‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 5)Chapitre 322 sur 364 · Voyez la maxime · texte numérisé non relu

Voyez la maxime

7. Mme de Sablé dit la même chose : voyez ci-dessus, p. i4i« note a. — Voyez encore le Discours sur les Maximes^ p. 367; le Projet d'article pour le Journal des Savants^ p. 39a ; et la Lettre du chevalier de Meré, p. 396.

MADAME DE LIANCOUBT A MADAME DE SABLÉ [l663] ^.

Je n*aTois qu^une partie d'un petit cahier des maximes que vous savez, quand j*eu5 rhonneur de vous voir, et il débutoit si cruellement contre les vertus, qu'il me scandalisa, aussi bien que beaucoup d'autres; mais depuis j'ai tout lu, et je fais amende honorable à votre jugement, car je vois bien quUl y a dans cet écrit de fort jolies choses, et même, je crois, de bonnes, pourvu qu'on ôte l'équivoque qui fait confondre les vraies vertus avec les fausses. Un de mes amis* a changé quelques mots en plusieurs articles, qui raccommodent, je crois, ce qu'il y avoit de mal; je vous les irai lire' un de ces jours, si vous avez loisir de me donner audience*.

I. Extrait du tome II des Portefeuilles de Fallant^ folio igS.^En citant cette lettre [Madame de Sahléj iSSg, chapitre in, p. i58 et iSg), V. Cousin y joint les réflexions suivantes : « La duchesse de Liancourt, Jeanne de Schomberg, qui jouissait d*une assex grande réputation d*esprit et de vertu, célèbre aussi par son goût pour les beaux bâtiments et les beaux jardins, et qui a créé la magnîGque résidence de Liancourt, janséniste éclairée, auteur d*un excellent traité d'éduaition, et dont la fille (F. Cousin se trompe; il aurait du dire a la petite-fille s } épousa le fils de la Rochefoucauld, fut choquée, et, comme elle le dit, scandalisée à la première lecture; puis elle se radoucit, peut-être un peu par politique, par condescendance pour Mme de Sablé et la Rochefoucauld , et grâce a :ine distinction qui 6te, en effet, le sc^mdale, mais aussi tout le piquant des Maximes.... Mme de Liancourt n*avait pas vu que cette équivoque, qu'elle relève avec raison dans le livre des Maximes, est le livre tout entier; quelques mots ajoutes ne justifieraient le système qu'en le renversant. •> — • J'ajoute que pourtant c'est ce qu'a fait la Rochefoucauld lui-même, dans les diverses éditions de son livre ; avec les correctifs quelquefois^ souvent y peut-étrey etc., etc., il a atténué, autant qu'il l'a pu, les termps, trop absolus d'abord, de bon nombre de ses pensées.

a. Cet ami-là pourrait bien être la duchesse de Liancourt elle-même.

3. y. Cousin donne à tort : <c je vous les lirais » et à la ligne suivante : c si vous avez le loisir, m

4. Il était quelquefois fort difficile de joindre Mme de Sablé; elle poussait le soin de sa santé jusqu'à la mimie, et se faisait impitoyablement yirrmtfr pendant des semaines entières , par les temps de fièvres , ou même de simples rhumes. — La Rochefoucauld et Mme Je la Fayette, entre autres, s'en jilaignent plus d'une fois dans leurs lettres. « Feu Mme de Sablè^ » disait dans ce cas-là le spirituel abbé de la Victoire. — Yoyei Y. Cousin, Madame de Sablij p. loa ; et Port-Rojral de M. Sainte-Beuve^ livre II, chapitre xm, et livre Y, chapitre x.

MADBMOUVLLB DB YEBTUS A MADAME DE SABLt [l663]'.

.... Qae me dite»- vous de ces Maximes qu'on a montrées à M. le comte de Saint-Paul*? Je ne sais ce que cW, mais il me semble qu'il ne faudroit point trop le laisser entretenir parce M. de Nearé^; car c'est une personne qui apparemment n'est pas contente de Mme de Longuerille, et qui a bien envie, à ce qu'on m'a dit, de rentrer dans cette maison. Si vous disiez k M. le comte de Saint-Paul qa'il ne faut pas qu'il s'amuse à les lire? Il a une grande déférence pour TOUS, et ainsi cela lui deviendroit suspect.

