‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 5)Chapitre 152 sur 364 · Voyez les maximes an et · texte numérisé non relu

Voyez les maximes an et

4* Va&. : V humeur ^ comme la plupart des bâtiments, a des faces f «i ne sont pas les mêmes, (JdanuscrU,)

ET MAXIMES MORALES. i5k

rftme, comme Tambition en est ractivité et Tardem*'»

(ÉD. I*

ISons aimons toujours ceux qui nous admirent , et nous n'aimons pas toujours ceux que nous admirons *,

Il s'en faut bien que nous ne ' connoissions toutes nos volontés *. (ÉD. 2*.)

Il est difficile d'aimer ceux que ' nous n'estimons point ;

I. Var. : La modération, dans la plupart des hommes , n*a gardé de combaUre et de soumettreVBmhitioD^puisqu'elles ne se peuvent trou» ver ensemble, la modération n étant d'ordinaire quune paresse, une langueur, et un manque de courage : de manière qu* on peut justement dire à leur égard que la modération est une bassesse de Pâme, comme l'ambition en est V élevât ion, (i665, n<» 17.) — c Faux, dit Tannotateur contemporain : la modération se trouTe avec Tambition; elle la suspend, elle l'arrête; elle en est, pour ainsi dire, la digue et le parapet. » — Plus loin (maxime 3o8), dans une réflexion contradictoire à celle-ci, la Rochefoucauld reconnaîtra lui-même, au moins implicitement, que la modération peut se rencontrer avec l'ambition, dans un même sujet. — Vauvenargues (variante à sa maxime 73, Œuvres , p. 38 1) dit également que c la modération du foible n'est que paresse et vanité. > — Voyez les maximes 17, 18 et 565.

a. Vab. : mais nous n'aimons pas toujours de memeceax que nous admirons. {Manuscrit.) — La seconde moitié de cette réflexion et celle de la maxime 296 ont à peu près le même sens. — Dnclos (tome I, p. 204, Considérations sur les mœurs de ce siècle , chapitre xi) : c II me semble que les hommes n'aiment point ce qu'ils sont obligés d'admirer. >

3. Cette négation est omise dans Tédition de Duplessis (i853).

4. Vab. : Il s'en faut bien que nous ne sachions tout ce que nous voulons. (Manuscrit.) — Voyez les maximes 269, 33a, 4^0 et 57$.

5. Duplessis donne à tort c ce que, » au lieu de c ceux que. • Cette leçon ne se trouve qu'an manuscrit^ et cet éditeur ne l'a pas conna.

i5a RÉFLEXIONS OU SENTENCES

mais il ne l'est pas moins d'aimer ceux que nous estimons beaucoup plus que nous *. (éd. 2*.)

CCXGVII

Les humeurs du corps ont un cours ordinaire et réglé , qui meut et qui tourne imperceptiblement notre volonté ; elles roulent ensemble, et exercent successivement un empire secret en nous, de sorte qu'elles ont une paît considérable à toutes nos actions , sans que nous le puissions connoître *. (éd. i*.)

ccxcvm

La reconnoissance de la plupart des hommes n^est qu'une secrète envie de recevoir de plus grands bienfaits *. (ÉD. 2*.)

Presque tout le monde prend plaisir à s'acquitter des

I. Yab. : Il est difficile d'aimer ce que nous n*estimont /»ai, ei il Test aussi d*ainier ce que dous estimoDS plus que nous. (3fajt«scrit,) — Voyez la note pi'ccédente et la mtixime 294*

a. Vab. : Noiu ne nous apercevons que des empor tenants et des mouvements extraordinaires de nos humeurs et de notre tempéreunent, comme de la violence de la colère (le manuscrit ajoute : etc) ; mais personne quasi ne s*aperfoit que ces humeurs ont un cours ordinaire et réglé, qui meut et tourne doucement et imperceptiblement notre ▼olonté à des actions différentes; elles roulent ensemble, s* il faut ainsi dire, et exercent successivement un empire secret en nousmêmes, de sorte qu^elles ont une part considérable en toutes nos actions, sans que nous le puissions reconnaître, {Manuscrit et i665, jsfi 4^ f dans le manuscrit, au lieu de sans que, etc. : c dont nous croyons éire les seuls auteurs. > ) — Voyez les maximes 44 ^^ 564*

3. Var. : Les hommes sont reconnoissants des bienfaits^ pour en re« ccToir de plus grands. (Manuscrit,) — Voyez les maximes 85, ia3, 234» 147 c( 3o6. — Pline le Jeune dit, dans un sens voisin (livre III, lettre iv) : Est.,,, ita comparatum ut antiquiora bénéficia suhvertas, nisi iila posteriorihus cumules; nam, quamUbet smpe obllgati^ si quid

ET MAXIMES MORALES. i53

petites obligations; beaucoup de gens ont de la reconnoissance pour les médiocres ; mais il n'y a quasi personne qui n'ait de l'ingratitude pour les grandes^.

