Var. : que /'on attribue
5. Yab. : Le jugement n'est autre chose que la grandeur de la lumière de l'esprit -, son étendue est la mesure de sa lumière; sa profondeur est celle qui pénètre le fond des choses ; son discernement les compare et Us distingue; sa justesse ne voit que ce qu'il faut voir; sa droiture les prend toujours par le bon biais ; sa délicatesse aperçoit celles qui pa<» roiuent imperceptibles, et le jugement décide ce que les choses sont. Si on Vexamine bien, on trouvera que toutes ces qualités ne sont autre chose que la grandeur de C esprit y lequel, vojrant tout, rencontre dans la pléni» tude de ses lumières tous les avantages dont nous venons de parler, (i665.) — L'auteur a beaucoup retouché cette maxime, mais il n'a pu l'amener à ce point de précision qu'on admire dans beaucoup d'autres. La Harpe (tome VII, p. 369) y relève le défaut de justesse et de clarté; et déjà l'annotateur contemporain ayait établi qu'il faut distinguer entre l'esprit et le jugement, au moins quant à leurs effets, attendu que le jugement est la force de P esprit, et que l'esprit est la délicatesse du jugement, — La Rochefoucauld lui-même , dans deux maximes contradictoires à celle-ci (a 58 et 456), admet une distinction entre les deux termes. — Quoi qu'il en soit, Vauvenargues pense conune la Rochefoucauld, qu' c on ne peut avoir beaucoup de raison et peu d'etprit » (maxime 609, OEuvres^ p. 458).
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Chacun dit du bien de son cœur ^ , et personne n'en ose dire de son esprit*, (^d. i.)
La politesse de l'esprit consiste à penser des choses honnêtes et délicates*, {io. i^.)
La galanterie de Tesprit est de dire des choses flatteuses d*une manière agréable *. (éd. i*.)
I. Saint-Évremond (Maxime ^ qu'on ne doit jamais manquer à ses amis, OEuvres mêlées^ p. aSS, Barbin, 1689) : c Chacun yante son cœur; c'est une vanité ^a mode, t
3. La Bruyère (de CHomme ^ n* 84) : c Les hommes comptent presque pour rien toutes les vertus du cœur, et idolâtrent les talents du corps et de l'esprit; celui qui dit froidement de soi, et sans croire blesser la modestie, qu'il est bon, qu'il est constant, fidèle, sincère, équitable, reconnoissant, n'ose dire qu'il est vif, qu'il a les dents belles et la peau douce : cela est trop fort. > — Duclos (tome I, p. ao4y Considérations sur Us mœurs de ce siècle^ chapitre xi) : c On est étonné qu'il soit permis de faire l'éloge de son cœur, et qu'il soit révoltant de louer son esprit. » — Aimé-Martin, qui, dans son Exa^ men des Maximes, a presque toujours tort contre la Rochefoucauld, dit avec raison cette fois (p. 58) : c L'auteur s*est plu & la contredire (jcette maxime) dans le portrait qu'il a tracé de lui-même : J^ai de r esprit , dit-il , p écris bien en prose , je fais bien en yers, et je suis peu sensible à la pitié. On ne peut dire plus de bien de son esprit, ni médire plus franchement de son cœur, j»
3. Var. : La politesse de l'esprit est un tour 'par lequel il pense toujours des choses honnêtes et délicates. (i665.) — Honnêtes, c'est-
.* à-dire, selon la langue du temps, de bon goût, — Voyez la i6« des * Réflexions diverses,
4. Var. : La galanterie de l'esprit est un tour de P esprit par lequel
n arrive souvent que des choses se présentent plus achevées à notre esprit qu'il ne les pourroit faire avec beaucoup d'art*, (éd. i*.)
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L'esprit est toujours la dupe du cœur *. (éd. i.)
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Tous ceux qui connoissent leur esprit ne connoissent pas leur cœur*, (éd. i*.)
il entre dans les choses les plus flatteuses, c'est-à-dire celles qui sont U plia capables de plaire aux autres, (i665.) — La Bruyère \de la So» ciété^ no 3i, tome I, p. lag] : c H me semble que l'esprit de politesse est une certaine attention à faire que par nos paroles et par net manières les autres soient contents de nous et d'eux-mêmes. >
I. Vab. i h y a des jolies choses (i665 C : de jolies choses) <pte r esprit ne cherche point, et qu^il trouve toutes achevées (voyez le Lexique , au mot Tout) en lui-même ; il semble qu^ elles y soient cochêeSf comme Por et les diamants dans le sein de la terre, (i665.) — Voyez la maxime 404 •
3. Pascal {Pensées y article XXIY, 5) : c Le cœur a ses raisons, qne la raison ne connoit point. 9 — Vauvenargues {maxime 114» Œuvres^ p. 385) : < La raison ne connoit pas les intérêts du cœur. » — Dnclos (tome I, p. m, Considérations sur les mœurs de ce siècle ^ chapitre r?) : c On pourroit dire que le cœur a des idées qui lui sont propres. 9 — c U faut avouer, dit le P. Bouhours {Manière de bien penser^ i« édition, p. 89 et 90), que le cœur et l'esprit sont bien à la mode : on ne parle d'autre chose dans les belles conversations.... Voiture est peut-être le premier qui a opposé l'un à l'autre.... L'auteur des Réflexions morales renchérit bien sur Voiture, en disant que r esprit est toujours la dupe du cœur. 1 •— Voyez les maximes 43, io3 et 108. — Voyez aussi dans ce volume, à \ Appendice^ les Pensées de Mme de Schomberg sur les Maximes.
3. Vaa. : Bien des gens connoissent leur esprit, qui ne connoifl-
Les hommes et les affaires ont leur point de perspective : il y en a* qu'il faut voir de près, pour en bien juger ; et d'autres * dont on ne juge ' jamais si bien que quand on en est éloigné, (éd. i*.)
Celui-là n'est pas raisonnable à qui le hasard fait trouver la raison, mais celui qui la connoit, qui la discerne et qui la goûte ^. (éd. i.)
Pour bien savoir les choses, il en faut savoir le détail^ et comme il est presque infini , nos connoissances sont toujours superficielles et imparfaites *. (éd. i*.)
sent pas leur cœur. (i665.) -^ On peut connoitre son esprit; mais qui peut connoitre son cœur? (McuiutcrU,) — Cette pensée revient évidemment à la précédente.
I. Var. : Toutes les grandes choses ont leur point de perspective, comme les statues : il y en a.... (i665.) — Les affaires et Us actions des grands hommes^ comme les statues^ ont leur point de perspective : il y en a.... {Manuscrit,)