Mémoires, p
XXII NOTICE BIOGRAPHIQUE
pour l'ambition, ne vivait plus désormais que pour l'avarice; puis la mère. Madame la Princesse, avait un attachement de reconnaissance à la Reine, qui lui avait rendu les biens confisquas sur son frère, le malheureux duc de Montmorency, déca* pitë à Toulouse ; quant à la sœur du duc d'Enghien, Mme de Longueville, toute aux charmes de sa beautë et de son esprit, charmes qu'un livre célèbre a vantes avec complaisance ^, die ne connaissait encore d'autres manœuvres et d'autres intrigues que celles de la coquetterie '.
Marcillac, en récompense du mouvement qu'il se donne, a-t-il enfin la satisfaction d'être en vue et au premier rang? Non ; le devant du théâtre, dans cette nouvelle période, appartient encore à un autre : c'est le duc de Beaufort, personnage d'un mérite inférieur au sien, mais plus populaire par ses qualités et par ses défauts mêmes, qui attire les regards de la foule, et à qui, sur Tordre de la Reine, il est obligé de s'unir'. Par une malechance qui n'étonne plus quand on a bi^ti analysé son caractère, la Rochefoucauld, à aucun moment de sa vie politique, n'emplira la scène, comme Retz, ou comme ]^Ime de Longueville ; il fera très-belle figure dans les groupes d'élite, il n'occupera jamais le cadre à lui seul ; toujours à la suite de quelqu'un, il restera lui-même sans escorte.
Les choses étaient nouées de la sorte lorsque le Roi mourut, le 14 mai 1643, jour anniversaire de son avènement. Le Parlement se hâta de casser le testament qu'il avait laissé, et, du consentement de Monsieur et des Coudés, il donna la Régence i la Reine. Le soir même, Mazarin, sortant tout à coup de l'ombre, était nommé chef du Conseil. Ce dut être un moment de vif déplaisir pour tous ceux qui s'étaient flattés de l'espoir d'une haute faveur. Personne cependant n'était encore découragé.