OPINION DE DANIEL HUET SUE LES HJXIMBS
In lis sententïU quas pervulgavît {fioceafuctddius) sub Axiomatam no^ mine y pertinentque ad mores homlnum, nihil est quod valde lauJem : non enim ex nativo hominum ingenio etmoribus integr'u, sed ex naturm de' pravatione et aninû humani corruptela petit» sunt : ut quod genertdi 90» eabulo appellavit Axiomata, quasi omni honùnum generi mque convemami^ rectius iUa improborum hominum vitiis dicenda sint convenire*,
I. Extrait de rourrage intitulé : Pet, Dan» ffuetUf emscopi abrineeneis^ Commentarius de rébus ad eum pertinentibus , Amstelodami, apud H» dm Sauzet, M.DCC.XFIII, p. 3 16. — La TÎe de Pierre-Daniel Haet est asMS connue; nous rappellerons seulement qu'il est né à Caen en i63o, et qu'il arriva rapidement à la célébrité parmi les lettrés et les sanmts du siède. Sous-précepteur du Dauphin en 1670, il est reçu bientôt après membre de l'Académie française. Évéque nommé de Suis&ons en i685, il ne prend pas possession de son siège, et permute en 1689 avec l'éréque d'Avrancbes; au bout de dix ans, ses infirmités l'obligent à se démettre de l'épiscopat. et il se retire dans la maison professe des Jésuites de Paris, où il meurt le 26 jan- TÎer 1721, à l'Age de quatre-vingt-onze ans. Il a laissé de nombreux ouTrages, qu'on ne lit plus guère, mais qui ont été pendant longtemps fort estimés.
a. <c Dans ses Maximes^ on il (A#. de la Rochefoucauld) z peint les mceors des hommes, je ne trouve pas grand' chose à louer sans réserve; car ce n'est pas aux bonnes mœurs, mais aux moeurs corrompues, qu'il çn a emprunté le sujet : de sorte que ce qu'il a appelé du nom général de Maximes^ comme si elles étaient également applicables à tous les hommes, ne convient, à vrai dire, qu'aux honunes vicieux. » {Mémoires de Daniel Huetf évique d'Avranehee, traduits pour la f^emière fois du latin en français ^ par Ch, If isard, Pairis, Hachette, i853, p. 195.)
ARTICLE DU JOURNAL DES SJFJNTS, SUB LES MÀLÎMSS DE LÀ KOGHEFOUCAULD (l665)^.
PROJET D^A&TICLI.
C*eftt un traité des mouvements* •du cœur de Thomme, qu'on peut dire lui avoir été comme inconnus jusques à cette heure'. Un seigneur, aussi grand en esprit qu'en naissance, en est l'auteur^ ; mais ni sa grandeur ni son esprit* n'ont pu empêcher * qu'on n'en ait fait desjugementshien différents.
Les uns croient que c'est outrager les hommes que d'en faire
ÂETiCLB mpami (9 mars i665).
Une personne de grande qua^ Uté et de grand mérite passe pour être auteur de ces Maximes ; mais^ quelques lumières et quelque dis»
cernement qtCil ait fait paroiire dans cet ouvrage^ il n*a pas empé' ché que Ton n'en ait fait des jugements bien différents.
1. Extrait du tome II des Portefeuilles de ballant, folios 148 et 160. — Cet article, véritable réclame^ comme nous dirions aujourd'hui, est de Mme de Sablé (voyez la Notice biographique). Le brouillon^ écrit de la main de Vallaat (folio 148), sous la dictée de la marquise, est intitulé : Ce que Madame a envoyéà M. de la Rochefoucauld pour le Journal des Savants, le \% février i665. Il y en a plus loin (r()lio 160) une mise au net, qu'on pourrait croire dittée du a8 février, le chiffre i , sous la plume de Yallant, ressemblant fort au chiffre a. Une autre copie avec corrections se trouve au tome Y, folio 869; die a pour titre : Sur le livre de M. de la Rochefoucauld^ pour mettre dans le Journal des Savants. — Nous donnons le Projet tTarticle selon la mise au net, mais nous ajoutons dans les notes les premières levons du brouillon. — Petitot (^Notice sur la Rochefoucauld, en tète des Mémoires) et M. Sainte-Beuve {Portraits de femmes, M. de la Rochefoucauld, 1 5 janvier 1840) ont publié le Projet d'article; Y. Cousin y a depuis ajouté V Article imf^imé [Madame de Sablé j 1854 et iSSg). Il se trouve à la page 116 du Journal des Savants (9 mars i665), suus ce titre : « Réflexions ou Sentences et Maximes mo^ raies, à Paris, chez Claude Barbin, au Palais. » — Nous avons mis en italique les passages de V Article imprimé qui diffèrent du Projet d'article; ce •ont probablement les retouches mêmes de la Rochefoucauld.