‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 206 sur 239 · Donnés y dans l'autographe · texte numérisé non relu

Donnés y dans l'autographe

4. Alors (depuis i643) secrétaire d'État à la guerre, ayant dans son département les affaires du Poitou, que nous voyons plus tard dans celui du secrétaire d'État à la marine.

!i46 LETTRES.

,5^^. ma maison pour prison, que je n'ai jamais eu la liberté âe faire aucun marche ni condition avec lui , que j'étois interdit de ma charge, que feu M. de Vignole^ la faisoit en ma place et en tiroit les émoluments, que les officiers de Blois qui assistèrent à notre contrat sont témoins des lois qui m'ëtoient imposées et de la sévérité avec laquelle M. de Parabère me traita, que le gouvernement valoit plus qu'il ne vaut, puisqu'il n'y avoit pas alors de retranchement sur les appointements et sur les gardes, comme il y a présentement, qu'il y avoit en ce temps la guerre civile, et qu'à cette [heure] il n'y a, grâces à Dieu, aucune apparence d'y en avoir ; ainsi, que demandant à la Reine qu'il lui plaise de me rétablir en ma charge, si elle m'en juge digne, je crois que M. de Parabère n*est pas en droit de me demander autre chose que la même que j'ai eue de lui, et c'est ce que je suis prêt d'exécuter, qui est de lui donner le même argent que j'ai eu de lui, et avec les mêmes conditions, tant pour l'argent comptant que pour les sûretés qu'il pourra désirer raisonnablement, jusques à la concurrence de deux cent cinquante mille livres'.

Cest donc à vous. Monsieur, à parachever votre ouvrage, si vous trouvez mes raisons aussi bonnes que je le souhaite bien fort ; car, de m'être venu ennuyer ici, avec plusieurs autres incommodités du chaud et de la poussière, et n'achever pas cette affaire, je repasserois à Poitiers avec grande honte, et tous les pauvres gens seroient bien fâchés d'avoir fait tant de démonstration de leur joie à mon arrivée. Considérez avec tout cela que je vous ai déjà donné beaucoup de peine, et que celle de lire souvent de longues lettres comme celle-ci ne seroit pas petite, et que j'en aurois une très-grande si j'étois contraint de vous en importuner sur toutes nos disputes entre M. de Parabère et mol , el je reconnois bien qu'après tant d'obligations que ma maison et moi vous avons, il faut une fois finir de vous persécuter, pour n'avoir dans la bouche aussi bien que dans le Goetir [que] dçs sentiments et des reconnoissances de ce que nous vous devons ; et comme nous ne pouvons que vous aimer et

5. Voyez Thibaudeau, Histoire du Poitou (iS^o) y tome III, p. ^yS,

6. Voyez, au tome II, à l'endroit déjà cité de VÂpologie^ p. 453.

que, Dîca merci, vous n'avez pas besdn de notre service, ^^^^ recevez agréablement ce qui est en notre pouvoir, et croyez qu'il vous est donné de bon cœur et avec loyauté, et que, de tous ceux qui se disent vos serviteurs obligés et fidèles, nul ne peut être avec tant de zèle et de passion, Monsieur,

Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

La Rochbpoucauud.

A Vertonly le lO" jafllet 1644.

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