X. Lettre du 99 mars 1680, tome VI, p
9. Uimpression de cette Notice était entièrement achevée quand a paru, dani la Repue des Deitsc Mondes du i5 septembre 1880, à Foccasion d*iine récente découverte faite dans les Archives d^Ëtat de Turin, une retouche du portrait de Mme de la Fa jette, une nouvelle étude sur son caractère, qui nous la montre entretenant actÎTement une correspondance diplomatique, çà et là frivole par le sujet, çà et là peu édifiante, qui étonne sous sa plume, et la continuant Tannée même de la mort de la Rochefoucauld. Nous ne pouvons nier que la lecture de ces lettres ne modifie en partie ridée qu^on aimait à se faire de leur auteur, mais nous ne croyons pas qu*on puisse induire de cette trouvaille que ses regrets de la perte de son ami niaient pas été vifs et profonds et qu^elle ne soit pas demeurée fidèle à sa douleur.
Au reste, le changement que ces lettres de Turin apportent à Pappréciation qui a eu cours jusquUci est-il vraiment tout à finit inattendu? Que nous apprennent-elles surtout? Que Mme de la Fayette fut et demeura, plus longtemps qu* on ne Teût cru, agissante, affiûrée, qu*elle poussait loin, trop loin, le désir de plaire, le besoin d^infiuence, Tamour des hautes, puissantes et utiles liaisons. Set contemporains, ses amis ignoraient-ils absolument ce trait de ton caractère, cet emploi de son activité ? Sans reparler de Gourviile, mécontent et blessé, donc témoin suspect >, pesons ce que Mme de Sévigné écrit à Mme de Grignan, dans sa lettre du 96 février 1690 ^, c^est-à-dire dix ans après la mort de la Rochefoucauld : «Voyez, dit-elle, comme Mme de la Fayette se trouve riche en amis de tous côtés et de toutes conditions : elle a cent bras, elle atteint partout ; ses enfants savent bien qu*en dire, et la remercient tous les jours de s^étre formé un esprit si liant; c*est une obligation qu^elle a à M. de la Rochefoucauld, dont sa famille sVst bien trouTée. »
Ne suffit-il pas de forcer et grossir un peu ces coups de pinceau pour cesser d'être surpru de ce qu'il y a d'entregent, de facilité complaisante, peu scrupuleuse même, dans ce commerce épistolaire, dans ces relations entretenues en haut lieu ?
• Voycï ci-dessus, p. lxxvh, noie a, et p. lxxxt.
* Lettres de Mme de Scvigné^ tome IX, p. 474,
DE LA NOTICE BIOGRAPHIQUE
(Voyez p. n et note a.)