‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 192 sur 239 · LÀ DUCHBSSB DB LA ROCHEFOUCAULD k · texte numérisé non relu

LÀ DUCHBSSB DB LA ROCHEFOUCAULD k

J'àygis été jusques à aujourd'hui dans la ' croyance d'une visite de haut appareil, Mme de Chevreuse ayant ëcrit à mon fils^, en passant par Rufec, qu'elle alloit à Xaintes, pour une affaire d'importance et en diligence, et qu'elle le prioit de lui envoyer un carrosse, et qu'au retour elle me verroit*. Mon

Lbttiib 3. — RcTue sur l'autographe, aux Archives des affidres étrangères, France^ 1687, tome 86, fol. 49 ®t 5o; cachets conserves. Publiée pour la première fois par V. Cousin dans Madame de Chevreuse (i^* édition, i86a. Appendice^ p. ifia). Il est probable qu'elle est adressée par la duchesse de la Rochefoucauld, Ga« farielle du Plessis de Liancourt, mère de notre auteur, à son mari François Y, qui se trouvait alors à Paris (voyez ci-après, p. s4o, la note i de la lettre 4). — Sur la fuite en Espagne de la duchesse de Chevreuse, voyez les Mémoire*^ p. 33-37 ; et la fin du chapitre m, ainsi que Vappendice^ du livre de Y. Cousin que nous venons de citer. — Il y a aux Archives des affaires étrangères, et dans la Collection du Pujr^ à la Bibliothèque nationale, un bon nombre de pièces de Tenquéte que le cardinal de Richelieu fit fiiire sur la fuite de la duchesse de Chevreuse; dans deux de celles que nous reproduisons à la suite de cette lettre de la duchesse de la Rochefoucauld, notre auteur et son père se trouvent très-mélés à Taffaire ; elles ont été déjà publiées, de même que nos lettres 3 et 4? par Y. Cousin dans Vappendiee au chapitre m de Madame de C/iepreuse^ mais, contrairement à son exactitude ordinaire, avec diverses altérations de texte, que nous avons eu soin de corriger. Ces pièces sont, on le verra, de curieux témoignages de la négligence incorrecte et obscure avec laquelle, en ce temp»^ià, des personnages considérables, un magistrat haut placé, un grand seigneur^ rédigeaient des écrits de ce genre où la clarté, la sobre netteté sont si nécessaires. Plus étrange encore et d*un style vraiment incroyable est la relation de Tarchevéque de Tours, qui iait partie du dossier de la même enquête {ibidem^ fol. 77 et 78), mais que nous n'avons pas à reproduire, parce qu'elle ne concerne en rien la Rochefoucauld.

i, La est en interligne.

s. Yoyez ci-après, p. a33, la relation du président Yignier; et au tome II, p. 34, note a, un billet de Mme de Chevreuse au prince deMarcillac, qui, de tout ce qui est dit ici, ne contient que la demande du carrosse.

3. Dans l'autographe, vairoit\ plus loin, souh^onné\ poudre (ùo)^

a3si '' LETTRES.

carrosse est revenu aujourd'hui, et [j']ai su qu'elle a pris un

' ^ chemin tout contraire à celui qu'elle avoit mande ^. Ainsi j'ai soupçonne qu'elle eût quelque autre pensëe , et qu'il étoit à propos de vous en donner avis*, ce que je fais par ce porteur, que j'envoie exprès, de peur que mon paquet se perdît à la poste, et que vous vous fâchassiez, si je manquois à vous avertir de cela. Vous jugerez mieux que moi si la chose peut être de conséquence *. Qu'elle en soit ou n'en soit pas, je voudrois bien qu'elle se fût avisée d'aller par un autre pays que celui-ci, ou que Rufec n'eût point été dans le voisinage de Verteuil', car une plus fine que moi y eût ëtë de même trompée. - Encore que je n'aie su qu'après que le carrosse a été parti qu'elle l'avoit demandé, et, quand elle me l'eût demandé, je lui eusse de même envoyé, croyant, aussi bien que mon fils Ta cru, que c'étoit une civilité qui ne se pouvoit pas refuser et qui n'importoit à personne, sachant assez qu'elle a des affaires avec Monsieur son mari qui ne regardent que leurs seuls intérêts', et peut-êlre n'est-ce que cela: je m'en remets au jugement de ceux qui ont meilleure vue.

De Vertœil, oe x3 septembre* [1637].

pour 90udroi$\ peîs^ pour po^j; regarde^ pour regardent \ nesse^ pour

4. Voyez sur ritinéraire de Mme de Chevreuse, ci-après, les annexes A et B à cette lettre 3.

5. A la suite de donner avis {donne[r\ biffé), il y a avertir^ mais qui semble biffé aussi.

6. Elle fut en effet de conséquence. On a vu, par les Mémoires^ p. 35-39, q^e la participation du prince de Marcillac à la fiiite de Mme de Cherreuse donna lieu à une enquête officielle, et amena même Temprisonnement dudit prince : voyez ci-après, p. 342 et note 16.

