‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 5)Chapitre 114 sur 364 · I. Voyez la maxime · texte numérisé non relu

I. Voyez la maxime

a. L'édition de i665 ajoute : mal à propos,

3. Vaa. : .... plus puissants que nous; l'intérêt seul produit notre

eux pour le bien que nous leur voulons faire, mais pour celui que nous en voulons recevoir, (éd. i*.)

Notre défiance justifie la tromperie d'autrui*. (bd. 2.)

amitié, et dous ne nous donnons pas.. .. (i665) — .... c'est l'intérêt seul qui produit notre amitié, et nous ne leur promettons pas selon ce que nous leur Toulons donner^ mais selon ce que nous voulons qu^Us nous donnent, {Manuscrit,) —Pascal (IIl* Discours sur la condition des grands y édition Havet, tome II, p. 355) : a Qu'est-ce, à votre avis, que d'être grand seigneur? C'est être maître de plusieurs objets delà concupiscence des hommes, et ainsi pouvoir satisfaire aux besoins et aux désirs de plusieurs. Ce sont ces besoins et ces désirs qui les attirent auprès de TOUS, et qui font qu'ils se soumettent à vous; sans cela, ils ne vons regarderoient pas seulement. Mais ils espèrent, par ces services et ces déférences qu'ils vous rendent , obtenir de vous quelque part de ces biens qu'ils désirent et dont ils voient que vous disposez. » »-> La pensée de la Rochefoucauld parait commune à Vauvenargaes (p. 84}* — La Bruyère dit plus généreusement [du Cœur^ vfi 58 , tome I , p. S09) : a II faut briguer la faveur de ceux à qui l'on veut du bien, plutôt que de ceux de qui l'on espère du bien. » — Mme de Sablé (maxime 3 a) : c II y a une certaine médiocrité difficile k trouver avec ceux qui sont au-dessus de nous, pour prendre la liberté qui sert à leurs plaisirs et k leurs divertissements, sans blesser l'honneur et le respect qu'on leur doit. » — Dans une autre maxime (44)9 ^1^^ semble admettre que nous avons le droit de compter sur le bien que nos amis peuvent nous faire : c Encore que nous ne devions pas aimer nos amis pour le bien qu'ils nous font, c'est une marque qu'ils ne nous aiment guère, s'ils ne nous en font point quand ils en ont le pouvoir. 1 — Voyez ci-après les maximes aa3, 147 et 298.

I. Yauvenargues (p. 81) : t L'expérience justifie notre défiance; mais rien ne peut justifier la tromperie. » — Sénèque (épitre m) : Multi fallere doeuerunt ^ dum timent falli, et aliis jus peceandi suspi» cando fecerunt. c Plus d'un, en craignant qu'on ne le trompe, enseigne aux autres & le tromper, et par ses soupçons autorise le mal qu'on lui fait. » — Charron (de la Sagesse, livre II, chapitre x ) : t II se faut bien garder de faire démonstration aulcime de deffiance, quand bien elle y seroit et justement, car c'est desplaire, voire offenser, et donner occasion de nous estre contraire, t —Voyez la maxime 84*

Les hommes ne vivroient pas longtemps en société, s'ils n'étoient les dupes les uns des autres S (éd. 5.)

Lxxxvm

L'amour-propre nous augmente ou nous diminue les bonnes qualités de nos amis à proportion de la satisfaction que nous avons d'eux ; et nous jugeons de leur mérite par la manière dont ils vivent avec nous '. (kd. i^.)

I . Pascal {Pensées^ article II, 8) : c La yie humaine n'est qu'une illusion perpétuelle : on ne fait que s'entre-tromper et s*entre-flatter.... L'union qui est entre les hommes n'est fondée que sur cette mutuelle tromperie. » -^ Vauvenargues (^maxime 5s a, OEuvres ^ p. 448) : ■ Les hommes semblent être nés pour faire des dupes, et l'être d'eux-mêmes; » et {maxime 921, p. 49i):*^i 1^ hommes ne se flattoient pas les uns les autres, il n'y auroit guère de société. 1

