‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 86 sur 569 · De ce qu'ils avoient. (1817, a · texte numérisé non relu

De ce qu'ils avoient. (1817, a

MÉMOIRES. [i643] S3

prévu, le dessein de la déclaration, et ce qui se fiiisoit contre son service '. Elle en fut vivement touchée; elle s*en plaignit à ses serviteurs particuliers, comme d*mi outrage qu'elle ne pouvoit jamais pardonner; et ce fat lui faire sa cour que de n'aller plus chez le cardinal Mazarin et chez M. de Chavigny. y

Les choses étoient en ces termes lorsque M. des Noyers, qui croyoit les avoir ruinés auprès de la Reine, se trouva ruiné lui-même auprès du Roi. Ces deux ministres lui persuadèrent que M. des Noyers prenoit des mesures avec la Reine, et qu'il n'étoit contraire à la déclaration que pour se rendre maître de son esprit, quand toute l'autorité seroit entre ses mains; ils lui firent remarquer aussi ^ que le confesseur', créature de M. des Noyers, agissoit en toutes choses de concert avec lui, et appuyoit les intérêts de la Reine. G^s apparences firent toute l'impression qu'ils desiroient sur l'esprit du Roi, naturellement soupçonneux, et affoibli encore par la longueur et par l'extrémité de sa maladie :

I. MoDtglat raconte dans ses Mémoires (tome I, p. 4oa et snirantes) que de Noyers, après la mort de Richelieu, réussit à soutenir quelque temps sa fortune en venant le soir s'enfermer avec Louis XIII pour lire le bréviaire. U est vrai qu'en même temps il se ménageait des entrées de faveur chez la Reine, à laquelle il fit part, comme le rapporte la Rochefoucauld, du fameux projet de déclaration. Le Roi sut la chose, et tança vertement c le petit bonhomme, » comme il l'appelait. Celui-ci donna de dépit sa d^ mission à Louis XIII ; elle fut acceptée. De Nojers mourut quelque temps après (1645), dans sa maison de Dangu, inconsolable, diton, de s'être, dans un moment d'humeur, retiré si vite des affaires, et contrit principalement de n'avoir pas su deviner quel avenir était réservé au tignor MatarinL — Sur les menées de Mazarin et de Chavigny, d'une part, et de de Noyers, de l'autre, après la mort da cardinal de Richelieu, voyez les Mémoires de la Châtre^ p. 177 et niivantes.

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