Voyez la maxime a 58, et la note 5 de la page précédente
La RocHBFOucauu). i 30
3o6 RÉFLEXIONS DIVERSES.
en forme une idée véritable ; mais , à parler générale-^ ment, il y a peu de gens qui aient le goût fixe et indépendant de celui des autres : ils suivent T exemple et la coutume, et ils en empruntent presque tout ce qu^ils ont de goût * .
Dans toutes ces différences de goûts que Ton vient* de marquer, il est très-rare, et presque impossible, de rencontrer cette sorte de bon goût qui sait donner le pnx à chaque chose ', qui en connoit toute la valeur, et qui se porte généralement sur tout : nos connoissances sont trop bornées, et cette juste disposition des qualités * qui font bien juger ne se maintient d'ordinaire que sur ce qui ne nous regarde pas directement. Quand il s'agit de nous, notre goût n'a plus cette justesse si nécessaire; la préoccupation le trouble*; tout ce qui a du rapporta nous parott" sous une autre figure; personne ne voit des mêmes yeux ce qui le touche et ce qui ne le touche pas^; notre goût est conduit alors par la pente ^ de Tamourpropre et de l'humeur, qui nous fournissent des vues nouvelles, et nous assujettissent à un nombre infini de changements et d'incertitudes; notre goût n'est plus i nous, nous n'en disposons plus : il change sans notre consentement, et les mêmes objets nous paroissent par
I. Voyez la maxime 533, et la i3^ des Réflexions diverses, a. c Qu'on vient, » dans rédition de 173 1 et dans les suirantes. Dupicssis donne goût, au singulier.
3. Rapprochez de la maxime a44> et des i3« et 16^ Réflexions diverses,