M. de Nojert et Monsieur de Beauvais, voyant que son mal augmentoit, portèrent le P. Sirmond à proposer à Sa Majesté la corégence pour Monsieur, son frère, avec la Reine; mais cette proposition déplut si fort au Roi, qu'après Ta voir aigrement rebutée, et en avoir même dit quelque cliose à la Reine, il ne voulut plus entendre son confesseur, et Payant fait renvoyer sous un autre prétexte, prit en sa place le P. Dinet (le ao mars i643). » Voyez ci-après, p. 53 et 54*
a. Et pour exclure. (1817, a6, 38.)