9. Cette pensée est le résumé de la longue réflexion, assez confase, et çà et \k peu claire par le rapport douteux des pronoms, que donnait la i^ édition (i665), sous le n» loi : c Comme si ce n'étoit pas assez à l'amour-propre d'ayoir la vertu de se transformer lui-même, il a encore celle de transformer les objets, ce qo'il fait d'une manière fort étonnante ; car non-seulement il les dégoise si bien qu'il y est lui-même trompé, mais il change aussi l'état et ia nature des choses (Manuscrit .' c .... si bien qu'il y est lui-même abusé ^ mais soudainement il change Tétat et la nature des choses h). En effet , lorsqu'une personne nous est contraire, et qu'elle tourne sa haine et sa persécution contre nous, c'est avec toute la sévérité de la justice que l'amour-propre juge ses actions; il donne à ses défauts une étendue qui les rend énormes, et il met ses bonnes qualités dans on jour si désavantageux, qu'elles deviennent plus dégoûtantes que ses défauts. Cependant, dès que cette même personne nous devient fiivorable, ou que quelqu'un de nos intérêts la réconcilie avec nous, notre seule satisfaction rend aussitôt à son mérite le lustre que notre aversion venoit de lui 6ter. Les mauvaises qualités s'effacenty et les bonnes paroissent avec plus d'avantage qu'auparavant

Tout le inonde se plaint de sa mémoire , et personne ne se plaint de son jugement *. (éd. 2*.)

Nous plaisons plus souvent dans le commerce de la vie par nos défauts que par nos bonnes qualités '.

(Manuscrit : a le lustre que notre ayersion yenoit <t effacer. Tous ses avantages en reçoivent un fort grand du biais dont nous les regardons ; toutes ses mauyaises qualités disparoissent ») \ nous rappelons même toute notre indulgence pour la forcer à justifier la guerre qu^elle nous a faite. Quoique toutes les passions montrent cette yérité, Tamour la fait yoir plus clairement que les autres ; car nous yoyons un amoureux, agité de la rage où Ta mis l'oubli ou Tinfidélité de ce qu'il aime, méditer pour sa yengeance tout ce que cette passion inspire de plus yiolent. Néanmoins, aussitôt que sa yue a calmé la fureur de ses mouyements, son rayissement rend cette beauté innocente; il n'accuse plus que lui-même; il condamne ses condamnations, et par cette yertu miraculeuse de l'amour-propre, il ôte la noirceur aux mauyaises actions de sa maîtresse, et en sépare le crime, pour s'en charger lui-même {Manuscrit : c le crime, pour en charger ses soupçons »). » — Voyez les maximes 4^S, 563, et la 10* des jté» flexions diverses,

I. Le manuscrit ajoute : c parce que tout le monde croit en avoir beaucoup, » — La Bruyère a dit de même {de t Homme, n9 67) : c L'on se plaint de son peu de mémoire , content d'ailleurs de son grand sens et de son bon jugement. » — Cette pensée est commune^ selon Vauvenargues (p. 84) •

s. La Rochefoucauld pensait sans doute au duc de Beaufort, dont il dit dans ses Mémoires : c Nul que lui, ayec si peu de qualités aimables, n*a jamais été si généralement aimé.... a — Voyez les notes des maximes 56 et lag. — Vauyenargues {maxime iy6, OEuvres, p. Sga) : c On peut aimer de tout son cœur ceux en qui on reconnoit de grands défauts : il y auroit de l'impertinence k croire que la perfection a seule le droit de nous plaire.... i — Voyez ci-après les maximes i55, aSi, 973, 354 ^ 4^8.

xa

La plus grande ambition n*en a pas la moindre apparence, lorsqu'elle se rencontre dans une impossibilité absolue d'arriver où elle aspire, (éd. 2.)

xcn

Détromper un homme préoccupé de son mérite est lui rendre un aussi mauvais office que celui * que Ton rendit à ce fou d'Athènes ' qui croyoit que tous les vaisseaux qui arrivoient dans le port étoient à lui*, (éd. 2*.)

xaii

Les vieillards aiment à donner de bons préceptes, pour se consoler de n'être plus en état de donner de mauvais exemples ^. (éd. i.)

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