Voyez les maximes 187 et a
ET MAXIMES MORALES. i55
On ne trouve guère d'ingrats tant qu'on est en état de faire du bicn^ (éd. 3*.)
Il est aussi honnête d'être glorieux avec soi-même qu'il est ridicule de l'être avec les autres*, (éd. 3.)
CCCVUI
On a fait une vertu de la modération , pour borner l'ambition des grands hommes', et pour consoler les gens médiocres de leur peu de fortune et de leur peu de mérite *. (éd. 3.)
I. Vah. : On ne fait point d'ingrats tout le temps qtk'onpeut faire du bien. (Manuscrit,) — Cette réflexion reyient à la maxime 398.
a. L'annotateur contemporain demande quel est le sens du mot de glorieux; Duplessis lui répond (p. 188) : c La Rochefoucauld veut dire qu*il faut avoir un grand respect de soi-même et de sa propre dignité, pour ne rien faire qui en soit indigne; mais aussi qu'il seroit ridicule de faire sentir aux autres la supériorité que Ton peut ou que Ton croit avoir sur eux. I^e mot glorieux est entendu ici dans un double sens très-admissible, et fait un excellent effet. • -* Au fondy cette maxime de bienséance se rapporte à la 3o3*.
3. f La modération des grands hommes, dit Vauvenargues (maxime 73, Œuvres^ p. 881), ne borne que leurs yices. 1
4. La Harpe (tome VU, p. 167 et a68) répond, avec bien de la hauteur, à la Rochefoucauld : c Autant de mots, autant d'erreurs. L'homme ne fait point de vertus : la modération en est une, parce qu'elle est opposée à tous les excès, qui sont des vices. Les grands hommes ne sont point tous des ambitieux^ et le désir de paraître modéré n'arrête point ceux qui ont de l'ambition ; et comment on moraliste peut-il faire entendre que la modération n'est le partage que des gens médiocres? Cette maxime est iu compréhensible dans tout les points. » — Voyez les maximes 398 et 565.
Il y a des gens destinés à être sots, qui ne font pa» seulement des sottises par leur choix , mais que la fortune même contraint d'en faire ^ (éd. 3*.)
n arrive quelquefois des accidents dans la vie d'où il feut être un peu fou pour se bien tirer *. (éd. 3.)
S'il y a des hommes dont le ridicule n^ait jamais paru, c'est qu'on ne l'a pas bien cherché '. (éd. 3*.)
I. Vab. : Il y a des gens qui sont nés pour être fous^ et qui ne font pas seulement des folies par eux-mêmes ^ mais qae la fortune contraint d*en faire. {Manuscrit,) — Voyez la maxime i56.
9. Mme de Sablé {maxime a4) * < L^ bons succès dépendent quelquefois du défaut de jugement, parce que le jugement empêche souvent d'entreprendre plusieurs choses que l'inconsidération fait réussir, i — Caton le poëte avait déjà dit (livre II, distique i8) :
Insipiens esto, quum tempus postulat aut res,
c Sois déraisonnable, lorsque l'occasion ou la chose le demande. » — Aimé-Martin (p. 103-104) voit dans cette réflexion une allusion possible au marquis de Pomenars, dont Mme de Sévigné raconte si gaiement les folles aventures (voyez, entre autres passages, ceux du tome II, p. 335 et a36, a55, 394» 39$, 4ii)* La pensée de la Rochefoucauld est d'une portée plus générale ; par exemple, on l'appliquerait fort bien à la guerre, et Ton se rencontrerait avec le maréchal de Bellegarde, qui, selon le marquis de Fortia, avait coutume de dire : c A la guerre, il ne faut pas être trop sage. » — Voyez lat maximes i63 et 309.
3. Var. : S'il y a des gens dont on ne trouve point le ridicule^ c*ett qu'on ne cherche pas bien, {Manuscrit,)
ET MAXIMES MORALES. iS?
cccxn
Ce qui fait que les amants et les maîtresses ne s*ennuient point d'être ensemble', c'est qu'ils parlent toujours d'eux-mêmes, (éd. 3*.)
Pourquoi faut-il que nous ayons assez de mémoire pour retenir jusqu'aux moindres particularités de ce qui nous est arrivé , et que nous n'en ayons pas assez pour nous souvenir combien de fois nous les avons contées à une même pereonne*? (éd. 3*.)
L'extrême plaisir que nous prenons à parler de nousmêmes nous doit faire craindre de n'en donner guère à ceux qui nous écoutent', (éd. 3.)
Ce qui nous empêche d'ordinaire de faire voir le fond
I. Y AU, : Ce qui fait que les amants ont du plaisir d'être ensemble. (Manuscrit.)
1. Vab. : Pourquoi faut-il que nous ayons toujours assez de mémoire pour retenir iout ce qui nous est arrivé, et que nous n*en ayont jamais assez pour savoir combien de fois nous Savons conté à une même personne? (Manuscrit,) — Voyez la maxime suivante, la 364*, et la 4* des Réflexions diverses,
3. Cette réflexion est comme la conclusion de la précédente. — Voyez les maximes i38, i39, 364, 5io,et la 4* des Bé flexions diverses, — Pascal (Pensées, article VI, 56) : c Voulez-vous qu*on croie dn bien de vous? n*en dites pas. »
i5B RÉFLEXIONS OU SENTENCES
de notre cœur à nos amis, n'est pas tant la défiance que nous avons d^eux, que celle que nous avons de nousmêmes^. (ÉD. 3*.)
Les personnes foibles nepeuventétre sincères^, (eo. 3*.}
cccxvn
Ce n^est pas un grand malheur d'obliger des ingrats ^ mais c'en est un insupportable d'être obligé à un malhonnête homme '. (éd. 3.)