Voyez Vappendice m, p. c
SUR LA ROCHEFOUCAULD. v
une vive mais vaine passion à Henri IV'. » En 1619, le roi Louis XIII le nomma chevalier de ses ordres, et, en avril i6aa, il érigea le comte de la Rochefoucauld en duché-pairie. Dans les lettres d'érection*, où il lui donne les titres de « capitaine de cent hommes d'armes de nos ordonnances, gouverneur et notre lieutenant général en notre province de Poitou*, » il le
I . Notice historique sur le duc de la Rochefoucauld^ par M. Edouard de Barthëlemj, p. 14, note a.
a. Ces lettres, données à Niort, furent enregistrées le 4 septembre i63i. François V ne fut reçu que le a4 juillet 1687, à cause de l'opposition de Richelieu : Toyez le P, Anselme^ tome IV, p. 41 4* Il derait être reçu le 5 septembre i63i, arec le duc de la Valette et le cardinal de Richelieu; mais Mathieu Mole nous dit (Mémoires^ tome II, p. 68, édition de la Société de THistoire de France) que, le Roi n'étant pas content du comte de la Rochefoucauld, et ayant donné ordre de s'opposer à sa réception, celui-ci ne TÎnt pas à la séance du 5.
3. Dans l'acte de baptême de son fils aîné (161 3), François V a les titres de a conseiller du Roi en ses conseils d'État et priré, et maître de sa garde-robe, d Dans un autre, d'un fils de Christophe Cadot, brodeur du Roi, dont il fut parrain eni6i7, iljaa grand maître, 0 au lieu de a maître, d et « gouTemeur du Poitou et de Poitiers. » Voyez le Dictionnaire cité deJal^p, 789 et 740. — Moréri place la création de la charge de grand maître de la garde-robe à la date du a6 novembre 1669 i ^^ ^^^^ parler sans doute de la réduction à un titulaire unique et par cela même plus important \ car, sans parler de l'acte de 16 17 attribuant ce titre k François V, Montglat, dans ses Mémoires (tome I, p. 436), nomme, en 1648, deux grands maîtres (lui-même et un autre), et les États de la France que nous ayons pu voir, à partir de 1648, en inscrivent tantôt quatre, tantôt, et le plus souvent, deux, jusqu'à l'époque où il n'y en a plus qu'un, avec deux maîtres. Un État de la France, publié l'année de la mort de François V (à Paris, chez Ch. de Cercy {sic), i65o), et dont on trouvera plus loin un extrait (voyez p. XLi, note a), donne (p. 67) à François VI le titre de grand maître de la garde>robe, comme s'il avait succédé en cette charge à son pare, qui, on le voit par les États antérieurs, ne l'avait pas conservée. Au reste cet État de i65o se dément lui-même (p. 79): il ne nomme pas notre duc parmi les titulaires de la charge. Même erreur et même démenti dans un autre État de i65a (p. 76 et 173, à Blois, chez Fr. de U Saugère). Le titre rentra dans la famille par François VII, en 167a : voyez V appendice îx, p. cxvi.
VI NOTICE BIOGRAPHIQUE
loue en ces termes de la part qu'il eut à la repression de la révolte des Calvinistes dans son gouvernement :
<c II s'est montré si soigneux d'égaler la gloire de ses pères, qu'il ne s'est offert aucun sujet dedans notre royaume et pendant les mouvements dont il a été agité, qu'il n'ait employé sa créance, fidélité et affection au bien de notre service, même en cette dernière occasion de la descente du sieur de Soubise ^ et des rebelles en cette province, où il a si prudemment et vertueusement ménagé les terres qui étoient sous sa charge, qu'il auroit engagé lesdits rebelles en la défaite qui est arrivée, ayant contribué par celte conduite à l'heureuse victoire que nous avons remportée sur eux*. »
Louis XIII passa, le 21 avril 1622, par Fontenay-le-Comte, et y descendit chez le gouverneur. « Quelques jours plus tard, Marie de Médicis se fit présenter, chez Mme de la Rochefoucauld, l'échevinage, qui lui demanda la démolition de tous les châteaux forts du bas Poitou n'appartenant pas au Roi.... La Reine mère fut reçue dans l'hôtel situé à côté de la porte de la Fontaine (maison Boumier), oii le comte de la Rochefoucauld avait étabU son domicile, et qui a porté depuis le nom de Maison du Gouverneur^ » »
I. Benjamin de Rohan-Soubise, frère cadet du duc Henri de Rohan. Il soutint, en i6ai, dans Saint -Jean-d*Angëly, un siège de près d'un mois contre Louis XIII.