7. Ruffec (Charente) n'est qu'à six kilomètres de Verteuil. — L'orthographe de l'original est ici Ferteuily et plus bas, à la date, Fertœil\ voyez ci-dessus, p. aSo; et p. 16, note «.

8. Mme de Chevreuse était alors en procès arec son mari, pour être séparée de biens d'avec lui, procès qu'elle gagna : voyez l'ouvrage cité de Cousin, p. i36.

9. Il y a bien, à la date, i3, et non, comme dans le texte de Cousin, 19.

APPENDICE I. a33

RELATION DU PrAsIDBNT VIGITIER.

.... Aujourd'hui, huitième jour du mois de novembre mil six cent trente-sept, en continuant notre information et procèsverbal, sommes arrives au bourg de Verteuil, à rhôtellerie où pend pour enseigne le Dauphin : d'où nous nous serions transportés au château dudit lieu, où nous aurions dit à M. le duc de la Rochefoucauld, pair de France, et à M. le prince de Marcillac, son fils, que nous avions reçu ordre de nous transporter en ce lieu, pour leur donner communication de la commission de laquelle il a plu à Sa Majesté de nous honorer, donnée à Saint-Germain-en-Laye, le vingt-sixième octobre de la présente année, laquelle nous leur aurions fait lire, afin qu'ils eussent à nous répondre sur le contenu en icelle.

Puis, ayant fait savoir audit sieur duc les choses que Sa Majesté nous auroit ordonné de lui dire de vive voix, il nous auroit fait réponse qu'il rédigeroit par écrit celles qui étoient venues à sa connoissance du contenu en notredite commis* sion, puis les remettroit entre nos mains, pour être envoyées à Sa Majesté.

Et, pour le regard de M, le prince de Marcillac son fils, il se seroit offert de répondre et nous dire ingénuement tout ce qu'il sauroit de cette affaire. Sur quoi, serions venus ensemble en notredit logis, et, après avoir d'icelui pris le serment en tel cas requb et accoutumé, nous a dit que, la veille de la fête de Notre-Dame de septembre dernier', le nommé Hilaire, valet de chambre de Mme la duchesse de Chevreuse, lui auroit apporté une lettre de ladite dame, laquelle il nous a représentée et mise* entre les mains, par laquelle, entre autres choses, elle le prie de lui eiivovcr secrètement un carrosse et prompte-

Lrttrx 3, annexe A. — Copié sur Toriginal, aux Archives des affaires étrangères, France^ 1637, tome 86, fol. 16-18. — Sur le président Vignier, du parlement de Metz, ^ue le cardinal de Richelieu avait chargé de Fenquète sur la fuite de Mme de Chevreuse, voyez au tome II, p. 36 et note a.

I. C^est-à-dire le 7 septembre, veille de la fête de la Nativité de la sainte Vierge.

a. Dans l'original, représenté ^ et mù, sans accord.

a34 LETTRES.

— ment, pour la mener à Xaintes pour des afiRures d'importance^ ' ^ ^ 7 lesquelles elle lui communiqueroit à son retour qu'elle viendroit voir Mme de la Rochefoucauld. Ensuite de quoi, il lui envoya un carrosse tiré par quatre chevaux, conduit par un cocher nomme Pierre, et suivi d'un postillon nommé Villefagnan. Et, outre cela, ledit Hilaire lui demanda quatre chevaux de selle, lesquels il lui fit donner et fit conduire par un sien valet de chambre nommé Thuillin* et ledit Hilaire, lequel lui laissa la haquenée de ladite dame, le priant de la garder jusques à son retour, depuis lequel temps et départ de ladite dame il nauroit oui parler d'elle que par le retour dudit Thuillin, qui fut sept ou huit jours après, lequel il* lui ramena deux de ses chevaux, et lequel arriva un jour devant ledit carrosse, ayant laissé ladite dame à Douzain^, une lieue de Castillonnet, et ledit carrosse demi-tieue au deçà de Mussidan. Et, trois semaines après, arriva le nommé Malbasty*, lequel dit avoir laissé ladite dame à Bannières', laquelle lui auroit com« mandé de revenir apporter une lettre à Monsieur l'archevêque de Tours ', et des compliments et assurances de sa santé à lui déposant : laquelle lettre il auroit envoyée* audit sieur archevêque par un laquais du sieur d'^tissac *®. Et, pour justifier de tout ce que dessus, offre ledit sieur nous représenter les susdits

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