‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 5)Chapitre 139 sur 364 · CCXXVIII · texte numérisé non relu

CCXXVIII

L'orgueil* ne veut pas devoir, et l'amour-propre ne veut pas payer*, (éd. i*.)

I • Vab. : On est souvent reconno'usant par principe tt ingratitude, {Mamuserit.) — L^annoUteur contemporain fait remarquer la délicateiae de la pensée définitive de Tanteur.

3. Nous suivons le texte de l'Appendice publié, en 1678, postérieurement à la 5^ édition, pour compléter la 4" (167$) : voyez la Notice bibliographique. La 5^ n*a pas et devant Ils croient,

3. Vab. : avoir raison, quand la fortune les soutient. {Manuscrit,) — • c La fortune, qui a un bandeau, dit Tannotateur contemporain, en met un sur toutes les actions de Tbomme qui est en fortune. »

4. Vab. : Ce qui fait encore le mécompte dans les bienfaits ^ c^est que Torgueil... . {Manuscrit,) Cette première forme indique assez que cette pensée revient à la aa5<>.

5. Tacite (i^Mtoirej, livre IV, chapitre m): Gratta oneri,,,, habetur, c La reconnoissance est regardée comme un fardeau. 1 — Vauvenargues répond à la Rochefoucauld (p. 8a) : c L'orgueil n'est qu'un effet de l'amour-propre, et, par conséquent, c'est l'amour-propre qui ne vent pas devoir, comme c'est lui qui ne veut pas payer. Comment est-il échappé à l'auteur des Maximes de distinguer V orgueil de Vamour~ propre, lui qui rapporte à ce dernier toutes nos vertus? » — Vauvenargues oublie que la Rochefoucauld prend le mot amour-propre en divers sens, et qu'il l'emploie ici pour intérêt ou égoisme.

iM RÉFLEXIONS OU SENTENCES

Le bien que nous avons reçu de quelqu'un veut que nous respections le mal qu'il nous fait^. (éd. i*.)

Rien n'est si contagieux que l'exemple, et nous ne faisons jamais de grands biens ni de grands maux qui n'en produisent de semblables '. Nous imitons les bonnes actions par émulation, et les mauvaises par la malignité de notre nature, que la honte retenoit prisonnière, et que l'exemple met en liberté*, (kd. i*,)

I. Yar. : Le bien gu'on nous a fait veut que nous respections le mal que F on nous fait après. (i665.) — Le bien que nous avons reçu veut que nous respections le mal qu*oit nous fait. (1666, 1671 et 1675.) — Le mot respecter parait aller au delà de l'intention de Fauteur; passe encore pour pardonner. — U y a, au fond, un certain rapport entre cette pensée et les maximes 96 et 317.

%. Vab. : ni de grands maux qui ne produisent infailRblement leurs .pareils. (Manuscrit et x665.) -^ Sénèque {de TranquiUUate animi^ chapitre vu) : Serpunt..,, çitiaf et in proximum quemque transiRunt, et contacta nocent. c Les vices sUnsinuent, se communiquent de proche en proche, et leur contact corrompt. 1 — Sénèque dit encore (de Vita beat a f chapitre i) : Nemo sîbi tantum errât; sedalii erroris causa et auctor est. c L*homme ne s'égare pas seulement pour lui-même; il est cause et auteur d'égarement pour autrui. 1

3. Vab. : V imitation des biens vient de V émulation; et des maux, de t excès de la malignité naturelle, qui éteint comme retenue prisonnière par la honte^ est mise en liberté par Cexemple. (Manuscrit.) — Nous imitons les bonnes actions par Témulation, et les mauvaises par la malignité de notre nature, qui étant retenue en prison par la honte, est mise en liberté par l'exemple. (i665.) — Sénèque (épitre cxxiii): Inter causas malorum nostrorum est quod vivimus ad exempla^ née ratione eomponimur, sed consuetudine abditeimur. c Une des causes de nos désordres, c'est que nous vivons à l'exemple d'autrui ; ce n'est pas la raison qui nous gouverne, c'est la coutume qui nous entrauxe. s— - PAscal affirme, an contraire (Pensées, article VIIl, a), que c l'exemple ne nous instruit point. • — Voyex la 7* des Réflexions diverses.

ET MAXIMES MORALES. ia3

C'est une grande folie de vouloir* être sage tout seul'*

Quelque prétexte que nous donnions à nos afflictions, ce n'est souvent que l'intérêt et la vanité qui les causent*.

ccxxxm

Il y a dans les afflictions diverses sortes d'hypocrisie ; dans l'une, sous prétexte* de pleurer la perte d'une personne qui nous est chère, nous nous pleurons nousmêmes; nous regrettons la bonne opinion qu'elle avoit de nous; nous pleurons la diminution' de notre bien, de notre plaisir, de notre considération. Ainsi les morts* ont rhonneur des larmes qui ne coulent que pour les

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