Mémoires^ p. 17a et suivantes
XLii NOTICE BIOGRAPHIQUE
et son frère dans Stenay, où se trouve Mme de Longueviile, qui, à partir de ce moment, va se montrer i'impëtueuse amazone de la Fronde. Quant à Mardllac, devenu, sur ces entrefaites, duc de la Rochefoucauld par la mort de son père (8 février i65o], U prend comme prétexte la cérémonie des obsèques paternelles, et, mariant adroitement ses devoirs de piété filiale avec le soin de la guerre civile, il appelle auprès de lui à Verteuil toute la noblesse du pays'; mais il arrive trop tard pour se saisir de Saumur', déjà occupé par les troupes du Roi, et, après gvoir jeté dans Montrond, la forteresse des Condés, quelques centaines d'hommes, il se retire à Bordeaux avec le duc de Bouillon (3i mai i65o).
Qu'on nous permette d'interrompre ici, un moment, le récit, pour placer à sa vraie date un portrait, « avant la lettre, » dit Sainte-Beuve', que Saint-Évremond a tracé du la Roche-
I. Mémoires^ p. 179-183; comparez les récits de Gourrille, p. ai5 et 916; de Lenet, p. aa8, a38, s4o ^^ >4i î de Mme de Motteville, tome III, p. 174 et 188; et voyez, au tome III des Mé^ moires de RetZy la note 5 de la page 39, où nous renvoyons aux Archives historiques du département de la Gironde^ tome III, p. 410.
a. Ce fut le a 3 avril (voyez les Mémoires de Lenet ^ p. a 44) qu*un courrier du duc de la Rochefoucauld apporta à Montrond, où la princesse de Condë était arrivée le 14 (ibidem, p. a37), la nouvelle de rinsuccès de la tentative sur Saumur. Deux jours avant (le ai), Mazarin écrivait de Dijon cette lettre à le Tellier : a Sa Majesté est du même avis de Son Altesse Royale, qu^il ne faut pas différer davantage la publication de la déclaration contre MM. de Bouillon, de Turenne et de Marcillac, et ajoute qu*il ne faut rien épargner pour châtier promptement et exemplairement M. de la Rochefoucauld, et que si sa personne se retire, on trouvera toujours ses maisons à raser, afin qu^il s^en souvienne et que cela serve à contenir dans leur devoir ceux qui pourroient avoir de méchantes intentions. » (Mémoires de Mathieu Mole, tome IV, p. 393 et 394.) Cette menace du Cardinal, bientôt connue de la Rochefoucauld (Lenet j p. a58), devait être, on va le voir, mise à exécution. — Un mois plus tôt, le a8 mars i65o, la Reine écrivait, également de Dijon et à le Tellier : « Je désire.... que Ton examine bien.... ce quUl y a présentement à faire touchant le duc de la Rochefoucauld, particulièrement sUl ne s'est point encore rendu à la Roche-Guy on. » {Mémoires de Mathieu Mole, tome IV, p. 38o.)