‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 205 sur 239 · A MONSIEUR · texte numérisé non relu

A MONSIEUR

Monsieur , Etant arrivé depuis deux jours en une maison où il y a un

3. Sur le château de la Rochefoucauld, voyez la Notice biogra" phique^ p. ni, note i; et ci-dessus, p. ii5, lettre 4a, note 4*

Lettre 6. — Diaprés Tautographe conservé aux Archives des affaires étrangères, volume intitulé : Poitou^ i6o5-T65o(non paginé). Il n*y a pas de suscription indiquant le destinataire. On a vu dans la lettre a de cet appendice [note a, p. aag) que le père de notre auteur, tombé en disgrâce en i63a, avait recouvré une demi-faveur cinq ans après (1637). A Tépoque où cette lettre-ci nous place, Françob YI de la Rochefoucauld, alors suspect à Mazarin, écrit dans ses Mémoires (p. 9a) : a Je passai beaucoup de temps à la cour dans un ëtat ennuyeux; mon père y avoit des prétentions par lui-même; on

fort grand parc bkn forme*, au lieu de me délasser d'un in- 1644 commode voyage, je fus hier au rendez-vous que M. d'Argenson^ et moi nous étions donné*, où j'appris que l'intention de M. de Parabère étoit véritablement de se défaire de son gouvernement de Poitou, mais qu'il en vouloit cent douze mille écus, alléguant pour cela plusieurs raisons, que M. d'Argenson s'est chargé de mander à M. le Tellier*, ce qu'il fera par le premier ordinaire. Je crois que ses services et les miens sont très-4nédiocres, qu'ils lui ont coûté du sang et de l'argent comme à moi, qu'il a onze enfants et beaucoup de dettes aussi bien que moi, et qu'à son opinion, toutes les choses étant égales entre nous, comme il dit, et ajoute, par dessus moi, la conduite de l'arrière-ban, il ne peut s'imaginer qu'on prétende lui offrir moins que ce dont il est convenu avec un autre. Pour moi, qui demeure d'accord de la force de ce rai* sonnement, je n'y puis opposer que mon humilité et dire tout simplement que, lorsque je lui ai donné ma démission, j'avois

lui faisoit quelquefois de petites grâces, en lui disant qu'elles lui étoient faites uniquement à sa considération, et que je n*y avois aucune part. » Sur le comte de Parabère et sur les négociations relatives au rachat du gouyemement de Poitou, dont il est parlé dans cette lettre-ci, voyez, au tome II (p. 45o-453), un passage de V Apologie; et la lettre qui suit. Le prince de Marcillac n'obtint la permission d^acheter le gouvernement de Poitou qu'en 1646, au prix de trois cent mille livres : voyez les Mémoires^ p. 96 et note 7; et V Histoire du Poitou à laquelle nous renvoyons ci-après, dans la note 5.

I . Il s'agit ici du parc de Yauguay , attenant au château de Yerteuil : voyez la Notice biographique^ p. vii, note i.

a. Le comte René de Yoyer de Paulmy d'Argenson, né en 1 596, conseiller au Parlement en 1620, conseiller d'État en i6a5, maître des requêtes en 1638, plus tard intendant des provinces réunies de Touraine, Berry, Angoumois, Limousin, Marche et Auvergne. En i65o, il fut nommé ambassadeur à Venise, où il mourut au mois de juillet de Tannée suivante.

Page 1