MADAMB DB LA FATBTTB A MADAME DB SABLÉ [l663] *•

.... Je viens d'arriver à Fresnes, où j'ai été deux jours en solitnde

I. Extrait do tome YII des Porté/ieuilUs de Fallant^ folio lai. — Noos doimons an extrait de cette lettre parce qn^ellR montre jusqu'à quel point, dans l'entoorage de Mme de Lon^uevÛle , on redoutait , pour le jeane comte de Sttint-Puul, la lecture des Maximes, EUe n*est )»» datée, mais comme, dans nn paaaage qui n*a pas traita notre sujet, il est fait mention de la mort récente de la comtesse de Maure, amie de Mme de Sablé, cette lettre est évidemment de i663. — Mlle de Vertus (Catberine-Fran^ise de Bretagne) était soBor de la dudhesse de Montbazon. Elle mourut à soixante-quinze ans, le ai novembre 169a. Elle s*étiit convertie peu de temps avant Mme de LongaeviOe, qu'elle entraîna Tcrs Port-Royal, et dont elle devint bientôt, comme le dit M. Sdinte-Beuve {Pwt'Rojral , tome lY, p. 497) t Vamie intime et le plu* actif aide de camp^ pour toutes les araires domestiques et autre t. On en roit la preuve dans cette lettre méme^ qui fut peut-être écrite à l'instigation de Mme de Longueville.

a. Cbarles-Paris d'Orléans, comte de Saint «Paul ou de Saint-Pol, puis duc de Longueville, né en pleine Fronde, le ag janvier 1649, s l'hôtel de ville de Paris (d'où son second prénom), tué au passage du Rhin en 167a. De notoriété pnblique, il était fils de la Rodiefoucauld. Yoyex la Notice biographique,

3. Bien que la Rt>cheft»ucauld l'e&t beaucoup connue autrefois, et qu'il en eAt même couru quelques mauvais bruils (voyes Port-Rojral de M. Sainte- Beuve, tome lY, p. 494 et 496], il n'est pas probable, en effet, que Mlle de Yertus ait eu communication des Maximes en manuscrit. Elle était pour ceb trop engagée avec Mme de Longueville.

' 4* Mathurin de N«uré, mathématicien, astronome, ami de Gassendi, et précepteur des fils de Bine de Longueville. Moréri nous apprend qu'il s'était brouillé avec la duchesse, et qu'il avait composé contre elle un libelle, qu'dle ent à peine le temps de faire saisir avant l'impression.

5. Nous ne donnons de cette curieuse lettre et de la suivante que ce qui a trait à la Rochefoucauld. — Comme nous l'avons dit à la page 871 , nous ne savons où est maintenant l'original du numéro iv ; mais nous avons, pour ré-

avec Mme dn Plessis*.... Nous y ayons lu les Mammet de M. de la Rochefoucauld. Haï Madame, quelle corruption il faut avoir dans Tesprit et dans le cœur, pour être capable d'imaginer tout cela'I J'en suis si épouTantée, que je tous assure que, si les plaisanteries étoieot des choses sérieuses, de telles maximes gàteroient plus ses affaiiet que tous les potages qu*il mangea Pautre jour chez tous.

MADAME DB LA rATSTTB A MADAME DE SABLÉ [l663].

Vous me donneriez le plus grand chagrin du monde, si tous ne me montriez pas tos 9faxtmes*; Mme du Plessis m*a donné une curiosité étrange de les voir, et c*est justement parce qu'elles sont honnêtes et raisonnables que j'en ai enyie, et qu'elles me persuaderont que toutes les personnes de bon sens ne sont pas si persuadées de la corruption générale que l'est M. de la Rochefoucauld....

PENSÉES DE MADAME DE 8CHOMBEHG SUE LES MAXIMES DB M. DB LA BOCHBFOUCAULD [l664]^

Je crus hier, tout le jour, tous pouvoir renvoyer vos maximes ^

pondre de son aathenticité, la doablecautioii de M. Edouard Foamier et de De> fort, qui tous les deux l*oiit publié d'après la pièce aatographe.

