Le 3 juillet 1643, à Tâge de soixante-huit ans
6. Henri de Joyeuse, second frère du favori de Henri III. Après la mort de sa femme, à peine âgé de vingt ans, il se fait capucin, sous le nom de Père Ange, en 1587. Cinq ans plus tard, à la mort de son frère, il rentre dans le monde, se met à la tète des ligueurs du Languedoc, et Henri IV n'obtient sa soumission qu'au prix du bâton de maréchal de France. Après avoir pourvu à l'établissement de sa fille imique, qu'il marie, en 1699, au duc de Montpensier, il reprend le froc, et meurt en 1608, à Rivoli, pendant son second voyage à Rome, qu'il avait voulu faire nu-pieds. C'est de lui que Voltaire a dit, dans ia Henriade (chant IV, vers 38 et 34):
Vicieux, pénitent, courtisan, solitaire,
U prit, quitta, reprit la cuirasse et la haire.
Pape le dispensa de ses vœux, et lui ordonna d'accepter le commandement des armées du Roi contre les huguenots; il demeura quatre ans dans cet emploi, et se laÎMa entraîner, pendant ce temps, aux mêmes passions^ qui Ta voient agité pendant sa jeunesse. La guerre étant finie, il renonça une seconde fois au monde, et reprit Fhabit de capucin; il vécut longtemps dans une vie sainte et religieuse; mais la vanité, dont il avoit triomphé dans le milieu des grandeurs, triompha de lui dans le cloître; il fut élu gardien du couvent de Paris, et son élection étant contestée par quelques religieux, il s'exposa, non-seulement à aller à Rome, dans un âge avancé , à pied , et malgré les autres incommodités d'un si pénible voyage; mais la même opposition des religieux s*étant renouvelée à son retour, il partit une seconde fois * pour retourner k Rome soutenir un intérêt si peu digne de lui, et il mourut en chemin, de fatigue, de chagrin, et de vieillesse '.
Trois hommes de qualité. Portugais, suivis de dix-sept de leurs amis*, entreprirent la révolte de' Portugal et des Indes qui en dépendent, sans concert avec les peuples ni avec les étrangers, et sans intelligence dans les places*. Ce petit nombre de conjurés se rendit mattre du palan de Lisbonne, en chassa la douairière de Mantoue, régente pour le roi d'Espagne, et fit soulever tout le royaume; il ne périt dans ce désordre que Yasconcellos'^y ministre
I . c Aux mêmes passions , pendant ce temps, i (^Édition de M, de Barthélémy,)