(fo. 2*.)

CGC

U y a des folies qui se prennent comme les maladies contagieuses^, (bo. 2*.)

ceci

Assez de gens méprisent le bien , mais peu savent le donner*, (bd. 2*.)

negeSf hoc solum meminerunt quod negatum est, c II en est ainsi : tous détraisez tos premiers bienfaits, si de seconds n'y viennent mettre le eomble ; que vous ayez obligé cent fois, si vous refusez une, on ne te souTiendra que du refus. 1

I. Vab. : Presque tout le monde s'acquitte des petites obligations, et aussi des médiocres; mais il n'y en a guère qui aient de la reeon" noissance pour les grandes. (Manuscrit.) — L*abbé Brotier {Observa^ tiens, p. ia5 et 226) fait un grand éloge de cette réflexion, >anssi bien que des maximes aa3, 234, ai5, ai6 et 438, qui traitent également de la reconnaissance, c C'est, selon lui, tout ce qu*on peut dire de plus spirituel. » — Le passage suivant des Mémoires de la Rocbefoucauld peut servir de commentaire à sa maxime : c Je ne trouTai dans la suite guère plus de reconnoissance de son c6té [il s* agit de Mme de C heureuse), pour m*étre perdu cette seconde fois afin de demeurer son ami, que j*en venois de trouver dans la Reine; et Mme de Chevreuse oublia, dans son exil, aussi facilement tout ce que j'avois fait pour elle, que la Reine avoit oublié mes services, quand elle fut en état de les récompenser, j (Édition Renouard, Paris, 18 17, p. 7a, revue par nous suf le texte du manuscrit de la Rocbeguyon.) — Mme de Sablé {nusxim» la) dit que Tingrat voudrait mime iCapoir pas son bien facteur pour témoin de son ingratitude.

1. Vab. : Il y a des folies que F on prend des autres, comme Us rhumes at les maladies contagieuses. {Manuscrit,) — L*annotateiir contemporain ajoute : c II y en a d'autres qui tiennent comme la gale et la teigne, v

3. Vab. \ U y a des gens qui méprisent le bien, mais peu savent

iS4 RÉFLEXIONS OU SEf9T£NCES

cccn

Ce n'est d'ordinaire que dans de petits intérêts où nous prenons le hasard de ne pas croire aux apparences^*

cccm

Quelque bien qu'on nous dise de nous , on ne nous apprend rien de nouveau*, (éd. 3.)

Nous pardonnons souvent à ceux qui nous ennuient, mais nous ne pouvons pardonner à ceux que nous ennuyons*. (ÉD. 3.)

L'intérêt, que Ton accuse de tous nos crimes, mérite souvent d'être loué de nos bonnes actions^, (éd. 3.)

le Bien donner. ( âfanuserit, ) — Tacite {Histoires, lirre I , chapitre xxx) : Perdere iste (Otho) sciet, donare nesciet, c 11 saura gaspiller, il ne saura pas donner. • — La Bruyère \du Cceut, n» 4^) tome I, p. aoj) : c La libéralité consiste moins à donner beaucoup qu*à donner à propos. » — Le même [de la Cour^ n9 4^, tome I, p. 3 1 5) : c C*est rusticité que de donner de mauvaise grâce : le plus fort et le plus pénible est de donner ; que coûte-t-il d*y ajouter un sourire? • — Corneille avait déjà dit dans le Menteur (acte I, scène i, vers 89 et 90) ;

Tel donne à pleines mains qui n'oblige personne : La façon de donner vaut mieux que ce qu'on donne.

I. Vae. : Ce n'est que dans les petits intérêts où nous consentons de ne pas croire aux apparences. {Manuscrit,) — Cette maxime et les toivantes, jusqu'à la 34o* inclusivement, datent de la 3* édition (1671).

a. ff On nous apprend quelquefois, dit l'annotateur contemporain, quelque chose de nouveau, mais nous croyons toujours le savoir. » — Voyez les maximes 1 et 600.

3, Voyez les maximes 35a et 555.

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