I . Isabelle de Choiseul-Praslîn, femme de Henri du Plessis-Guénégaud, an* cien trésoMer de rÉfMirgne. Le château de Fresnes , près de Meaux , appartint plus tard aux Daguessean. Fresnes et I*h6tel de NeTers,que Mme du Plessis habitait à Paris, étaient assidûment fréquentés par les beaux esprits du temps.

a. Si cette lettre n*aTait éduippé à Y. Cousin, quel parti n'en eût-il pas tiré contre la Rochefoucauld !

3. Extrait dn tome V des Portefeuilles de Fallant^ folios a88 et 289. — Les Maximes de Mme de Sablé demeurèrent longtemps manuscrites, car eUes ne parurent qu'après la mort de la marquise, en 1678, sous ce titre : Maximes de Madame la marquise de Sablé, et Pensées diverses de M, L, D. (M. l'abbé d'Ailly). — La presque similitude de nom les a fait attribuer souvent à Bfme de la Sablière, qui, d'ailleurs, en avait composé d'autres, sous le titre de Maximes chrétiennes,

4. Extrait du tome II des Portefeuilles de Fallant, folios 178 et 170. —

fol

Nous conservons le titre que donne Vallant à cette pièce, adressée, sous de lettre, par Mme de Schomberg à Mmede Sablé. Comme elle eut un suocèsausai grand que mérité, on en fit de nombreuses copies ; il s'en trouve jusqu'à six dans le seul recueil de Vallant. Il 7 en a une, corrigée de la main de Vallant lui-même, sous la dictée de Mme de Sablé, sans nul doute, car ce secrétaire* médecin ne w fût ^loint permis semblable liberté avec la prose de U dnclieise

mais il me fat impossible d*eii troarer le temps Je Tonloîs tous teire, et m^étendre sur leur sujet: je ne puu pas pourtant toos eo dire mon sentiment en détail *. Tout ce qu'il m'en paroit, en général, est qu'il y a en cet ouvrage beaucoup d'esprit, peu de bonté, et force ▼érités que j'aurois ignorées toute ma TÎe, si l'on ne m^en aroit fait apercevoir. Je ne suis pas encore * parvenue a cette habileté d'esprit où l'on ne connoit, dans le monde, ni honneur, ni bonté, ni probité; je croyois qu'il y en pouvoit avoir; cependant, après la lecture de cet écrit, l'on demeure persuadé qu'il n*y a ni vice ni vertu à rien', et que l'on fait nécessairement toutes les actions de la vie. S'il est ainsi que nous ne nous puissions empêcher de faire tout ce que nous desirons, nous sommes excusables, et vous jugez de \k combien ces maximes sont dangereuses. Je trouve encore que cela n'est pas bien écrit en françois, c'est-à-dire que ce sont des phrases et des manières de parler qui sont plutôt d'un homme de la cour que d'un auteur^. Cela ne me déplaît pas, et ce que je vous en puis dire de plus vrai est que je les entends toutes, comme si je les avois faites, quoique bien des gens y trouvent de l'obscurité en certains endroits *. Il y en a qui me charment, comme : V esprit est toujours la dupe du cœur* ;

de Schomberg. Y. Cousin [Madame de Sablé, chapitre m, p. i65) pause que la marquise avait touIu en 6ter tout ce qui pouvait déplaire à la Rocbefoocaold ; l'observation, si elle est fondée, ne s*appliquerait qu*à une partie des correetions, car beaucoup d'entre elles ne sont que de simples retouches de style, Eûtes peut-être par Mme de Schomberg elle-même, et que, dans ce cas, Mme de •Sablé aurait fait simplement transcrire. Quoi qu'il en soit, nous donnons cette lettre dans son état primitif, et nous notons en leur lieu les principales suppressitms ou corrections. — On sait que la duchesse de Schomberg était cette belle Marie de Hantefort que Louis XIII avait aimée piatoniqmement^ et que la Rochefoucauld, au temps de sa jeunesse, aurait voulu aimer d'une autre açon, si l'on en croit V. Cousin {Madame de ffautejbrt, p. 29 et So; et Aficidame de Sablé j p. 160).

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