‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 5)Chapitre 67 sur 364 · Lettre du 30 juin 1673, tome III, p · texte numérisé non relu

Lettre du 30 juin 1673, tome III, p

5. Cest-à-dire du duc de Longueville {Lettre du 34 juin 167s, tome III, p. I3i). — Charles-Paris d'Orléans, d'abord comte de Saint-Paul, était derenu duc de Longueville en 1671 par donation de son frère aîné, Jean-Louis-Charles d'Orléans, qui, cntr*^ dans les ordres, mourut, le dernier de sa maison, en 1694. Charles-Paris était né, on le sait, à l'Hôtel de Ville de Paris, le 39 janvier 1649. Henri-Louis de Brienne (tome II, p. 940, des Mémoires déjà cités) parle de son extrême ressemblance avec le duc de la Rochefoucauld, dont il était fils en effet. Il avait été question de le marier avec Mademoiselle, puis avec la sœur de l'Empereur, ce qui lui eût valu le trône de Pologne à la place de Michel Coribut Wiesniowiecki. L^affaire semblait être sur le point de se conclure, lorsqu'il fut tué (Mémoires de Mademoiselle^ tome IV, p. 397 et 398). Le Roi ne l'aimait pas, et ne voulut pas lui donner le

SUR LA ROCHEFOUCAULD. lxxxtii

On comprend qu'après cela, malgré ses succès de salon et ses succès littéraires, auxquels il était également sensible^ malgré Tamitié caressante de Mme de la Fayette et de Mme de Sévignéy la mélancolie de la Rochefoucauld, si rudement atteint dans son corps et dans son âme, n'ait ùàt que s'accroître dans les dernières années de sa vie. Il y a deux choses dont il nous parle dans ses Maximes avec une persistance significatÎTe : l'ennui, auquel il ne trouvait de remède que dans son extrémité mème^, et cette indolence, qu'il appelle la paresse, et qui, telle qu'il la définit, n'est autre que le découragement*. Dès le mois d'août 167 1, il avait cédé sa duché-pairie à son fils atné, « politique et complaisant ', » partant fort bien en cour, pourvu d'une bonne pension, puis, plus tard successivement, avant la mort de son père, du gouvernement du Berri, à la place de Lauzun (décembre 167 1), de la charge de grand maître de la garde-robe * (octobre 1672), et enfin de celle de

gouTeniement de Normandie. Mademoiselle (ibidem^ p. 899) dit qa*il avait « on air fort méprisant. » La vérité est qu*il parlait peu, et arec beaucoup d*esprit, comme son père. Comme son père aussi, son père naturel bien entendu, il était fort aimé des dsimes : Mme de Thianges, Mme de Brissac, la marquise d*Haxelles et autres, qui voulaient raccompagner en Pologne, et qni, à sa mort, portèrent le deuil. Il y eut, dit Mme de Sérigné (tome III, p. 142), a un nombre infini de pleureuses. » Ce duc de LongueriÛe laissait de Mlle de la Ferté un fils naturel, le chevalier de Longueville, tué plus tard à Philipsbourg (1688) par un soldat qui tirait une bécassine. — La douleur de Mme de Loôigueville ne fut pas moins rive que celle de la Rochefoucauld ; c^ était à faire fendre û ecmr^ dit Mme de Sévigné (ao juin 1673, tome III, p. ii3-ii5), et elle ajoute : «Pai dans la tète que s^ils s*étoient rencontrés tous deux dans ces premiers moments, et qu^il n^y eût eu que le chat avec eux, je crois que tous les autres sentiments auroient fait place à des cris et à des larmes, qu*on auroit redoublés de bon ccsur : c*est une vision, a

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