‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 5)Chapitre 29 sur 364 · Mémoires de Gourville^ p · texte numérisé non relu

Mémoires de Gourville^ p

5. Thibaudeau, Histoire du Poitou^ tome III, p. 3o8. — En ce temps-là, le fils aîné du prince de Marcillac porte le nom ai*. a M. de la Chàteigneraie 9 (voyez ibidem)^ qu'il tient de sa mère.

6. Mémoires^ p. 104. — 7. Voyez tome II, p. 104» io5, 456-459.

xxxvi NOTICE BIOGRAPHIQUE

réservant les premières lettres de duc qui seraient données et par conséquent le tabouret à sa femme*. Il était parti sur cette assurance. Le Poitou commençait d'ailleurs à se soulever : des bureaux de recettes des deniers publics y avaient été pUlés; il pacifia les désordres et rétablit, « en moins de huit jours, Fautorité du Prince sans qu'il en coûtât la vie ni l'honneur à aucun de ses sujets '. »

Mais c'était Paris qu'il eût fallu pacifier, et il n'y avait plus le moindre espoir d'y réussir. Sans refaire ici l'histoire si connue des journées d'août 1648, nous ne chercherons à démêler dans ce mouvement que le rôle de la Rochefoucauld. Comment ce même homme, qu'on vient de voir si favorable à Mazarin, se retrouva-t-il,. du jour au lendemain, dans le camp des Frondeurs? C'est que le Cardinal l'avait joué. On avait fait une promotion de ducs et pairs, et Marcillac n'en était point. Aussi, dans le premier bouillonnement de colère, se hâte-t-U d'accourir à Paris', sur l'appel de la duchesse de Longueville, qui l'informe du traité de Noisy et du plan général de guerre. Ici encore on ne voit point que Marcillac ait l'initiative; la duchesse, il est vrai, réclame son intervention et ses conseils; mais l'accord des Frondeurs s'est fait loin de lui et sans lui; c'est Mme de Longueville, c'est Retz, c'est le Parlement qui ont tout mis en mouvement. Marcillac ne

I. Au sujet du duché et du tabouret, voyez ci-après, la fin de Vappendice 11, p. xcix, et au tome III, p. 3a-34, 1a Uttre 8, écrite de Verteuil à Mazarin le 1 octobre 1648.

a. Tome II, p. 104, io5, 4^9 et 460. — Voyez, dans notre tome III (p. 37), la leitre (p9 7) que Marcillac écrit de Fontenay à Mazarin, le I*' septembre 1648, et dans notre tome II (p. io5, note 3) la réponse du Cardinal. Nous donnons plus loin, à Vappendice v, i» (p. Giii et civ), les titres d*une suite de pièces relatires à la répression par Marcillac des troubles du Poitou, lesquelles se trouvent à la Bibliothèque nationale et au Dépôt du ministère de la guerre ; dans le nombre est une réponse de Marcillac au comte de Brienne, que nous reproduisons en entier.

3. Voyez ci-après, à Vappendice y, a» (p. cit), Tlndication de quelques pièces relatives aux mesures prises par la cour lors de Tabandon du Poitou et de la révolte du gouverneur ; et, à Vappendiee i de notre tome III (p. 949, s5o, et note 3 de la page a5o), le texte de deux de ces pièces.

SUR LA ROCHEFOUCAULD. xxxvii

s'eD réjouit pas moins de sentir qu'il lui reste encore des moyens de se venger. Cest l'histoire de tout ambitieux âéqu : lorsqu'on n'a plus rien à espérer, on s'efforce de se faire regretter ou de se faire craindre; mais il n'est pas au pouvoir de tous les rebutés d'exciter la crainte ou les regrets. Marcillac devait s'en apercevoir un jour.

C'était contre la volonté de son père qu'il était revenu à Paris : il est à peine besoin de le dire, après qu'on a vu François Y dénoncer lui-même à Mazarin la présence de son fils au souper des Importants'. Il avait peu d'argent, dit Gourville (p. 220), «c parce que, outre que sa famille n'en a voit guère, on auroit fort souhaité qu'il n'y fût pas retourné, » et le même Gourville nous conte par quel tour, un peu à la Scapiu, il procura à son jeune maître les moyens de rester éloigné du Poitou.

Le rôle de notre héros, en cette occurrence, est d'abord tout diplomatique ; il redevient, comme autrefois, porteur de messages : on le charge de ramener dans la capitale le duc de Longueville et Conty, qui, par une résolution assez étrange, avaient suivi la cour dans sa fuite à Saint-Germain, et dont les allures paraissaient aux Frondeurs au moins très-suspectes. Marcillac va et vient entre cette ville et Paris. Gourville, son domestique y se mêle fort heureusement de l'affaire' ; les Princes, mis au pied du mur, se décident enfin, bien qu'un peu à contre-cœur. Quant à notre auteur, Mme de Motteville [Mémoires^ tome II, p. 3o/|) « ne doute pas qu'il n'allât gaiement au crime de lèse-majesté, et que ce voyage [le retour de Saint^Germain à Paris ^ dans la nuit du 9 au 10 janvier) ne lui parût la plus belle et la plus glorieuse action de sa vie. » On sait le reste : Tévasion hardie de Beaufort du donjon de Vincennes, son arrivée à Paris, où le peuple l'accueille comme un libérateur, et le siège de la ville par Condé. Marcillac, bien que revêtu du titre de lieutenant général, joue avec dépit un rôle assez effacé;

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