Yar. : et on est forcé. [Manuscrit
5. Duplessis (p. 7.65) fait observer avec raison que cette réflexion est pIntAt une épigramme qu'une maxime; l'auteur ne l'a cependant supprimée que dans sa dernière édition (1678). — «Cette comparaison, dit la Harpe (tome Yll, p. a63 et 364), est plus ingénieuse que solide. Si cette pensée était Traie, tout homme vaudrait, dans l'opinion, en raison de la place qu'il occupe dans le monde. Heureusement, il n'en est pas ainsi ; et quand Louis XIY envoyait Yilleroy commander à la place de Yillars ou de Catinat, le dernier soldat de l'armée savait évaluer cette fausse monnaie ; les chansons militaires du dernier siècle en sont la preuve. » — L'abbé Brotier (p. a49 et aSo) fait également ses réserves sur le fond de cette pensée, mais il convient que le tour en est ingénieux, et il prétend qu'elle a passé en proverbe. A l'en croire, c'est par allusion à la maxime de la Rochefoucauld qu'on appela monnaie de Turenne la nombreuse promotion de maréchaux de France que Louis XIY fit en 1675, après la mort de ce grand homme. L'assertion peut paraître an moins hasardée.
6. Yar. : Peu de gens sont cruels de cruauté ^ mais tous les hommes somi cruels «Tamour-propre. (BiafMuerit,)
MAXIMES SUPPRIMÉES. %S'j
dit de Thonnèteté des femmes, que ce D'est souvent autre chose qu'un art de paroltre honnête *. (i665*, n® clxxvi.)
DCVI
Ce que le monde nomme vertu n'est d'ordinaire qu'un fantôme formé par nos passions, à qui on donne un nom honnête, pour faire • impunément ce qu'on veut. (i665*, n* cLxxix.]
DCVII
Nous sommes si préoccupés en notre faveur, que souvent ce que nous prenons pour des vertus n'est que des vices qui leur ressemblent, et que l'amour-propre nous déguise'. (i665*, n® cLxxxii. — 1666, 1671 et 1675, n© clxxii.)
DCVIII Il y a des crimes qui deviennent innocents, et même glo-
I. Yar. : Dieu seul fait le* gens de bien^et on peut dire de tontes nos vertas ce qa'nn poète a dit de rhonnéteté des femmes :
.... Esser onesla Non èf se non un* arte di parer* onesta, {Manuscrit.)
Le poète dont il s*agit, c'est Guarini. — ^ J. Esprit (tome I, p. 5a i) cite également ce vers, mais d^uoe façon différente, comme une ligne de prose : Vones^ tate altro nonè che uv» arte di parei^ onesta; et, tout en l'appliquant Tolontiers anx hommes, il proteste en faveur des femmes. •— Voici lerrai texte de Guarini :
.... Altro al fin Vonestate Non è che un' arte di parer* onesta.
{Pastorfidoj acte TIIi sc^e v.)
a. TiOi. : La vertu est un î^ntàme produit par nos passions, du nom duquel on se sert afin de faire.... \Manuscrit,'\ ~~ Cette pensée faisait double emploi avec la suivante, qu'elle exagérait d'ailleurs.
3. Yar. : Nous sommes préoccupés de telle sorte en notre faveur, que ce qne nous pFenons souvent pour des vertus n'est en effet qu'un nombre de vices qui leur ressemblent, et que Vorgueil et l'aroour-propre nous ont dégui' ses. {Manuscrit et i665 ; le manuscrit a : le plus souvent, pour souvent; puis : •c ne sont en effet que des vices, m ) — On peut s'étonner qne l'auteur ait conservé, jusque dans la 4* édition, cette pensée, que la maxime -épigraphe rendait inutile, aussi bien que la précédente.
La Roghbpoucauld. i 17
a58 MAXIMES SUPPRIMÉES.
rieux, par leur éclat, leur nombre et leur excès ^ ; de là Tient que les voleries publiques sont des habiletés', et que prendre des provinces injustement s'appelle faire des conquêtes '.( 1 665 '*', n® cxcii. — 1666, 1671 et 1675, n^cLxxxin.)