‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 5)Chapitre 17 sur 364 · Mémoires^ p · texte numérisé non relu

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4. A cette année 164a appartient un curieux détail. £n février, nous voyons Marcillac expédier d^Angoumois des vins à destina* tion de T Angleterre, et, prenant pour adresse : a à Monsieur Graf, » demander qu*en échange on lui envoie des chevaux et des chiens : voyez V appendice i du tome III, lettre 5, p. a43.

SUR LA ROCHEFOUCAULD. xxi

Dès ce mois de d^mbre même, nous le trouvons à Paris^ et, aux fêtes de Noël, il assiste, à Beaumont, chez M. de Harlay, à ce dtner qui fit grand bruit, et dont les convives reçurent bientôt le nom à* Importants ^

Jusqu'alors simple porteur de paroles ou de messages de femmes, il voyait son rôle grandir ; il avait trouve l'emploi le plus propre à sa nature ; car, si les affaires générales, comme dit Retz ', ne furent jamais son fort, il avait, en revanche, la plupart des qualités qui font ce qu'on appelait au dix-septième siède une « personne de créance, » et par lesquelles on mène à bien une négociation particulière : des manières polies et engageantes, un grand fonds de réflexion, de la finesse, bien qu'un peu subtile, de l'insinuation, « cet esprit de pénétration et d'habileté, » dont parle Mme de Motte ville *. Aussi réusnt-ii, avec l'aide de Coligny, il est vrai, dans cette première campagne diplomatique, où tout fut résolu en paroles, sans conditions écrites. La Reine s'engageait par devant les deux négociateurs à réserver pour Monsieur le Prince « tous les emplois dont elle pourroit exclure Monsieur sans le porter à mie rupture ouverte *. » Cette union avec les Condés ne fut pas du reste trop malaisée à conclure ; car d'abord, avec de l'argent, on pouvait tout sur le père, qui, après avoir vécu jadis

I. a II (M. de Harlay) nous pria de lui rendre visite aux fêtes de Noél, à sa maison de Beaumont. Le président Barrillon, le prince de Marcillac, le marquis de Maulévrier, du Bourde^ et Beloy, désirèrent être de la partie, faite sans autre dessein que celui de notre divertissement particulier.... Cette entrevue, quoique fort innocente et de nulle considération, fit un éclat étrange : M. de la Rochefoucauld (Je duc François F) fiit le premier qui en donna avis à M. le cardinal Mazarin, et crut que son zèle scroit fort estime en usant de ces termes : a qu^il ne répondoit plus du prince de c Marcillac, son fils. » [Mémoires de Montrésor^ p. 35a et 353.) Quelques lignes plus bas, Montrésor s*exprime ainsi : « .... Cette assemblée d'Importants (qui étoit le nom qu*il leur plaisoit nous donner). j> — Voyez aussi V Apologie^ tome II, p. 447 ^^ 44^*

a. Voyez, au tome I, p. i3, le portrait déjà cité de la Rochefoucauld, par Retz.

3. Mémoires de Mme de Motteviile, tome III, p. i3o, à la date de i65o.

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