3. Des lettres de Louis XIII, de i6aa, insérées dans les Mémoires de Mathieu Mole (tome I, p. 264 et a66), nous montrent François V commandant des troupes à Tune des attaques de Tile de Ré, puis inrestissant une place et la forçant à se rendre.
3. Poitou et Fendée^ par MM. Benjamin Fillon et Octave de Rochebrune, Fontenay, 1861, in-4®, p. 68. Voyez dans le même ouvrage une vue de Fontenay-le-Comte avec la tourelle de la Mmiion du Gouverneur,
Un acte extrait des registres de baptême de la paroisse de Notre- Dame de Fontenay, déposés au greffe du tribunal civil, et dont nous devons la copie à M. Benjamin Fillon, permet de supposer que François V était dans cette ville en 163 1, avec sa femme et set enfants : il n>n avait encore que deux. On y voit que, le 17* de septembre i6si, « Messire François de la Rochefoucauld, prince de Marcillac, fils aîné de haut et puissant seigneur François,
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Cest tantôt dans cette résidence, tantôt dans les diverses maisons de son père en Angoumois, la Rochefoucauld, Verteuil et autres*, que notre auteur passa une partie de son en-
comte de la Rochefoucauld, o fut parrain du fils d*un sieur Raoul Gallier-Picard, ëcuyer.
I. On lit dans les Mémoires manuscrits sur VAngoumois^^^ rédigés par le sieur Gervais, lieutenant criminel au présidial d'Angoulême, et adresses par lui, rers le milieu du dix-huitième siècle^, au comte de Saint-Florentin, ministre sous Louis XV : a II y a peu de provinces en France, d*une aussi petite étendue, dans laquelle il se trouTe d^aussi grandes maisons, et d'[oii] un aussi grand nombre de seigneurs de nom tirent leur origine. C'est peut-être aussi celle du Royaume où il y a de plus belles terres et en plus beaux droits.
d Les seigneurs de la Rochefoucauld.... y possèdent la duché de ce nom, qui fut érigée en i6aa par Louis XIII.... La terre particulière de la Rochefoucauld contient vingt paroisses et vaut dix mille livres de rente. Le château qui y donne le nom, sur la Tardouère, fut bâti, en i54o, par Anne de Poulignac (Polignac)^ yeuve {en secondes noces) àt François, second du nom^, et est fort beau. C'est le chef-lieu de toutes les autres terres et de la duché, la maison patrimoniale ancienne et le berceau des seigneurs de ce nom et de leurs ancêtres*'; mais, quoiqu'il soit richement meublé, ils n'y font pourtant pas leur résidence actuelle (au ^/x-Aii//i^mtf«iVc/0), lorsqu'ils sont dans la province. Il y a à l'entrée de ce château une tour plus respectable par son antiquité que d'usage dans sa con« stniction.... On juge.... que c'est un reste de l'ancien château....
« Verteuil (ou Vertœil, voyez tome III, p. i5, note 9).... est une baronnîe composée de neuf ou dix paroisses, à la tête desquelles est la petite ville de ce nom, à sept lieues d'Angoulème, composée de cent feux. Les habitants en sont communément pauvres.... Cette terre seule ne vaut pas plus de cinq mille li-
* Bibliothèqae nationale, Ms. Fr. 8816, in-folio, p. 104 et suivantes.
* Avant Tannée 1770* où le comte de Saint-Florentin devint duc de la YriHière.
* Cett elle qui reçat, en i SSq, après la mort de son second mari, Temperenr Charles-Qoint et les enfants de France dans son cbâteaa de YerteoU : voyes le P, Anselme^ tome I Y, p. 427 .
