Sauf quelque temps ^ qui est ajouté, c'est la nuuàme
car la mesure de ma douleur seroit toujours la mesure de mon regret, et j'ai gTand*peIne à comprendre que je puisse séparer ces deux choses, parce que ce qui auroit mérité* mon attachement mériteroit également et mon regret, et mci larmes, et ma douleur.
La maxime sur l'humilité * me paroit encore parfaitement belle, mais j*ai été bien surprise de trouver là l'humilité. Je vous avoue que je l'y attendois si peu*, quVncore qu*elle soit si fort de ma connoissance depuis longtemps, j'ai eu toutes les peines du monde à la reconnoitre au milieu de tout ce qui la précède et qui la suit. C*est assurément pour faire pratiquer cette vertu aux personnes de notre sexe que vous faites des maximes où leur amour-propre est si peu flatté. J'en serois bien humiliée en mon particulier, si je ne me disois à moi-même ce que je vous ai déjà dit dans ce billet, que vous jugez encore mieux du cœur des hommes que de celui des dames, et que peut-être vous ne savez pas vous-même le véritable motif qui tous les fait moins estimer. Si vous en aviez toujours rencontré dont le tempérament eût été soumis à la vertu, et les sens moins forts que la raison *, vous penseriez mieux que vous ne faites d'un certain nombre qui se distingue toujours de la multitude, et il me semble que Mme de la Fayette et moi méritons " bien que vous ayez un peu meilleure opinion du sexe en général. Vous ne ferez que nous rendre ce que nous faisons en votre faveur, puisque, malgré les défauts d'un million d^hommes, nous rendons justice à votre mérite particulier, et que vous seul nous faites croire * tout ce qu'on peut dire d'avantageux ' pour votre sexe •.
I. f< .... parce que qui auroit mérité.... w {Édition de Dupiessis.) a. Maxime 358,
3. « .... que je m^j attendois si peu. » {Édition de Duplessis.)
4. V. Cousia {Madame de Sablé ^ p. 168) fait observer que l'Abbessc parait ici poursuivre les hostilités de sa mère (Mme de Montbazon) contre la duchesse de Longueville.