‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 5)Chapitre 66 sur 364 · Lettre du 97 avril 1679, tome III, p. 4o · texte numérisé non relu

Lettre du 97 avril 1679, tome III, p. 4o

Lxxxvi NOTICE BIOGRAPHIQUE

« Il a perdu sa vraie mère*, dit-elle, je l'en ai vu pleurer avec une tendresse qui me le faiseit adorer.... Le cœur de M. de la Rochefoucauld pour sa famille est une chose incomparable*. » Quelques mois plus tard arrive la nouvelle du passade du Rhin, suivie aussitôt de ceUe des pertes que la noblesse y avait faites. Il apprend que le prince de Marcillac a Aé grièvement blesse, que son quatrième fils, le chevalier, a été tué, ainsi que le duc de Longueville. a Nous étions chez lime de la Fayette, dit Mme de Sëvignë*.... Cette grêle est tombée sur lui en ma présence.... Ses larmes ont coulé du fond du cœur, et sa fermeté Ta empêché d'éclater. » Plusieurs fois la marquise revient sur ce triste sujet : « J'ai vu son cœur à découvert dans cette cruelle aventure; il est au premier rang de ce que j'ai jamais vu de courage, de mérite, de tendresse et de raison. Je compte pour rien son esprit et son agrément*. » — a N'oubliez pas, dit-elle encore dans une lettre à sa fille, d'écrire à M. de la Rochefoucauld sur la mort de son chevalier et la blessure de M. de Marcillac ; n'allez pas vous fourvoyer : voilà ce qui l'aflBige. Hélas ! je mens : «itre nous, ma fille, il n'a pas senti la perte du chevalier, et il est inconsolable de celui que tout le monde regrette '. »

I. Par comparaison arec ce qui est dit quelques lignes plus bas, dans la même lettre, de Mme de Marans : voyez ci-dessus, p. lxxxt. 1. Lettre du 4 mai 1673, tome III, p. 53.

Page 1