' Cest Gay YIII de la Rocbefoacaald, goaTerneor d^Angoomois, bisaTeul do premier comte Francis I, qui, par lettres de septembre 1370, obtint d« roi Charles Y, dont il était conseiller et diambellan, que ses terres assises an ressort et comté d'Angoulème ressortiraient dorénavant à son ehâteau de la Boefaefbucanld : voyei le P. Antelmât tome lY, p. 4a3.
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fance et de sa jeunesse. Cette période de sa vie n'est point connue, et peut-être ce qu'on en pourrait savoir n'ofirirait-il
vres de ferme. Le château de Verteull, qui domine la ville sur la Charente, est la maison de plaisance des seigneurs de la Rochefoucauld, qui y font leur résidence ordinaire lorsqu'ils sont en province. Ce château est ancien et d'une structure fort irrégu- Hère, mais qu'on a néanmoins rendu très-logeable par les appartements qu'on y a ménagés et les commodités qu'on y a pratiquées dans les derniers temps, quoique sans suite. On y a, entre autres, ajouté une galerie neuve et un salon magnifique dans lesquels sont placés les portraits des seigneurs de cette maison . . . '.
(i Les issues de Yerteuil, connues sous le nom de parc de Vauguay, ont des beautés naturelles qui surpassent peut-être tout ce qu'on peut voir en France. Le parc, d'une étendue des plus spacieuses, s'est trouvé contenir un terroir très- propre à élever des arbres, et les plants de charmilles et d'autres espèces y ont si bien réussi, qu'il n'y en a point ailleurs d'une semblable hauteur, de si belle tige et si bien fournies. On y entretient aussi une orangerie superbe.
« Le parc de la Tremblaye, qui y est joint, est une forêt entière, brute, toute enfermée de hauts murs, dans laquelle il y a nombre de bétes. Les arbres en sont aussi fort beaux. Elle est coupée au milieu par une grande allée dont le point de vue, qui répond par d^autres allées à la porte du château, forme une des plus belles perspectives du monde.
a La baronnie de Montignac-Charente, à quatre lieues d'Angouléme, appartenante au même seigneur, contient vingt-quatre paroisses et peut valoir huit mille livres de revenu. Le chef-lieu du même nom est un petit bourg qui contient, compris Saint- Étienne joint, quelque quatre-vingt-onze feux. Il n'y a que quelques petits cabaretiers et artisans que les foires y entretiennent. Le reste est bas peuple et pauvre. Le château est presque tout en vieille masure. »
Le Mémoire de la généralité de Bordeaux (1698), cité dans notre tome III, p. a36, note 14, inscrit comme appartenant au duc de la Rochefoucauld les trois terres, d'une a grande étendue, » de llfontclar, Eschizac et Cahuzac, les deux premières en Périgord, la troisième, moitié en Périgord, moitié en Agenois.
