Tome X, liTre II, édition de i653, p
4. On sait que le CiJest de 16 36, Héraclius de 1647; entre ces deux dates se placent Horace^ Citma^ Polyeucte (1639, i64o), puis Pow^e^ le Menteur^ Rodogunê (i64i-i645).
Là Rocuivoucauu). i e
Lxvi NOTICE BIOGRAPHIQUE
à la fin de la même année, sa première oraison fim^re ^^ et la cour et la ville se pressent à ses sermons; Boileau écrit ses premières satires'; Racine s'apprête à débuter'; et Molière vient de s'établir à Paris et d'inaugurer la comédie de mœurs ^.
Près de cette littérature à la forte sève fleurit une littérature d'un genre plus menu, éclose, en pleine conversation, dans la tiède atmosphère des ruelles et des salons : c'est à celle4à que se rattache le nom de la Rochefoucauld. A la controverse, à la passion polémique, fort à la mode au seizième siècle, le dixseptième avait substitué, pour un temps, la causerie aimable et enjouée. De i63i à i634, le fameux hôtel de Rambouillet fut le cercle brillant où l'on se forma à la décence, au bel air, à la politesse et à la galanterie. L'honnête homme par excellence pour cette société était précisément celui qu'a défini l'auteur des Maximes et dont il semble avoir aspiré lui-même à présenter le type : de la hauteur dans les sentiments, de la bravoure, de grandes manières, de la libéralité, avec une pointe de persiflage dans l'esprit; c'était le mélange, d'ailleurs voulu et prémédité, du genre espagnol et de l'italien avec le bon goût français, le bon goût d'alors. Quant à la théorie de la spiritualité de t amour ^ dont Julie d'Angennes força le pauvre Montausier à faire l'expérience durant quatorze ans, elle eut généralement plus de succès dans les livres que dans la pratique; on a vu que la Rochefoucauld, pour son compte, ne se crut point obligé de pousser par l'exemple à la propagation de cette doctrine outrée.
Les habitués les plus célèbres de l'hôtel de RambouiUet furent, dans la première période : Mlle de Scudéry, Balzac % Voiture*, Conrart, Patru, Scarron, Rotrou, Bensserade, Saint- Évremond et Ménage. L'auteur de MélitCy puis du Cid et à' Horace^ y venait lire ses pièces ; les hommes les plus graves, les meilleurs esprits, étaient alors pleins de vénération pour cette sorte d'académie, qui, ayant entrepris, en haine de ce qui lui