‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 9 sur 569 · Ibidem^ p. 189-S · texte numérisé non relu

Ibidem^ p. 189-S

xvi MEMOIRES.

une lacune de cinquante pages environ, correspondant à notre section v (p. 291-340) ; cette lacune ne fut comblée que dans une édition très-postérieure, celle de 1689 (voyez ci-après, p. XXI et suivantes, et la note i de la page 291). La seconde partie correspond, avec des différences considérables dans l'ordre des choses et dans le style, à la sixième et dernière section de notre texte (p. 34i-4^k)-

A ces parties fondamentales étaient jointes dans l'édition de i66a les parties supplémentaires qui suivent :

lo ce Apologie ou défense de M. le duc de Beaufort contre la cour, la noblesse et le peuple*.» On verra (ci-après, p. xx et note i] ce que c'était que ce morceau.

ao « Mémoires de M. de la ChÂtre, sur ce qui s'est passé à la fin de la vie de Louis XIII et au commencement de la Régence*. »

3« « Lettre écrite {par M, de la Châtré) à M. de Brienne, dont il est parlé dans la Relation ' . »

4® « Articles et conditions dont S. A. R. {le duc d Orléans) et Monsieur le Prince sont convenus pour l'expulsion du cardinal Mazarin, en conséquence des déclarations du Roi et des arrêts des parlements de France *. » Cette pièce, datée du a 4 janvier i652, est inscrite dans la Bibliographie des Mazarinadesy de M. C. Moreau (tome I, p. i34), sous le n"* 4^4.

5^ <c Lettre de M. le cardinal Mazarin à M. de Brienne '. »

Le désaveu de la Rochefoucauld était un désaveu fondé, s'il en fut. Sur a 56 pages dont se composait, en dehors des pièces annexées, l'imprimé de i66a, plus de la moitié n'était pas de lui, et le reste était à ce point défiguré que l'auteur pouvait, de plein droit, prononcer le mot de falsification. Toutefois, si le désaveu était fondé, il n'était pas sincère dans le sens absolu du mot. La Rochefoucauld, en cette circonstance délicate, semble avoir mérité accidentellement ce surnom iro-

I. Voyez p. 257-376 de Pédition de 16621. a. Ibidem^ p. 277-884. — Sur la Châtre, voyez ci-après, p. 87 et note 3 .

3. Ibidem, p. 385 et 386. ^ 4. Ibidem, p. 387-393. 5. Ibidem, p. 394-'4oo*

NOTICE. xvii

nique de la Franchise * , que la malveillance de ses adversaires politiques lui avait donne dans la Fronde. En effet, quand il déclare, en se référant au témoignage^ de quelques amis, que ses Mémoires^ écrits par lui, « pour lui seul, » diffèrent essentiellement de ceux que Ton fait courir sous son nom, il dit l'exacte vérité ; quand il ajoute qu'en ce qui regarde Monsieur le Prince, « il n'y a rien.... qui ne soit comme il doit être, » sa conscience d'homme et d'auteur n'a encore nul reproche à lui faire. Où paraît la subtilité, c'est dans la petite phrase détachée qui concerne Mme de Longueville. Rien qu'à voir la place et les termes de cette rapide et unique phrase, qui semble vouloir se dérober entre les deux paragraphes où est contenue toute la substance du désaveu, on sent avec quel soin la Rochefoucauld a dû peser et disposer les termes de cette protestation, qu'il affecte néanmoins d*avoir jetée là au courant de la plume. Lorsqu'il se défend, une première fois, d'avoir mal parlé du prince de Condé, il fait manifestement aUusion au récit de la Guerre de Paris^ qui n'est pas de lui, en effet, et où Mme de Longueville n'est pas mieux traitée que son frère. Or voyez l'artifice. Après une phrase de transition, où se montre le ton cavalier du grand seigneur qui décline d'avance toute réplique, la Rochefoucauld se hâte de comprendre vaguement la duchesse sous le couvert de ce premier démenti relatif à Condé. Touchant la seconde partie des Mémoires^ au contraire, celle qui n'était que défigurée, et où la réputation de Mme de Longueville, justement dans la partie le moins altérée, recevait la plus grave atteinte, il se garde bien de rien dire qui concerne particulièrement la duchesse : il se borne à une courte explicatidta sur la part attribuée à Moiisieur le Prince dans le massacre et l'incendie de l'Hôtel de Ville, et là, si l'on veut bien remarquer les termes dont il se sert, la Rochefoucauld ne conteste plus la conformité de sa pensée avec les expressions qu'on lui a prêtées : il s'applique seulement à en commenter le sens^.

Ainsi le désaveu, très-vrai matériellement, n'avait aucune

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