Dans les Mémoires du Poictou (1697) de Charles Colbert (Biblio-
* Le manascrit énomère les portraits dans leur ordre; l*original da dix* huitième est « Jean {père du premier comte François /), mort en i47Xt V^^ épousa Marguerite de la Rochefoucauld, héritière de Yerteuil, et réunit par ce mariage les deux branches et les deux terres. »
SUR LA ROCHEFOUCAULD. ix
pas un grand intérêt. En ce temps-là, Tëducation des fils de famille tendait surtout au développement de l'être physique. Élevé ainsi à la campagne, le jeune Marcillac (c'est le titre qu'il porta*, jusqu'à la mort de son père, en qualité d'atné; il rétait de douze enfants*) excella sans doute, dès l'adolescence,
thèque nationale, Fonds Colbert^ V*^, n^ 378), publiés en i865 par M. Dugast-Matifeu, sous ce titre: État du Poitou sous Louis XIV (Fontenaj, in-8^), on trouve d^ intéressants détails sur la famille de notre auteur. Il j est dit notamment (fol. i4a v^) que le duc de la Rochefoucauld (alors François VII) a beaucoup de pouToir dans la province, <c quoiqu^il y ait peu de biens, 0 parce qu^ <x il y a force gens qui sont ses parents et amis. » — Et (fol. 100) : « En la paroisse de Notre-Dame de Monts, élection des Sables, il j a une maison de la Rochefoucauld, où il y a quatorze mille livres de rente et plusieurs jeunes gens capables de servir, qui sont catholiques et seigneurs du Breuil. 0
I. Le château de Marcillac, Marcillac-Lan ville, commune de la Charente (Angoumois), à six lieues d*Angouléme, avait ëté bâti par Yulgrive I, comte héréditaire d*Angoumois, vers la fin du neuvième siècle, pour s*opposer aux incursions des Normands. Il fut acquis, pour neuf mille écus, de Guillaume de Craon, seigneur de Châteauneuf, de Montbazon et de Marcillac, par Guy YIII de la Rochefoucauld, déjà nommé dans la note précédente, qui, d*après A. duChesne, qu*a suivi le P. Anselme (p. 4^4)) épousa, en secondes noces (1389), Marguerite, fille dudit Guillaume de Craon. Jean, père du premier comte François I, rebâtit le château en 144^* Voyez le Recueil en forme d'histoire de la ville et des comtes d^Angouléme^ par François de Corlieu, à la suite de VHistoire de P Angoumois par Vigier de la Pile, 1846, in-4®, p. 14 ; cette dernière histoire, p. 46; et le P, Anselme^ tome IV, p. 435. — François II de la Rochefoucauld est le premier à qui le P. Anselme donne le titre, non plus, comme à ses ascendants, de <x seigneur, » mais de a prince de Marcillac, s et nous voyons ensuite cette dénomination désigner constamment le fils atné du vivant de son père.
s. Aux douze enfants énumérés par le P. Anselme, une lettre de François V à Richelieu ajoute deux garçons : voyez VappentUee 11 de cette Notice^ p. xcvn, note 4, et, au tome III, la lettre a de Vappendice i, p. aSo et note 4* Sur ce que devinrent les onze frères et soeurs de François VI inscrits dans les généalogies, et ses propres enfants puînés, royez les Mariages dans F ancienne société française^ par M. Ernest Bertin (1879), p. 143-147. L*auteur retranche à François Y un des fils (Aymery sans doute, mort jeune) et une des filles que hii
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dans les divers exercices du corps. Pour ses ëtudes, elles durent être assez sommaires, car Segrais rapporte et Mme de Maintenon confirme qu'il avait peu de savoir*. Il avoue luimême qu'il n'entendait pas très-bien le latin '• Son maître de littérature fut un certain Julien Collardeau*, de Fontenay, qui succéda à son père comme avocat et procureur du Roi au siège de cette ville, et qui fut ensuite (17 janvier i65o) pourvu d'une charge de conseiller d'Etat en récompense de sa fidélité au parti de la cour durant les troubles de la Régence. Ce ne fut donc pas la faute du précepteur si l'élève devint un frondeur. Il se peut que les romans aient été de bonne heure un aliment favori de l'esprit de notre auteur, qui paraît en avoir conservé le goût jusqu'à la fin de ses jours. Mme de Se vigne, dans une lettre du i a juillet 1671 ^, se console par son exemple de « la folie qu'elle a elle-même pour ces sottises-là : » ce
comptent le P. Anselme et Moréri. Ajoutant à ces deux générations une troisième, a En trois générations, dit-il, sur vingt-cinq enfants adultes, je compte six religieuses, trois vieilles filles, huit prêtres, abbés ou chevaliers de Malte, et un abbé mixte, demi-abbé, demicapitaine. D
I. a M. de la Rochefoucauld n^avoit pas étudié; mais il aroit un bon sens merveilleux, et il sa voit parfaitement bien le monde, n {Stgraisiana^ p. i5, Amsterdam, 173a.) — M. de Barthélémy, dans sa Notice (p. i63), cite de Mme de Maintenon, sans dire où il Ta pris, «e passage: « Il avoit.... beaucoup d*esprit, mais peu de savoir» »