‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 169 sur 239 · AU COMTE DE GUITAUT · texte numérisé non relu

AU COMTE DE GUITAUT

Du camp devant l'Isle*, ce ao d'août.

Nb croyez pas que je vous oublie jamais. Ce n'est pas pour être meilleur que les autres que je vous dis ceci, mais parce que je ne serai jamais assez heureux pour que la tête me tourne. J'ai reçu deux de vos let-

gens de qualité entrassent dans la compagnie colonelle poor 7 porter le mousquet. U 7 en eut jusqu'à soixante, dont plusieurs ont ëtë depuis officiers généraux, comme MM. d*Albret, de Feuqnières, de Crenan, la Rochefoucauld, etc.... Le régiment fit sa première campagne en 1667, et se distingua fort aux sièges de Tournai, de Douai, de Lille.... > Le marquis de Dangeau le quitta en 1670, pour aller ambassadeur extraordinaire en Suède; il fut remplacé par l'ancien lieutenant-colonel Martinet, qui fut tué en 167a.

5. La paix de Breda, entre TAngleterre, la France et la Hollande, fat signée le 3i juillet de Tannée 1667.

Lkttiib 94. — > Publiée pour la première fois dans le reoaeil de Lettres Inédites de Mme de Sévigni (Klostermann, p. a83 \ Bossange, p. 397). Cette lettre a été écrite, comme la précédente, en 1667, au cours de la guerre dite des droits de la Reine. Le 16 mai de cette année, les armées françaises avaient envahi les Pa7S-Bas espagnols, et au commencement de juillet, après avoir pris Binch, Charleroi, Ath, Tournai, Douai, Gourtrai, Oudenarde, le Roi avait mis le siège devant Lille, que défendait le comte de Brouai. La lettre de la Rochefoucauld est postérieure de deux jours seulement à Fouverture de la tranchée, qui se fit le 18 août. La place se rendit le a8. yo7ez Montglaty tome III, p. i43-x45.

I. Les deux éditions antérieures ont ici, comme plus haut (p. 184, ligne i), et évidemment d*après les autographes, VlsU^ pour Like,

très depuis quatre jours, et U ne se peut rien ajouter à vos soins. Je crois que vous serez bien étonné de savoir que je suis volontaire depuis six semaines, et que je fiiis tout comme ceux qui se portent bien. Monsieur le Duc' nous a fait grand'peur : il a eu la fièvre deux fois vingtquatre heures, continue et très-violente ; elle le quitta hier. Je ne sais si on le portera à Tournai, ou s'il de^ meurera au camp. J ai été d'avis que Ton prtt par écrit Tavis des médecins et qu'on le suivît exactement. M. de Briolle ' m'a dit qu'il se serviroit de cela pour demander on congé. Apparemment ce mal n'aura pas de suite, et vous serez libre de venir ou de ne venir pas. Je ne doute pas que Monsieur le Prince ne soit parti sur le bruit de la maladie; mais je crois qu'il ne continuera pas son voyage, sachant que Monsieur son fils se porte mieux ^. Puisque vous voulez savoir des nouveUes de mon abbaye, j'ai eu celle de Fonfrède', en Languedoc, avec l'économat; elle vaut quinze mille livres de rente*; elle est pour celui de mes enfants que vous connoissez

3. Henri-Jules de Bourbon, duc d'Enghien, fils du grand Cond^. Ne en 1643, il avait épouse, en i663, Anne de Bavière, fille du prince Palatin du Rhin; il mourut en 1709.

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