Rapprochez de la maxime agS
5. C'est, à deux mots près, la dernière phrase de la 79* maxime de BImede Sablé. La Rochefoucauld l'a-t-il abandonnée à titre de restitution , ou Mme de Sablé l'a-t-elle reprise dans les miettes de la Rochefoucauld? — La pensée de Bfme de Sablé se termine ainsi : c an corps de celui qu'elle anime. >
a5o MAXIMES SUPPRIMÉES.
DLXXVII
Clonime on n'est jamais en liberté d'aimer onde cesser d'aimer, l'amant ne peut se plaindre avec justice de l'inconstance de sa maîtresse, ni elle de la légèreté de son amant *. (i665 % n* Lxxxi. — 1666, n** Lxxii. — 167 1 et 1675, n® lxxi.)
DLXXVin
La justice n'est' qu'une vive appréhension qu'on ne nous 6te ce qui nous appartient ; de là vient cette considération et ce respect pour tous les intérêts du prochain, et cette scrupuleuse application à ne lui faire aucun préjudice. Cette crainte retient l'homme dans les bornes des biens que la naissance ou la fortune lui ont donnés ; et sans cette crainte', il feroit des courses continuelles sur les autres *. (i665, n* lxxxvui.)
DLXXIX
La justice dans les juges qui sont modérés n*est que l'amour de leur élévation *. (i665*, n* lxxxix.)
I . Yar. : Comme on n*est jamais libre d*aimer ou de ceMer d'aimer, oit ne peut te plaindre avec justice de la cruauté de ses maîtresses, ni de la légèreté de ion amant. (Maïutscrit.) — Duplessis (p. aSQ) (ait remarquer arec ralaoB que cette « espèce de justification des infidélités amoureuses dut faire jeter les hauts cris aux nobles et spirituelles amies du moraliste. » Toutefois l'auteur ne l'a supprimée que dans sa dernière édition (1678); il pouvait pourtant en faire d'autant plus volontiers le sacrifice, qu'on n'y trouve pas le tour fin qui loi est habituel. — La Bruyère a dit dans le même sens {du Cœur, n** 3i , tome I, p. ao3) : « L'on n'est pas plus maître de toujours aimer qu'on l'a été de ne pas aimer. » — Saint-Évremond {Maxime, qu'on ne doit jamais manquer à ses amis, Œuvres mêlées, Barbin, 1689, p. 291) : a Après tout, dit on ami léger, c'est une chose bien lassante que de dire toute sa vie à une même personne : Je vous aime. » — Vaurenargues pense également {maxime 755, Of •• près, p. 477) que : « la constance est la chimère de l'amour. >» — Bjipprodiei des maximes 175, 176 et 177.
a. Suard, après n^est, ajoute : « le pins souvent. »
3. Brotier omet et^ et Duplessis, qui donne cette maxime comme yariante de la 78*, retranche cette.
4. C'était une version moins nette et moins heureuse de la maxime 78. — • Voycx ci-après la 58o*.
5. Yar. : La justice dans les bons juges n'est que l'amour de VapprobmUon ; dans les ambitieux, c'est l'amour de leur élévation. (Manuscrit,) — J. Esprit
MAXIMES SUPPRIMÉES. a5i
DLXXX
On blâme rinjustice, non pas par l'aversion que l'on a pour «lie, mais pour le préjudice que Ton en reçoit*. (i665*, DO xc.)
DLXXXI
Quand nous sommes las d'aimer, nous sommes bien aises qn'on nous devienne ^ infidèle , pour nous dégager de notre fidélité*. (i665*, n**xcvi. — 1666, n^LXxxrv, — 1671 et 1675, n* Lxxxiii.)
DLXXXII
Le premier mouvement de joie que nous avons du bonheur * de nos amis ne vient ' ni de la bonté de notre naturel, ni de l'amitié que nous avons pour eux : c'est un effet de l'amourpropre qui nous flatte de l'espérance d'être heureux à notre tour, ou de retirer quelque utilité de leur bonne fortune. (i665*, u? xcvii.)
DLXxxra
Dans l'adversité de nos meilleurs' amis, nous trouvons toujours quelque chose qui ne nous déplaît pas ''. (i665, n* xcix.)
dit de même (tome I, p. 5 1 3) : « L'intégrité des magistrats est une affectation d*ane répatation singulière, ou un désir de s^élerer aux premières charges. »
I. Yar. : .... non par la haine qu^on en a, mais.... qu*on en reçoit. (Manuscrit,) •— Duplessis , dans le premier membre de phrase, change par en pour i et Srotier, dans le second, pour en par. — C'est une autre répétition de la maxime 78 ; Toyez ci-dessus la 578*.
a. Yar. : que l'on devienne. (i665.)— > que Ton nous derienne. (1666.)